Allemagne – Scénario 2021-2022 : une croissance subordonnée au risque sanitaire et au soutien de la politique budgétaire

Allemagne – Scénario 2021-2022
  • Synthèse
  • Dernières évolutions conjoncturelles
  • La trame de notre scénario
  • Focus 1 : résilience de l'industrie face à la crise sanitaire
  • Focus 2 : l'emploi temporairement épargné

En résumé

L'intensification de la crise sanitaire pousse le gouvernement allemand à durcir son confinement avec un nouvel arrêt temporaire des activités dites "non-essentielles". Ces mesures restrictives portées à l'activité et à la mobilité viennent briser la dynamique de croissance actuelle. Nous anticipons dorénavant une activité bridée au premier semestre, suivie d'une reprise plus ferme au second semestre, permettant d'atteindre une croissance annuelle de +2,5% en 2021. L'année suivante, la croissance devrait poursuivre pleinement son processus de normalisation, grâce à l'achèvement de la vaccination de masse et atteindre ainsi +3,4% en 2022.

Allemagne – Scénario 2021-2022

Après un pic au mois de mai à 5,8 millions de personnes, le chômage partiel a amorcé sa décrue pour toucher un peu moins de 2 millions de personnes au mois de novembre, soit une baisse d'un tiers en l'espace de six mois. En dépit de l'existence de ce dispositif, la population dans l'emploi a chuté de près de 700 000 personnes, soit trois fois plus que lors de la crise financière de 2009. L'industrie dans son ensemble n'a perdu que 200 000 emplois, tandis que les commerces de gros et de détail ont été plus affectés, avec un recul atteignant plus de 280 000 postes. Les services aux entreprises ont été plus modestement atteints, avec une destruction d'emplois de 188 000. Mais les entreprises sont jusqu'ici encore largement soutenues par les prêts garantis jusqu'en décembre 2021 et bénéficient d'un moratoire sur prêts, étendu à mars 2021. À mesure que ce soutien s'estompe dans le temps, les difficultés financières des entreprises risquent de s'accroître et de se traduire par une hausse des faillites d'entreprises et in fine accroître le chômage.

Philippe VILAS-BOAS, Economiste