Émirats arabes unis – Une reprise assez poussive en 2021, mais plus vigoureuse en 2022

Émirats arabes unis – Une reprise assez poussive en 2021, mais plus vigoureuse en 2022

En résumé

Après un premier semestre un peu plus mitigé qu'envisagé il y a quelques mois, la croissance du PIB ne devrait finalement pas dépasser les 2,2% cette année, la Banque centrale estimant même que celle-ci n'atteindrait que 2,1%, principalement tirée par le PIB hors pétrole (+3,8%). Cette légère contre-perfor­mance est attribuable pour l'essentiel à la persistance de la pandémie mondiale qui continue d‘affecter les secteurs très sensibles du tourisme et du transport aérien. Concernant le PIB pétrolier, sa croissance reste contrainte par des volumes de production de pétrole toujours plafonnés par l‘accord OPEP+ du 4 mars 2021. Le redressement des prix est quant à lui assez vigoureux à 67 USD le baril en moyenne depuis début 2021, un chiffre qui devrait se confirmer sur l'ensemble de l'année. Malgré tout, la Banque centrale prévoit une contraction du PIB pétrolier de 2% sur 2021.

Pour ce qui est de la situation sanitaire dans les Émirats, une campagne de vaccination très volontariste a permis au pays de présenter l'un des taux de personnes vaccinées parmi les plus élevés au monde. Le nombre de cas de coronavirus comptabilisés a chuté à 3 500 par semaine, l'un des taux de contamination les plus faibles du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord après l'Arabie saoudite. Le pays compte, par ailleurs, sur le redressement de l'industrie touristique et vient d’autoriser les personnes vaccinées à entrer sur son territoire, un élément essentiel à la réussite de l'Exposition universelle de Dubaï qui débute en octobre prochain pour six mois. Les statistiques sont bien orientées et le taux d'occupation moyen des hôtels est de 62%, en hausse de 5% par rapport à 2020.

D'un point de vue sectoriel, les indices boursiers et immobiliers ont retrouvé en septembre leur niveau d’avant-crise, et ceci va de pair avec la confiance des entreprises du secteur non pétrolier qui reste bien orienté à environ 55 points, soit 10% au-dessus du niveau d’expansion économique.

Toutefois, le taux d'ouverture très élevé de l’économie des Émirats reste un facteur de fragilité en période de crise mondiale, compte tenu en 2020 des secteurs frappés par la crise de coronavirus, notamment les transports et le tourisme qui représentent une forte part du PIB et de l'activité.

De leur côté, les prix à la consommation restent orientés à la baisse (-0,9% sur les huit premiers mois), tant dans l'immobilier que pour les produits de consommation courante. Cette déflation devrait toutefois se renverser au deuxième semestre et l'année devrait se terminer sur une inflation de 0,2%. La prévision d'inflation pour les Émirats n’a cessé d'être revue à la baisse en 2021 et ceci est cohérent avec une phase de reprise de la croissance et de sortie de récession plus lente qu'attendu il y a quelques mois.

Notre opinion – En fonction des probables améliorations de la situation sanitaire mondiale, le redres­sement économique devrait être plus vigoureux en 2022. La Banque centrale table sur une croissance du PIB de 4,2%, améliorée par un effet de base décalé de plusieurs mois compte tenu de l'année 2021 encore sous contrainte. Avec des prévisions de prix du baril à 63 USD pour l’année et des volumes en hausse, le PIB pétrolier devrait donc sortir de la récession en 2022 et non plus en 2021 comme envisagé il y a quelques mois. Ce sera un élément clé de la poursuite du redressement. Une reprise plus forte de l’activité en 2022 devrait contribuer à redresser les déséquilibres macroéconomiques nés de la crise, et notamment le déficit budgétaire.

Article publié le 24 septembre 2021 dans notre hebdomadaire Monde – L’actualité de la semaine

Émirats arabes unis – Une reprise assez poussive en 2021, mais plus vigoureuse en 2022

En fonction des probables améliorations de la situation sanitaire mondiale, le redressement économique devrait être plus vigoureux en 2022. La Banque centrale table sur une croissance du PIB de 4,2%, améliorée par un effet de base décalé de plusieurs mois compte tenu de l'année 2021 encore sous contrainte. Avec des prévisions de prix du baril à 63 USD pour l'année et des volumes en hausse, le PIB pétrolier devrait donc sortir de la récession en 2022 et non plus en 2021 comme précédemment envisagé. Ce sera un élément clé de la poursuite du redressement. Une reprise plus forte de l'activité en 2022 devrait contribuer à redresser les déséquilibres macroéconomiques nés de la crise, et notamment le déficit budgétaire.

Olivier LE CABELLEC, Economiste