France – L'économie retrouve son dynamisme malgré un été agité

France – L'économie retrouve son dynamisme malgré un été agité

En résumé

L’Insee a révisé à la hausse son estimation de croissance pour le deuxième trimestre à +1,1% par rapport au premier trimestre (contre +0,9% en première estimation) malgré le confinement qui a pesé sur l’activité et, en premier lieu, sur la consommation jusqu’au 19 mai. Ainsi, si le PIB atteint un niveau de seulement 3,2% inférieur à son niveau d’avant-crise (T4 2019), d’importantes disparités apparaissent dans les composantes de la croissance. Alors que l’investissement a déjà dépassé son niveau d’avant-crise, la consommation des ménages au T2 était encore 5,9% inférieure à celle du T4 2019 et dispose donc d’un fort potentiel de reprise. La consommation serait ainsi le principal moteur de la croissance à partir du T3, notamment avec la reprise de l’activité dans les services.

France-Consommation et investissement

Le recul de la consommation des ménages en biens au mois de juillet (-2,2% par rapport au mois de juin) ne remet pas en cause cette prévision. En effet, le mois de juin a été caractérisé par une surconsommation de biens suite à la réouverture des commerces. De plus, la consommation de services a fortement repris en juillet-août malgré les craintes liées à la hausse des cas du variant Delta pendant l’été et à la mise en place du passe sanitaire à partir de la fin du mois de juillet et en août. Les données de paiements par carte bancaire confirment cette tendance, nous observons une décorrélation entre ces données et la consommation de biens depuis le mois de juillet, comme cela avait été le cas à la même période en 2020 lors de la réouverture des bars, restaurants et autres établissements de services à la sortie du premier confinement.

Ainsi, avec une consommation toujours nettement inférieure à la normale au deuxième trimestre, les ménages ont continué à accumuler un important surplus d’épargne. Le taux d’épargne atteint 21,4% après 21,6% au premier trimestre. Le pouvoir d’achat progresse également après une légère contraction au T1, porté par la progression de l’emploi salarié et par une légère accélération du salaire moyen par tête. La bonne tenue des finances des ménages et la possible utilisation d’une partie du surplus d’épargne accumulée depuis un an et demi devraient soutenir notre scénario d’une croissance portée par la consommation dans les trimestres à venir.

Notre opinion :

La vigueur de la reprise de l’activité permise par la levée des restrictions sanitaires et la réouverture des services en mai ne semble pas remise en question par la hausse des cas liée à l’émergence du variant Delta pendant l’été. De même, la montée en charge de la campagne de vaccination devrait limiter l’impact négatif qu’aurait pu avoir la mise en place du passe sanitaire sur la consommation de services. Ainsi, avec un acquis de croissance à +4,8% à la fin du deuxième trimestre pour l’année 2021 et un potentiel de croissance encore très fort pour la consommation dans les trimestres à venir, le PIB français devrait atteindre l’objectif de 6% de croissance affiché par le gouvernement. Cette prévision sera affinée dans notre prochain scénario mais nous pouvons déjà affirmer que la consommation sera le moteur de la croissance ; tandis que l’investissement qui a déjà dépassé son niveau d’avant-crise continuerait de progresser à un rythme plus modéré, soutenu par le plan de relance mais pénalisé, en ce qui concerne l’investissement en biens d’équipement, par les troubles que connaît l’industrie au niveau mondial. En effet, malgré une forte demande, l’offre ne parvient pas à suivre dans certains secteurs (automobile, biens d’équipement) du fait de l’allongement des délais d’approvisionnement en matières premières et biens intermédiaires comme, par exemple, les semi-conducteurs. L’investissement des ménages, très soutenu au T2 (+4,1% par rapport au T1), pourrait en revanche croître assez nettement au second semestre, avec la très bonne tenue du marché immobilier dynamisé par des taux de crédit toujours très bas et l’appétit pour un habitat plus confortable et plus vert.

 

Article publié le 3 septembre 2021 dans notre hebdomadaire Monde – L’actualité de la semaine

France – L'économie retrouve son dynamisme malgré un été agité

Avec une consommation toujours nettement inférieure à la normale au deuxième trimestre, les ménages ont continué à accumuler un important surplus d'épargne. Le taux d'épargne atteint 21,4% après 21,6% au premier trimestre. Le pouvoir d'achat progresse également après une légère contraction au T1, porté par la progression de l'emploi salarié et par une légère accélération du salaire moyen par tête. La bonne tenue des finances des ménages et la possible utilisation d'une partie du surplus d'épargne accumulée depuis un an et demi devraient soutenir notre scénario d'une croissance portée par la consommation dans les trimestres à venir.

Pierre BENADJAOUD, Economiste