Monde – Scénario macro-économique 2020-2021 : un équilibre délicat

Monde – Scénario macro-économique 2020-2021 : un équilibre délicat
  • Pays développés – Décélération à hauts risques
  • Pays émergents – Légère amélioration en 2020
  • Pétrole – La fin du tunnel se fait attendre
  • Politique monétaire – Du statu quo (bienveillant) à l'assouplissement (inévitable)
  • Taux d'intérêt – Bis repetita (placent)
  • Taux de change – L'avantage du dollar s'étiole
  • Prévisions économiques et financières

En résumé

Si rien ne suggère actuellement une chute imminente des rythmes de croissance, un climat anxiogène toujours plombé par une incertitude délétère et un investissement productif en repli (selon des rythmes variés) concourent à leur fléchissement. La résistance des ménages, aidée par une inflation faible et des conditions financières favorables, devrait amortir le repli du cycle, sous le regard attentif (et bienveillant) des Banques centrales. Et, du ralentissement économique à risques aux politiques monétaires accommodantes, tout concourt au maintien de taux d'intérêt à des niveaux désespérément faibles.

Monde – Scénario macro-économique 2020-2021 : un équilibre délicat

L'investissement productif a fait preuve de résilience, mais un mouvement de repli se dessine. Justifié par l'incertitude sur la demande future, largement issue des inquiétudes relatives au commerce mondial, le repli est à la fois étrangement "prématuré" et encore contenu. Prématuré en ce qu'il n'intervient pas à la suite d'une dégénérescence classique du cycle, contenu en ce qu'il n'est pas encore généralisé et violent. La zone euro, fragmentée selon le degré d'exposition des pays au commerce mondial et au secteur manufacturier, fournit une bonne illustration. Après plusieurs années d'investissement faible, les entreprises se préparent à affronter le ralentissement sans capa-cités excédentaires (dont témoigne un taux d'utilisation des capacités en repli mais encore élevé) et semblent attentistes, ne répondant à l'érosion de leurs marges ni par un arrêt brutal de leurs dépenses en capital, ni par une réduction drastique de l'emploi.

Catherine LEBOUGRE, Economiste