Italie – Guerre en Ukraine et inflation

Italie – Guerre en Ukraine et inflation

En résumé

Le conflit en Ukraine ne sera pas sans conséquences sur l’économie italienne. Plusieurs secteurs pourraient être négativement impactés en particulier par les sanctions vis-à-vis de la Russie. Cette dernière représente 1,6% des exportations italiennes, dont la majeure partie est concentrée dans l’industrie textile et la production de machines et équipements.

Mais c’est sur le volet des importations que les retombées du conflit ukrainien seront plus tangibles. Outre la flambée du prix du blé qui ne sera pas sans conséquence sur les prix des aliments transformés, l’économie italienne reste très dépendante du gaz. La consommation de gaz du pays s’élevait à 78 milliards de mètres cube en 2021 et la production nationale ne couvrait que 4% des besoins. Malgré des tentatives de diversification, la Russie reste le principal fournisseur de gaz en Italie, totalisant 40% des flux d’importations en 2020 selon le ministère de l’Économie.

D’autant que la production d’électricité en Italie est également très dépendante des importations de gaz. La production thermoélectrique fournit 52% de l’électricité italienne. À elle seule elle représente 38% de la consommation nationale de gaz. La hausse continue du niveau général des prix depuis septembre 2021 est le reflet de cette double dépendance. Sur le dernier point de janvier, l’inflation a atteint une hausse de près de 5%, tirée par une augmentation du prix des biens énergétiques réglementés de 43,8%. La nouvelle hausse du coût du gaz, dont le cours a augmenté de 30% jeudi dernier, pourrait peser davantage sur les foyers italiens. La semaine précédente, le Conseil des ministres avait déjà conçu un nouveau package de mesures de soutien qui viendrait compléter celles déjà incluses dans la loi de finances en vue de soulager les ménages et les entreprises qui font face à la flambée de leur facture. Le décret devrait allouer une nouvelle enveloppe de 8 milliards, dont environ 5,5 seront destinés à répondre à la hausse des coûts de l’énergie.

Une partie des mesures déjà en place seront étendues, telles que la suppression des frais liés aux redevances, la réduction de la TVA à 5%, le renforcement de la prime sociale pour les familles à faible revenu, ainsi qu’un crédit d’impôt pour les entreprises à forte intensité énergétique. En outre, une nouvelle contribution, sous la forme d’un crédit d’impôt, sera introduite en faveur des compagnies gazières.

Notre opinion – Ces mesures pourraient déjà s’avérer insuffisantes pour contenir l’impact de l’inflation sur les ménages italiens. Mais les interventions du Premier ministre se sont voulues rassurantes, assurant que le gouvernement pourrait accroître si nécessaire les mesures de soutien permettant de contenir la hausse des coûts de l’énergie. Cela ne devrait pas empêcher une détérioration de la confiance des ménages à court terme : l’indice a diminué en janvier passant de 114,2 à 112,4.

Article publié le 25 février 2022 dans notre hebdomadaire Monde – L’actualité de la semaine

Italie – Guerre en Ukraine et inflation

C'est sur le volet des importations que les retombées du conflit ukrainien seront plus tangibles. Outre la flambée du prix du blé qui ne sera pas sans conséquence sur les prix des aliments transformés, l'économie italienne reste très dépendante du gaz.

Sofia TOZY, Economiste