Monde – Scénario macro-économique 2019-2020 : une fragile ligne de flottaison

Monde – Scénario macro-économique 2019-2020 : une fragile ligne de flottaison
  • Pays développés – La fin de cycle malmenée
  • Pays émergents – Plus résistants en cas de nouveau ralentissement ?
  • Pétrole – Panique dans la maison des Saoud
  • Politique monétaire – Les voix dissonantes
  • Taux d'intérêt – Bas, entre incertitudes et assouplissement monétaire
  • Taux de change – Le dollar ? Plus fort, plus longtemps
  • Prévisions économiques et financières

En résumé

Les grandes économies ne recèlent pas les excès traditionnellement annonciateurs d'un repli violent de la croissance. Pourtant, toutes empruntent à des rythmes divers le sentier du ralentissement. L'assouplissement monétaire s'impose tant il est nécessaire de prévenir les risques inhérents à cette fin de cycle inédite, car largement motivée par l'incertitude. Mais déjà quelques voix dissonantes s'élèvent, tandis que d'autres rappellent que l'exercice d'assouplissement risque d'avoir atteint les limites de son efficacité et mérite d'être suppléé par la politique budgétaire.

Monde – Scénario macro-économique 2019-2020 : une fragile ligne de flottaison

En zone euro, aux risques externes s'oppose également la résistance de la demande interne, tout particulièrement, de la consommation des ménages. Si l'emploi et les revenus "tiennent" encore, c'est sur l'arbitrage consommation/épargne que l'attention devra in fine se porter. La remontée récente du taux d'épargne confirme que le niveau très bas des taux d'intérêt n'est pas "démotivant". Plus généralement, un taux d'intérêt très faible est une condition nécessaire, mais certainement pas suffisante, une condition qui autorise, mais ne motive pas les décisions de consommation et d'investissement. En affectant tout particulièrement les pays évidemment les plus ouverts, mais aussi les plus exposés au secteur industriel, la décélération conduirait la croissance (fragmentée) de la zone euro vers 1,1% en 2020 (après n'avoir atteint que 1,2% en 2019, contre 1,9% en 2018).

Catherine LEBOUGRE, Economiste