Monde – Scénario macro-économique 2019-2020 : prévenir plutôt que guérir

  • Pays développés – Compter sur ses propres forces ?
  • Pays émergents – Le plus dur bientôt passé ?
  • Pétrole – Stabilité dans un chaos grandissant
  • Politique monétaire – Prévenir plutôt que guérir
  • Taux d'intérêt – Entre politique monétaire et politique (tout court)
  • Taux de change – Tout est là et pourtant…
  • Prévisions économiques et financières

En résumé

Le cycle de croissance mondiale, forte et synchrone, a pris fin. En espérant que les négociations sino-américaines débouchent sur un accord et que la croissance chinoise accélère, sans se bercer d'illusions sur sa capacité à tracter le reste du monde, un essoufflement (mais pas un effondrement) se dessine. Il faudra essentiellement compter sur la vigueur des demandes domestiques pour atterrir en douceur autour de taux de croissance proches de leur potentiel. Et, dans le doute, préférant prévenir plutôt que guérir, les Banques centrales ont opté pour des politiques monétaires plus accommodantes qu'anticipé.

Monde – Scénario macro-économique 2019-2020 : prévenir plutôt que guérir

Aux États-Unis, la solidité du marché du travail finit par conduire à une hausse du salaire moyen qui, en l'absence d'accélération de l'inflation, viendra mordre sur les marges des entreprises et sur l'investissement productif. La contribution de la demande extérieure nette ne devrait être que très légèrement négative, permettant ainsi à la croissance de se replier "en douceur" vers son niveau potentiel (2%). En zone euro, le repli marqué de la demande extérieure est responsable de la forte décélération de la croissance. Ce freinage a fait craindre que la zone euro, entrée tardivement dans la phase de forte expansion, n'en sorte prématurément et violemment. Mais, les salaires prenant le relais de l'emploi, la demande émanant des ménages résiste. Un taux de marge des entreprises toujours élevé et un accès encore facile aux financements dans des conditions accommodantes sont propices à l'investissement. En revanche, les perspectives de redressement de la demande extérieure sont obscures et c'est l'incitation à investir qui cède. En l'absence de reprise des exportations, la croissance pourrait ne pas excéder 1,2% en 2019.

Catherine LEBOUGRE, Economiste