Allemagne – Scénario 2021-2022 : une reprise perturbée par les pénuries et difficultés d'approvisionnement

Allemagne – Scénario 2021-2022 : une reprise perturbée par les pénuries et difficultés d'approvisionnement
  • Synthèse
  • Dernières évolutions conjoncturelles
  • La trame de notre scénario
  • Focus 1 – Pénuries et problèmes d'approvisionnement
  • Focus 2 – Élections législatives et après ?

En résumé

Après un premier semestre plutôt décevant, l'activité économique du pays devrait se redresser plus fermement au troisième trimestre, grâce au desserrement des contraintes sanitaires et à une demande domestique plus robuste. L'accélération de la consommation privée et de l'investissement guidera cet essor permettant d'atteindre une croissance annuelle de 3,2% cette année. Cependant, la reprise pourrait être contrariée par les difficultés croissantes d'approvisionnement qui alimentent les pressions inflationnistes.

Allemagne – Scénario 2021-2022 : une reprise perturbée par les pénuries et difficultés d'approvisionnement

Ces pénuries et problèmes d'approvisionnement ont pour principaux effets de renchérir le prix des biens produits dans la très grande majorité des entreprises (88%) et de rallonger le temps de production, selon le DIHK. Ils engendrent pour 43% des entreprises des pertes de chiffre d'affaires et une incapacité à satisfaire une demande pourtant forte. Un quart des sociétés va même jusqu'à baisser sa production pour ces motifs. Face à ces difficultés, les deux tiers des entreprises répercutent sur leurs tarifs le surcoût lié au renchérissement de l'approvisionnement. Plus de 64% d'entre elles cherchent à faire appel à d'autres fournisseurs et à reconstituer des stocks prévisionnels. Certaines entreprises (17%) sont contraintes à des mesures de travail restreint et 8% d'entre elles souhaitent déplacer certains sites de production plus près de leur sphère commerciale, afin de s'approvisionner plus efficacement et à moindre coût. Ces nouvelles contraintes poussent à une réflexion sur des chaînes de la valeur qui seraient moins polarisantes pour les entreprises et moins dépendantes de la production asiatique et en particulier chinoise.

Philippe VILAS-BOAS, Economiste