Allemagne – Scénario 2020-2021 : une croissance sévèrement amputée par la crise sanitaire

Allemagne – Scénario 2020-2021 : une croissance sévèrement amputée par la crise sanitaire
  • Synthèse
  • Dernières évolutions conjoncturelles
  • La trame de notre scénario
  • Focus 1 : aides publiques aux entreprises
  • Focus 2 : dépendance commerciale, un risque ?

En résumé

L'Allemagne n'échappera pas à une récession économique cette année, en dépit d'une période de confinement limitée à un mois et d'un plan de soutien massif en faveur des entreprises et des salariés. Le recul du PIB est estimé à 6,1% en 2020 en raison d'une production industrielle durement touchée, d'une demande domestique en recul et d'une demande mondiale largement réduite. Il faudra attendre le second semestre pour entrevoir un redressement de l'activité qui, s'il se poursuit, devrait permettre d'atteindre une croissance de 5% en 2021.

Allemagne – Scénario 2020-2021 : une croissance sévèrement amputée par la crise sanitaire

Les salaires effectifs ont augmenté à un rythme confortable de 4% (en variation annuelle) au T1. Toutefois, la pandémie et ses probables conséquences sur l'emploi viennent ternir les perspectives sur les salaires négociés qui ont jusqu'ici soutenu les salaires globaux et la consommation privée. Le simple effet du confinement au T1 s'est traduit par une chute de la consommation des ménages de plus de 3% et les perspectives d'emploi se sont depuis significativement dégradées. En mai, le nombre d'entreprises ayant effectué une demande de chômage partiel atteint 865 000 et toucherait plus de 12 millions de salariés. Parallèlement, le nombre d'heures travaillées a chuté de 16% en glissement annuel au mois d'avril. Le nombre de chômeurs a augmenté de 669 000 personnes depuis le début de l'année et le taux de chômage a grimpé de 1,2 point. Le recours au chômage partiel a été massivement utilisé depuis le début de la crise du Covid-19, mais n'évite cependant pas une hausse pour l'heure limitée du nombre de chômeurs. Cette situation risque de peser durablement sur les capacités et/ou souhaits de consommation des ménages.

Philippe VILAS-BOAS, Economiste