La dégradation du marché du travail s'est poursuivie au 1er trimestre 2013 : le taux de chômage au sens du BIT est estimé par l'Insee à 10,4 % de la population active en France métropolitaine. 12 000 postes ont été détruits en net, après 33 000 en fin d'année 2012. Les destructions d'emploi ont donc ralenti. Est-ce le signe d'une stabilisation prochaine du chômage ? Ce n'est pas ce qui est inscrit dans notre scénario.
Comme attendu, l'indice des prix à la consommation a légèrement augmenté au mois de mai (+0,1% m/m, après -0,1% m/m). Sur un an, il est en hausse de 0,8% (après +0,7% en avril). L'inflation sous-jacente a également accéléré, de 0,4% à 0,5% sur un an. En juin, nous prévoyons à nouveau une hausse de l'indice des prix à la consommation (+0,3 % m/m). En glissement annuel, l'inflation accélèrerait légèrement (à +1,1 %), dans le sillage de l'accélération des prix des produits énergétiques sur un an.
Les données d'activité publiées en avril confirment notre scénario d'une légère amélioration de la conjoncture française au 2e trimestre (stabilisation attendue du PIB, après un recul de 0,2% t/t au T1). Néanmoins, la prudence reste de mise. La hausse du taux de chômage, la poursuite des efforts d'assainissement des finances publiques et l'atonie de la croissance européenne sont trois contraintes fortes qui continueront à peser sur l'activité.
La BCE reste « prête à agir » et une nouvelle baisse du taux Refi est toujours possible si les chiffres de croissance ou d'inflation s'avèrent décevants dans les mois à venir. Au-delà de cela, la BCE n'a nullement laissé entendre au cours de sa conférence de presse qu'elle était sur le point d'assouplir davantage sa politique monétaire.
Le pont qui sépare l'activité salariée d'une retraite bien méritée est souvent fragile et parfois plus long qu'espéré. Pour les seniors américains, la retraite s'accompagne d'un niveau de vie nettement moindre. Un franchissement délicat qui les contraint à retarder au mieux cette échéance. Vulnérabilité économique et sociale font alors craindre toujours plus de précarité au pays de l'oncle Sam.
Avec ses réactions aux Programmes de stabilité, la Commission européenne a réitéré que la croissance fondée sur l'endettement n'est pas soutenable tout en prenant acte que les politiques fondées seulement sur l'austérité ont atteint leurs limites. Elle a donc accepté des dérogations par rapport aux engagements pris par certains pays dans le cadre des procédures pour déficit excessif.
Le système général de retraites américain est souvent jugé inexistant, pourtant il permet à la grande majorité des seniors de percevoir une pension de retraite qui bien souvent représente leur première source de revenus. Il demeure néanmoins insuffisant et contraint chacun à plus d'épargne complémentaire, et, pour beaucoup, une poursuite d'activité pour s'assurer un niveau de vie satisfaisant.
Dans le cadre du semestre européen, le gouvernement espagnol a publié son « programme de stabilité » fin avril. Il prévoit une réduction du déficit à 6,3% du PIB. Devant l'ampleur de la récession, le solde conjoncturel continue de se creuser. Les mesures en vue de réduire le solde structurel sont donc essentielles.
Après avoir fortement rebondi au mois de mars (+0,8% m/m), l'indice des prix à la consommation s'est replié de 0,1% m/m. Sur un an, l'inflation a décéléré, à +0,7%. L'inflation sous-jacente a freiné également, de 0,7% à 0,4% sur un an. Au mois de mai, sur un an, l'indice des prix devrait très légèrement accélérer, à +0,9% a/a, en conséquence d'effets de base sur les prix énergétiques. Nous avons révisé à la baisse notre profil d'inflation, à 1,2% en moyenne annuelle en 2013.
En France, l'activité a reculé au T1 2013 (-0,2% t/t). Les exportations ont été pénalisées par une activité toujours dégradée en zone euro (recul du PIB de 0,2% t/t au T1), et notamment une croissance moins forte qu'anticipé en Allemagne (+0,1% t/t). L'investissement total a reculé, témoignant de la prudence des entreprises et des ménages. Toutefois, la consommation des ménages n'a que légèrement fléchi et le déstockage a été moins fort qu'au trimestre précédent.