Des solutions innovantes pour les emballages alimentaires

Des solutions innovantes pour les emballages alimentaires

Des solutions innovantes pour les emballages alimentaires

Après son passage à l'Assemblée nationale, la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire a été adoptée au Sénat le jeudi 30 janvier dernier à l'unanimité. Elle promet notamment la fin du plastique à usage unique en 2040. L'Association nationale des industries alimentaires (ANIA) s'est saisie de cette thématique et organisait récemment une journée destinée à faire émerger des solutions innovantes au sein de la filière. C'est en effet une transition industrielle profonde que les acteurs de l'agroalimentaire vont devoir engager afin de s'adapter et répondre à la sensibilité accrue des consommateurs aux problématiques environnementales. L'innovation sera clef pour relever le défi, de l'éco-conception au recyclage, en passant par l'utilisation de nouveaux matériaux.

    
L'éco-conception, une approche positive de l'environnement et un levier de création de valeur

L'éco-conception vise à intégrer, dès la conception des biens (ou des services), la protection de l'environnement tout au long de leur cycle de vie : de la matière première au recyclage. Les exemples d'innovation en la matière sont de plus en plus nombreux au niveau des emballages alimentaires, au-delà de la simple réduction du suremballage.
   
Ainsi, en juillet 2019, Candia a lancé la première brique de lait UHT sans aluminium et sans suremballage plastique. Il s'agit d'une brique éco-conçue, fruit de trois ans de recherche avec son fournisseur, aboutissant à la suppression de la couche d'aluminium qui servait de barrière. Le sourcing des matériaux a également été revu, avec une brique qui est désormais constituée de 75% de carton provenant de forêts durables et de 25% de plastique issu de polymères végétaux.
     
Autre produit emblématique, la compote en gourde de Pom'Potes composée de multicouches complexes et non recyclables sera remplacée d'ici à 2022 par une gourde quasi-mono-matériau (seule une barrière en éthylène alcool vinylique subsistera) et recyclable. L'aluminium a déjà disparu de la gamme Pom'Potes Bio et le bouchon en plastique, allégé, utilise 40% de matériaux en moins.

   
Davantage de plastique recyclé dans les emballages

Mais la première étape pour une majorité d'entreprises sera d'augmenter la part de polytéréphtalate d'éthylène recyclé (rPET) dans les emballages. Alors que les bouteilles en plastique n'en contiennent que de 30 à 50% aujourd'hui, de nombreux acteurs se sont engagés à augmenter sa part. Pour autant, son manque actuel de disponibilité impacte les coûts des producteurs d'emballage.
    
Coca-Cola a donc choisi d'investir directement dans la filière du recyclage en créant une co-entreprise avec Plastipak pour atteindre 50% de plastique recyclé dans ses bouteilles d'ici 2025. L'objectif de ce partenariat est d'obtenir un plastique recyclé de très haute qualité.
    
De même, Innocent, qui vend principalement des smoothies, a, de son côté, imaginé une nouvelle bouteille composée à 50% de plastique recyclé et à 15% de plastique d'origine végétale. D'ici 2022, Innocent s'est engagé à fabriquer ses bouteilles à partir de matières 100% renouvelables, ou comment passer d'un emballage linéaire à un emballage circulaire.

            
De nouveaux matériaux pour les emballages alimentaires

Enfin, au-delà de la réduction de l'usage du plastique ou de l'augmentation de sa part recyclée, certains acteurs font le choix de le remplacer par un autre matériau. C'est, par exemple, le cas de Fleury Michon qui a fait le pari de remplacer les barquettes plastiques par du peuplier français pour ses plats cuisinés individuels. À la clef, 50 tonnes de plastique économisées ! Si la solution est intéressante, elle a nécessité de revoir en profondeur le processus industriel, d'une cuisson sous vide dans l'emballage vers une pasteurisation ouverte.
    
Mais le graal de l'innovation en matière d'emballages alimentaires résidera peut-être dans de nouvelles matières comme le plastique biosourcé développé par Lactips, une start-up française basée dans la Loire fondée en 2014. Produit à partir de caséine de lait, leur emballage alimentaire est… comestible ! Actuellement en phase d'industrialisation, Lactips prévoit l'ouverture d'une nouvelle usine capable de produire plus de 3 000 tonnes par an d'ici le début de l'année 2021.
      
L'enjeu final est donc de transformer les emballages alimentaires, de déchets en ressources, au travers d'une profonde mutation de l'économie linéaire vers l'économie circulaire, tout en assurant la sécurité et la qualité des produits contenus.  
       

Arnaud REY - arnaud.rey@credit-agricole-sa.fr