France – Un deuxième confinement moins négatif pour l'économie

France – Un deuxième confinement moins négatif pour l'économie

En résumé

Le climat des affaires chute de 11 points au mois de novembre pour atteindre 79, un niveau nettement inférieur à sa moyenne historique (100). L’effet des fermetures réglementaires liées au nouveau confinement est net, puisque la baisse est particulièrement importante dans les services et le commerce de détail. À l’inverse, l’industrie résiste et perd seulement 2 points à 92. Contrairement au premier confinement, les entreprises industrielles ont su adopter les normes sanitaires nécessaires à la poursuite de leur activité et ne subissent pas les nouvelles contraintes réglementaires, mais une baisse de la demande. Le renforcement des mesures de soutien et notamment du fonds de solidarité avec une prise en charge jusqu’à 20% des pertes de chiffre d’affaires ne permet cependant pas d’éviter la chute de la confiance des entreprises dans les secteurs de services les plus directement touchés.

Les enquêtes PMI auprès des directeurs d’achats d’IHS Markit transmettent des signaux similaires en novembre, avec une baisse particulièrement marquée de l’enquête sur les secteurs de services qui perdent 8 points à 38 et un recul moindre dans l’industrie manufacturière qui passe tout juste en zone de contraction (à 49,1 avec un seuil entre contraction et expansion de l’activité économique situé à 50).

Au total, alors que l’activité s’établissait à un niveau inférieur de 30% à la normale au mois d’avril, elle ne serait que 13% inférieure à la normale en novembre selon l’Insee et 12% selon la Banque de France. L’impact reste différencié d’un secteur à l’autre avec des secteurs toujours durement touchés (hôtellerie et restauration en premier lieu), tandis que d’autres secteurs presque à l’arrêt pendant le premier confinement sont cette fois en mesure de poursuivre leur activité, c’est le cas notamment de la construction et dans une large mesure de l’industrie.

Les consommateurs semblent également affectés par ce nouveau confinement et l’incertitude autour de la situation sanitaire. La confiance des ménages recule de 4 points et atteint 90. Si la baisse des opportunités d’effectuer des achats importants peut s’expliquer par la fermeture des commerces, les opportunités d’épargner et les craintes du chômage sont en nette hausse. Le solde d’opinion sur les craintes de se retrouver au chômage atteint par ailleurs son plus haut niveau, depuis 2009 et la crise financière. Le taux d’épargne, qui après avoir atteint un pic à 26,5% au T2 a diminué au T3 à 16,5% avec la reprise de l’activité, devrait ainsi augmenter à nouveau au T4. Malgré l’assouplissement du confinement au mois de décembre, les consommateurs pourraient rester prudents sur leurs achats.

La chute du climat des affaires au mois de novembre est importante et confirme une inévitable contraction du PIB au quatrième trimestre. Néanmoins, comme attendu, la contraction est d’une moindre ampleur par rapport au premier confinement. L’activité dans l’industrie montre une certaine résistance et celle dans les services chute moins brutalement qu’au printemps dernier. Les perspectives d’activité restent cependant médiocres.

Au mois de décembre, la réouverture des commerces permettra un rebond mécanique de la consommation en biens des ménages, malgré des protocoles sanitaires très stricts. Les ménages risquent cependant de maintenir des comportements de précaution de façon durable et jusqu’à la résolution de la crise sanitaire au minimum. En outre, certaines mesures telles que le couvre-feu devraient durer et pénaliser durablement les services les plus touchés (restauration par exemple). Nous envisageons ainsi une reprise plus progressive de l’activité au cours des prochains mois qu’à la suite du premier confinement.

Article publié le 27 novembre 2020 dans notre hebdomadaire Monde – L'actualité de la semaine

France – Un deuxième confinement moins négatif pour l'économie

Au mois de décembre, la réouverture des commerces permettra un rebond mécanique de la consommation en biens des ménages, malgré des protocoles sanitaires très stricts. Les ménages risquent cependant de maintenir des comportements de précaution de façon durable et jusqu'à la résolution de la crise sanitaire au minimum. En outre, certaines mesures telles que le couvre-feu devraient durer et pénaliser durablement les services les plus touchés (restauration par exemple). Nous envisageons ainsi une reprise plus progressive de l'activité au cours des prochains mois qu'à la suite du premier confinement.

Pierre BENADJAOUD, Economiste