France – Confinement, le troisième

France – Confinement, le troisième

En résumé

Le gouvernement avait tellement insisté sur sa volonté de l’éviter que nous pensions en être débarrassés. Mais non, la lenteur de la campagne de vaccination et la prolifération des variants dans certaines régions lui permettent de faire un retour triomphal dans seize départements. Eh oui, le confinement revient pour un troisième épisode. Comme pour les films "Shrek", ces épisodes sont de moins en moins amusants (je vous conseille tout de même "Shrek 2" pour occuper vos week-ends à la maison) : espérons donc que ce sera le dernier.

Plus sérieusement, quel impact aura ce confinement sur l’activité dans les quatre semaines à venir ? Les modalités diffèrent des confinements précédents. Au niveau économique, l’impact devrait néanmoins se rapprocher de celui consécutif au confinement de novembre dans les départements concernés. En effet, les commerces et rayons non-essentiels ferment (sauf pour les librairies et disquaires), mais les écoles restent ouvertes. Les impacts sur l’offre de travail et sur la production dans les secteurs pouvant poursuivre leur activité devraient donc rester limités. Au total, en novembre, l’activité était d’environ 8% inférieure à la normale et l’effet du confinement de novembre a concerné majoritairement la consommation. La contraction de 1,4% du PIB au quatrième trimestre 2020 est ainsi uniquement due au recul de la consommation, tandis que l’investissement et le commerce extérieur ont pu poursuivre leur rétablissement. Nous envisageons des effets similaires lors de ce troisième confinement, qui devrait ainsi entraîner une nette baisse de la consommation dans les seize départements concernés et représentant environ un tiers de la population

Notre opinion – Selon notre analyse, comme au mois de novembre, ce sont les fermetures réglementaires qui pèseront sur l’activité et, en premier lieu, sur la consommation pendant les quatre semaines à venir de confinement. Afin d’estimer son impact sur la croissance aux premier et deuxième trimestres 2021, nous allons tenter d’estimer les pertes de consommation par rapport à la normale en France.

Selon l’Insee, la consommation s’établissait environ 6% en dessous de son niveau d’avant-crise au mois de mars 2021 et à -15% en novembre. Ainsi, en divisant le mois en deux parties (19 jours non confinés et 12 jours confinés pour un tiers de la population), nous pouvons rapidement évaluer la perte de consommation en mars autour de 7,5% par rapport au niveau d’avant-crise.

Pour la première partie du mois d’avril, nous craignons un élargissement de ce confinement à de nouveaux départements et un impact ainsi plus large sur la consommation qui s’établirait à un niveau inférieur au niveau pré-crise d’environ 8,2%. Ainsi, la consommation serait d’environ 6% inférieure à la normale au premier trimestre (le mois de février a été particulièrement favorable) et, en envisageant un début de réouverture des services en juin, de 4,7% inférieure aux niveaux d’avant crise au T2.

La reprise de la consommation sera donc plus lente qu’envisagé dans notre scénario du mois de décembre et reste une nouvelle fois conditionnée par l’évolution de la situation sanitaire. Ces prévisions seront affinées dans les jours prochains et publiées en même temps que nos prévisions de croissance au début du mois d’avril dans notre scénario.

Article publié le 19 mars 2021 dans notre hebdomadaire Monde – L’actualité de la semaine

France – Confinement, le troisième

Selon notre analyse, comme au mois de novembre, ce sont les fermetures réglementaires qui pèseront sur l'activité et, en premier lieu, sur la consommation pendant les quatre semaines à venir de confinement. Afin d'estimer son impact sur la croissance aux premier et deuxième trimestres 2021, nous allons tenter d'estimer les pertes de consommation par rapport à la normale en France.

Pierre BENADJAOUD, Economiste