Zone euro – La production industrielle se redresse en juillet

Zone euro – La production industrielle se redresse en juillet

Zone euro – La production industrielle se redresse en juillet

La reprise de la production industrielle dans la zone euro en juillet (+1,5% sur le mois) est bienvenue. Après le sursaut du printemps, la production industrielle s’était de nouveau repliée en mai et juin, affaiblie par les secteurs : automobile, des machines et équipements et des équipements informatiques et électroniques. Ajustement des stocks, pénuries de matières premières et composants, difficultés à acheminer les produits suite à la congestion du trafic de fret : ces facteurs ont tous pesé sur la production alors que la demande se renforçait avec la réouverture des activités et les commandes touchaient de nouveaux points hauts.

C’est le redressement de la production dans les secteurs de l’automobile, de la machine équipement et de la pharmacie qui a le plus contribué au relèvement de la production industrielle en juillet. Si ceci permet à la production de machines et équipements de dépasser (+3,6%) son niveau d’avant-crise, ce n’est pas le cas pour la production automobile qui reste encore bien en deçà (-24,6%) ainsi que le secteur de l’habillement (?19,4%). La production industrielle dans son ensemble quant à elle a retrouvé tout juste son niveau d’avant-crise (+0,2%).

Finalement, la production de biens de consommation a plus bénéficié du rebond de juillet, ainsi que la production de biens d’investissement ; cette dernière reste néanmoins encore inférieure au niveau pré-crise.

Le rebond de la production en juillet a été particulièrement dynamique en Allemagne (1%), en Italie (0,8%) et aux Pays-Bas (1,4%). Dans ces deux derniers pays, elle est déjà bien supérieure au niveau d’avant-crise ; tandis qu’en Allemagne, elle en reste encore éloignée (-6%). Le rebond de juillet a été plus modeste en France et en Espagne (0,3%).

Notre opinion – Le redémarrage de la production intervient après une phase de déstockage particulièrement vigoureuse. Si, en moyenne au T2 2021, les stocks cumulés depuis la crise comptaient encore pour 2% du PIB, la production non-écoulée a fortement diminué en mai et juin pour retrouver sa moyenne de long terme. Les enquêtes signalent un creux historique des stocks atteint en juin et juillet, mais une remontée dès le mois d’août. Aussi, le niveau des commandes par rapport aux stocks commence à se normaliser après être resté sur un haut plateau depuis le mois de mars. Il reste néanmoins encore des marges de reconstitution des stocks, dans une économie qui va fonctionner avec un niveau de stocks plus élevés de façon structurelle, pour pallier les problèmes de rupture des approvisionnements expérimentés avec la crise. Cette accumulation des stocks constitue un moteur puissant pour l’accélération de la production au cours des prochains mois. Un deuxième moteur qui se couple à celui des commandes particulièrement dynamiques, marquées par la reprise de la demande en zone euro et par un nouveau rebond de la demande étrangère en juillet. Les enquêtes d’août suggèrent un léger tassement des commandes, mais à un niveau toujours très élevé. Finalement, les contraintes à la production figurent désormais surtout du côté de l’offre. Les délais de livraison des fournisseurs se sont beaucoup allongés, même s’ils se détendent un peu depuis le mois de mai. Les arriérés de production sont encore considérés comme très élevés par les entreprises, bien qu’en baisse au cours de l’été. Les facteurs contraignant le plus la production sont désormais les équipements et la main-d’œuvre, ce qui est de bon augure pour l’investissement et la production de biens de capital et pour l’emploi. 

Article publié le 17 septembre 2021 dans notre hebdomadaire Monde – L’actualité de la semaine

Zone euro – La production industrielle se redresse en juillet

Les contraintes à la production figurent désormais surtout du côté de l'offre. Les délais de livraison des fournisseurs se sont beaucoup allongés, même s'ils se détendent un peu depuis le mois de mai. Les arriérés de production sont encore considérés comme très élevés par les entreprises, bien qu'en baisse au cours de l'été. Les facteurs contraignant le plus la production sont désormais les équipements et la main-d'œuvre, ce qui est de bon augure pour l'investissement et la production de biens de capital et pour l'emploi.

Paola MONPERRUS-VERONI, Economiste