Zone euro – Consommation et investissement des ménages en hausse au T2, les entreprises commencent à se désendetter

Zone euro – Consommation et investissement des ménages en hausse au T2, les entreprises commencent à se désendetter

En résumé

Accélération des rémunérations (1,6% variation trimestrielle T2/T1) due à la remontée de l’emploi et soutien en baisse des prestations sociales se soldent par une légère décélération du revenu disponible des ménages (1,3% T2/T1 après 2%). Après le rebond de la consommation, le taux d’épargne s’inscrit en baisse (19% après 21,5% du revenu disponible brut, RDB) et s’éloigne encore un peu du pic du printemps 2020 (25%), tout en demeurant élevé. L’investissement des ménages, très dynamique, pousse à la hausse le taux d’investissement (9,4% du RDB) et réduit la capacité de financement des ménages. Le dynamisme de l’investissement logement s’accompagne d’une accélération des flux de crédit aux ménages (4% sur un an après 3,4%) qui augmente légèrement leur dette. Celle-ci demeure modeste (61,2%) et ne s’accroît que de 1 point de PIB sur un an. La richesse nette des ménages ne cesse d’augmenter, poussée par une accélération de la richesse immobilière.

Le taux de marge des entreprises affiche une première baisse depuis un an : le rebond de la valeur ajoutée est moins soutenu que celui des rémunérations des travailleurs. Le taux de marge reste néanmoins élevé (à 41,2%), grâce au soutien des mesures exceptionnelles auxquelles se substituent progressivement les recettes d’une activité qui redémarre et se normalise. L’investissement des sociétés non financières s’inscrit aussi en légère baisse pour la première fois depuis un an, permettant une remontée de la capacité de financement. Cela se traduit par le ralentissement des flux de crédit aux sociétés financières (2,2% sur un an) et de leur financement par le marché de la dette. Les prêts interentreprises augmentent fortement : ce résultat est sûrement dû au redémarrage de l’activité, sans que l’on ne puisse déjà en déduire une hausse des délais de paiement. Le taux d’endettement des entreprises s’inscrit en légère baisse à 81,7% du PIB.

En dépit du rebond de la consommation, le taux d’épargne reste donc élevé dans la zone euro et constitue un important potentiel de dépense pour les prochains trimestres. La situation financière des ménages demeure solide et l’investissement logement continue d’être un moteur puissant d’accumulation de capital au moment où l’investissement des entreprises devient moins dynamique. Les premiers signes de désendettement ne devraient néanmoins pas remettre en cause le maintien d’un rythme dynamique d’investissement au cours des prochains trimestres : les contraintes de liquidité sont limitées et la présence des prêts garantis par les États permet d’étaler dans le temps la réduction de la dette.

Article publié le 8 octobre 2021 dans notre hebdomadaire Monde – L’actualité de la semaine

Zone euro – Consommation et investissement des ménages en hausse au T2, les entreprises commencent à se désendetter

En dépit du rebond de la consommation, le taux d'épargne reste donc élevé dans la zone euro et constitue un important potentiel de dépense pour les prochains trimestres. La situation financière des ménages demeure solide et l'investissement logement continue d'être un moteur puissant d'accumulation de capital au moment où l'investissement des entreprises devient moins dynamique. Les premiers signes de désendettement ne devraient néanmoins pas remettre en cause le maintien d'un rythme dynamique d'investissement au cours des prochains trimestres : les contraintes de liquidité sont limitées et la présence des prêts garantis par les États permet d'étaler dans le temps la réduction de la dette.

Paola MONPERRUS-VERONI, Economiste