Zone euro – Baisser le déficit en maintenant le soutien à l’économie : le défi des budgets en 2021

Zone euro – Baisser le déficit en maintenant le soutien à l’économie : le défi des budgets en 2021
  • 2020 : choc de croissance et mesures discrétionnaires creusent les déficits
  • 2021 : la reprise de l'activité améliore le solde public malgré le maintien des mesures de soutien
  • La Commission soutient une orientation budgétaire favorable à la croissance, mais alerte sur les risques liés à un environnement très incertain
  • Dettes publiques : la hausse est exceptionnelle, mais la baisse attendue à court terme est à risque

En résumé

Les projets de budget pour 2021 présentés par les États à la Commission européenne le 15 octobre prévoient en effet un écart de production encore négatif de 2,7 points de PIB en 2021, ce qui justifie que les mesures discrétionnaires en soutien de l’économie ne soient pas retirées trop tôt. L’impulsion budgétaire, soit la variation du solde hors charges d’intérêts et effet de la conjoncture, serait encore positive en 2021. Si les mesures structurelles de soutien fournies en 2021 vont représenter le même montant qu’en 2020, la meilleure situation conjoncturelle permettra néanmoins de réduire le déficit de 8,8% à 5,8% en moyenne dans la zone euro.

Zone euro – Baisser le déficit en maintenant le soutien à l’économie : le défi des budgets en 2021

Suspension du Pacte de stabilité, et après ? Cet effort a été rendu possible par la suspension temporaire des règles de supervision budgétaire du Pacte de stabilité, conférant des marges budgétaires aux États. Cette suspension sera encore en vigueur en 2021, puisque les autorités européennes appellent les États à ne pas retirer trop vite leur soutien à l’économie. Il s’avère néanmoins déjà nécessaire de s’interroger sur la forme que pourront assumer les nouvelles règles budgétaires, une fois la supervision réactivée. Il apparaît déjà clairement que le niveau élevé des dettes demandera une réécriture plus flexible des règles, afin de les rendre cohérentes avec la nouvelle situation budgétaire, le nouvel environnement monétaire et les défis du grand choc de réallocation engendré par la crise.

Paola MONPERRUS-VERONI, Economiste