Mozambique – Retour du FMI dans le pays alors qu'un nouveau gisement gazier devrait entrer en service cette année

Mozambique – Retour du FMI dans le pays alors qu'un nouveau gisement gazier devrait entrer en service cette année

En résumé

Le FMI et les autorités du Mozambique sont parvenus en début de semaine à un accord préliminaire (staff-level agreement) pour un programme sur la période 2022-2025. Sous la forme d’une facilité élargie de crédit d’un montant de 470 millions de dollars, le programme prévoit des mesures d’assainissement budgétaire et de réforme fiscale. Le Mozambique devra par ailleurs mettre en place un fonds souverain pour gérer les ressources futures de la manne gazière du pays.

Ce programme serait mis en œuvre alors que les perspectives du Mozambique sont en amélioration pour l’année 2022. D’une part, les principaux produits d’exportations du pays (aluminium, charbon et électricité) sont à des niveaux de prix élevés et enregistrent une forte demande, ce qui va accroître les recettes d’exportations du pays ainsi que les recettes publiques. D’autre part, la production de gaz naturel du champ offshore Coral South devrait débuter durant le second semestre de l’année.

Cette zone du bassin de Rovuma fait partie des gigantesques champs de gaz naturel découverts à partir des années 2010. Ces zones gazières constitueraient les 9e réserves mondiales. Leur exploitation représente donc un haut potentiel de développement pour le pays. À pleine capacité, le champ Coral South devrait ainsi générer 0,5 à 1% du PIB en recettes pour le gouvernement.

Pour le champ de la zone 1, qui est un projet développé par TotalEnergies, c’est 2 à 2,5% du PIB de recettes annuelles que le gouvernement pourrait toucher. Les travaux sont cependant mis à l’arrêt depuis un an à cause d’attaques menées par des insurgés islamistes dans la province de Cabo Delgado. L’intervention des forces rwandaises, et d’un contingent envoyé par la Southern Africa Development Community (SADC), a permis aux autorités mozambicaines de reprendre le contrôle, mais la situation sécuritaire demeure instable. Cette mise à l’arrêt forcée devrait repousser de deux ans supplémentaires le début de l’exploitation de la zone 1, à 2026.

Le Mozambique enregistre depuis une décennie de très forts déficits de son solde courant, -30% du PIB en moyenne de 2011 à 2021. Ils sont provoqués par les importations très importantes de biens et services industriels nécessaires au développement des gisements gaziers du pays. Pour 2022, le déficit du solde courant devrait se réduire de 20 à 15% du PIB, grâce aux nouvelles recettes d’exportations de gaz naturel liquéfié (GNL) attendues.

Alors que les revenus tirés de la valorisation de ces ressources se font attendre, la situation du Mozambique à moyen terme, et notamment la soutenabilité de son équilibre externe, sera donc dépendante de l’avancement des différents projets de développement gaziers.

Notre opinion – Les conséquences de la guerre en Ukraine sur le prix du gaz vont profiter au Mozambique s’il parvient effectivement à débuter sa production cette année. Par ailleurs, compte tenu du volume de ses réserves, le pays représente à moyen terme une source alternative de diversification significative pour les approvisionnements en gaz. Cette perspective, toutefois dépendante de l’avancement des projets d’exploitation, devrait conforter voire accroître les investissements étrangers dans le pays, de même que le développement de ses infrastructures.

Article publié le 1er avril 2022 dans notre hebdomadaire Monde – L’actualité de la semaine

Mozambique – Retour du FMI dans le pays alors qu'un nouveau gisement gazier devrait entrer en service cette année

Cette zone du bassin de Rovuma fait partie des gigantesques champs de gaz naturel découverts à partir des années 2010. Ces zones gazières constitueraient les 9e réserves mondiales. Leur exploitation représente donc un haut potentiel de développement pour le pays. À pleine capacité, le champ Coral South devrait générer 0,5 à 1% du PIB en recettes pour le gouvernement.

Thibault ALIX , Economiste