Royaume-Uni – Des révisions significatives du PIB par l'ONS nous conduisent à réajuster nos prévisions

Royaume-Uni – Des révisions significatives du PIB par l'ONS nous conduisent à réajuster nos prévisions

En résumé

Le 21 décembre dernier, l’ONS a publié des révisions non négligeables des comptes trimestriels. La variation du PIB au T3-2021 a été revue à la baisse à +1,1%, contre +1,3% précédemment. En revanche, l’activité s’est repliée un peu moins fortement en 2020 : de 9,4% en moyenne annuelle, contre -9,7% dans l’estimation précédente. À la fin du T3-2021, le PIB se trouve 1,5% sous son niveau du T4-2019, contre -2,1% estimé précédemment.

L’essentiel de ces mouvements s’explique par les révisions apportées à la consommation des ména­ges. À présent, son écart par rapport au T4‑2019 est estimé à -2,1%, contre -4,4% précédemment, et son taux de croissance trimestriel au T3‑2021 à 2,7%, contre 2% dans la première estimation. Cela s’ex­plique principalement par une révision significative des dépenses des ménages dans la restauration. Son écart par rapport au T4‑2019 est à présent comblé (-0,1%), alors qu’il était encore estimé à ‑15,6% dans l’estimation précédente.

En corollaire à ces meilleurs chiffres de consom­mation des ménages, les importations ont subi une légère révision à la hausse avec un écart par rapport au T4-2019 estimé à -9,2% (contre ‑11,8% précé­demment). Les exportations demeurent le maillon le plus faible de la croissance britannique avec un écart par rapport au T4-2019 de plus de -20%.

La formation brute de capital fixe n’affiche pas de révision significative, avec un niveau s’établissant 3,9% sous le T4-2019. Grâce à une performance soutenue de l’investissement public (+11,4%) et de l’investissement immobilier (+4,2% depuis le T4‑2019), la formation brute de capital fixe continue d’afficher une performance nettement supérieure à celle de l’investissement productif. L’investissement productif a été légèrement révisé à la hausse, mais demeure très en-deçà de son niveau d’avant-crise : -11,7% (contre -12,4% précédemment). Sa perfor­mance est tirée à la baisse par l’investissement en équipements de transport (‑56,1% sous leur niveau d’avant-crise) et les autres bâtiments et structures (‑19,3%). En revanche, l’investissement en équipe­ments informatiques et autres machines et équi­pements a continué de croître et se situe à présent 5% au-dessus de son niveau d’avant-crise. L’intro­duction le 1er avril dernier par le gouvernement de nouveaux allégements fiscaux temporaires pour inciter les entreprises à investir (connus sous le nom de "super deduction[1]") devrait contribuer à soute­nir l’investissement en équipements informatiques et autres machines et équipements. Celui-ci a rebondi de 5,6% sur les deux derniers trimestres, mais, comme noté par l’ONS, il est difficile d’évaluer dans quelle mesure ce rebond est attribuable à la "super deduction".

Enfin, les dépenses de l’État continuent de s’afficher comme la principale contribution à la croissance britannique depuis le T4-2019, avec une consom­mation publique estimée 7,9% au-dessus de son niveau d’avant-crise (contre 8,8% précédemment).

Notre opinion – Dans notre dernier scénario trimestriel publié en décembre, nous avions révisé nos prévisions à 6,9% pour 2021 (contre 7,2% en octobre dernier) et à 4,8% pour 2022 (contre 4,9%). Les dernières révisions des données officielles par l’ONS imposent à nouveau quelques légers ajustements de nos prévisions. Le PIB ayant été révisé à la hausse en 2020, cela implique un meilleur acquis pour l’année 2021 et nous oblige à rehausser notre prévision pour l’année dernière à 7,1% (très proche donc de notre prévision d’octobre) et ce, malgré des taux de croissance prévus pour le T3-21 et le T4-21 plus faibles qu’anticipé en octobre dernier. Après une croissance du PIB au T3-2021 révisée à la baisse à 1,1%, un mois d’octobre décevant (hausse du PIB de seulement 0,1% sur le mois) et la propagation du variant Omicron, nous n’anticipons plus qu’une croissance du PIB de 0,6% au T4-2021, contre 1,1% précé­demment. Un niveau d’activité revu à la baisse à la fin 2021 implique à son tour un acquis plus faible pour 2022. Nous anticipons une croissance moyenne annuelle à 4,5% (contre 4,8% précédemment) en 2022.

Article publié le 7 janvier 2022 dans notre hebdomadaire Monde – L’actualité de la semaine

[1] À partir d’avril 2021 et pendant deux ans, les entreprises sont en mesure de réduire leur bénéfice imposable d’un montant correspondant à 130% de leur investissement en installations et machines éligibles au dispositif.

Royaume-Uni – Des révisions significatives du PIB par l'ONS nous conduisent à réajuster nos prévisions

Dans notre dernier scénario trimestriel publié en décembre, nous avions révisé nos prévisions à 6,9% pour 2021 (contre 7,2% en octobre dernier) et à 4,8% pour 2022 (contre 4,9%). Les dernières révisions des données officielles par l'ONS imposent à nouveau quelques légers ajustements de nos prévisions. Le PIB ayant été révisé à la hausse en 2020, cela implique un meilleur acquis pour l'année 2021 et nous oblige à rehausser notre prévision pour l'année dernière à 7,1% (très proche donc de notre prévision d'octobre) et ce, malgré des taux de croissance prévus pour le T3-21 et le T4-21 plus faibles qu'anticipé en octobre dernier. Après une croissance du PIB au T3-2021 révisée à la baisse à 1,1%, un mois d'octobre décevant (hausse du PIB de seulement 0,1% sur le mois) et la propagation du variant Omicron, nous n'anticipons plus qu'une croissance du PIB de 0,6% au T4-2021, contre 1,1% précédemment. Un niveau d'activité revu à la baisse à la fin 2021 implique à son tour un acquis plus faible pour 2022. Nous anticipons une croissance moyenne annuelle à 4,5% (contre 4,8% précédemment) en 2022.

Slavena NAZAROVA, Economiste - Royaume-Uni, Pays scandinaves et Irlande