Israël – Un environnement porteur et une économie performante malgré la crise

Israël – Un environnement porteur et une économie performante malgré la crise

En résumé

Après une année difficile en 2020 en raison de la crise sanitaire qui avait provoqué une récession de 2,2%, le redressement de l’activité est assez spectaculaire en 2021, tiré par la consommation des ménages qui rebondit de plus de 10% et les investissements qui progressent de 8,7%. Au total, le PIB devrait progresser de 6,2% en 2021 et la croissance est attendue à 4,5% cette année par la plupart des instituts d’analyse. Israël est l’un des rares pays au monde à avoir effacé en moins de six mois les mauvaises performances de l’année 2020.

Cela est en grande partie dû aux performances intrinsèques de l’économie israélienne, mais aussi de la gestion rigoureuse de la crise sanitaire et du taux de vaccination assez élevé pratiqué dans le pays (63%). Début 2022, il est néanmoins confronté à sa cinquième vague de Covid-19 issue du variant Omicron et aussi en raison d’une vaccination qui plafonne, malgré les rappels tous les six mois. Les conséquences sont très contenues, compte tenu de l’absence de nouveaux confinements et de la létalité modérée de ce nouveau mutant.

La croissance économique reste très équilibrée avec des excédents courants réguliers qui ont même progressé à plus de 5% du PIB en 2020, en raison de la baisse des importations. Cette tendance est bien ancrée à moyen terme et ne devrait pas être remise en cause, compte tenu de la montée en charge de l’exploitation gazière qui soutient la hausse des exportations chaque année.

Des excédents courants de plus de 4% du PIB (soit plus de 20 milliards de dollars) sont envisageables de façon récurrente. À cela s’ajoutent les transferts de la diaspora et les investissements étrangers toujours vigoureux qui ont provoqué une forte hausse de 23% des réserves en devises à 213 milliards de dollars à fin 2021. Ceci représente l’équivalent très confortable de trente-et-un mois d’importations.

Par ailleurs, la dette externe est très contenue, estimée à 18% du PIB à fin 2021. Elle a fortement baissé depuis une quinzaine d’années et elle est désormais inférieure aux réserves en devises. Israël est donc un important créditeur net sur les marchés de capitaux internationaux.

Le principal risque macro-économique auquel est confronté le pays est lié à la surévaluation éventuelle du shekel, en raison de l’attrait pour l’économie israélienne provoquant la hausse des réserves. La politique monétaire est articulée pour éviter une surévaluation qui pourrait entraîner des pertes de compétitivité. La pression à la hausse de la monnaie ne devrait toutefois pas s’atténuer en raison des excédents courants futurs anticipés.

La crise a toutefois laissé des traces sur les finances publiques. L’État, après s’être désendetté pendant dix ans, a organisé un plan de soutien économique massif contre la crise Covid qui a fait déraper le déficit budgétaire à plus de 11% du PIB en 2020 et encore 4,5% du PIB en 2021. La dette publique a donc augmenté à 72% du PIB à fin 2021 (+13% par rapport à 2019). Cette forte hausse reste toutefois dans la moyenne basse des pays dits "développés" et ne remet pas en cause la qualité du souverain. Elle devrait diminuer progressivement au cours des prochaines années.

Article publié le 7 janvier 2022 dans notre hebdomadaire Monde – L’actualité de la semaine

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L'année économique 2022 s'annonce également sous de bons auspices. C'est notamment le cas de l'environnement géopolitique et des accords d'Abraham signés avec les Émirats, Bahreïn et le Maroc qui pourraient apporter un léger regain de croissance à la région.

Olivier LE CABELLEC, Economiste