États-Unis – Une semaine riche en très bonnes nouvelles conjoncturelles

États-Unis – Une semaine riche en très bonnes nouvelles conjoncturelles

En résumé

L’inflation CPI a augmenté fortement au mois de mars à 2,6% après 1,7% en février, un résultat légèrement supérieur aux anticipations (consensus : 2,5%) et un plus haut depuis août 2018. L’inflation sous-jacente affiche une hausse plus modérée (+0,3 point de pourcentage) à 1,6% sur un an. Cette accélération est due aux effets de base défavorables liés aux fortes baisses des prix au printemps 2020 et à la récente hausse des prix de l’énergie. Ainsi, l’essence (dont les prix ont augmenté de 9,1% au mois de mars) contribue pour la majorité de l’envolée de l’inflation totale. En ce qui concerne l’inflation sous-jacente, des progressions sont observées au niveau de l’ensemble des composantes principales, certainement liées à l’assouplissement des restrictions visant à endiguer l’épidémie. Les services de transport augmentent de 1,8% sur le mois (à -1,6% en variation sur un an, après ?4,4% en janvier). Les services hors énergie (+0,4% sur le mois et de 1,6% sur un an après 1,3% en février). 

Le Beige book de la Réserve fédérale du 14 avril confirme l’amélioration de la situation économique entre fin février et début avril grâce aux progrès de la campagne de vaccination et au relâchement des restrictions mises en place pour combattre l’épidémie. Le rythme de croissance accélère "modérément", les perspectives sont plus positives et moins incertaines et un optimisme accru gagne le marché du travail. Concernant les prix, des hausses modérées sont attendues. Les entreprises répercutent de plus en plus dans leurs prix sortants la hausse des coûts des intrants, particulièrement forte dans le secteur manufacturier, la construction, les ventes au détail et les secteurs de transport.

Les ventes au détail se sont envolées de 9,8% au mois de mars, après une baisse de 2,7% révisée en février (-3% initialement). Ce résultat est en partie dû au rebond soutenu des composantes volatiles, telles que les ventes d’automobiles (+15,1%), et aux prix plus élevés de l’essence "boostant" les chiffres d’affaires des stations-essence (+10,9%). Néanmoins, les ventes au détail "sous-jacentes" ont également progressé (+6,9%), le pouvoir d’achat des consommateurs étant soutenu par les aides du gouvernement. Comme dans le cas de l’inflation, des effets de base propulsent le glissement annuel des ventes au détail à 27,7% après 6,7% en février. En niveau, les ventes au détail se situent 17% au-dessus de leur niveau pré-crise.

En mars, la production industrielle a renoué avec la croissance (+1,4% sur le mois, après ?2,6% en février) et les indicateurs du climat des affaires du mois d’avril sont venus confirmer les anticipations d’une forte accélération de la croissance au deuxième trimestre. L’indice manufacturier Empire State de la Réserve fédérale de New York a progressé pour rejoindre son plus haut niveau depuis 2017, à 26,3 après 17,4 en mars, tandis que l’enquête de la Fed de Philadelphie a atteint un record depuis les années 1970 à 50,2, après 44,5 en mars.

Enfin, le marché du travail profite également du redressement de l’activité et de l’amélioration de la confiance des entreprises. Les demandes initiales d’assurance chômage ont baissé de 193 000 à 576 000, inversant (et au-delà) les hausses des dernières semaines. Malgré la volatilité hebdomadaire, la tendance depuis le début de l’année reste orientée à la baisse et devrait se traduire par une nouvelle amélioration lors du prochain rapport sur l’emploi au mois d’avril.

Article publié le 16 avril 2021 dans notre hebdomadaire Monde – L’actualité de la semaine

États-Unis – Une semaine riche en très bonnes nouvelles conjoncturelles

Les données de janvier à mars confirment nos anticipations d'un rebond de la consommation des ménages au premier trimestre. Les aides financières du plan de soutien de J. Biden de 1 900 milliards de dollars devraient continuer de soutenir la consommation des ménages dans les prochains mois. L'inflation devrait continuer d'accélérer, comme le suggèrent les indicateurs avancés de pressions inflationnistes, tels que les indices des prix à la production et les enquêtes ISM de climat des affaires. L'inflation totale CPI devrait atteindre un pic à 3,5% au deuxième trimestre et l'inflation sous-jacente devrait s'établir légèrement au-dessus de 2,5%. Il s'ensuivrait une modération au second semestre, avec une inflation sous-jacente anticipée à près de 2,2% en fin d'année. La Réserve fédérale ne réagira pas à la hausse de l'inflation, ayant clairement indiqué son caractère temporaire. Elle devrait garder sa tonalité dovish dans les prochains mois.

Slavena NAZAROVA, Economiste - Royaume-Uni, Pays scandinaves et Irlande