Zone euro – Scénario 2022-2023 : La bataille entre résilience et adversité pointe vers une victoire de la dernière

Zone euro – Scénario 2022-2023 : La bataille entre résilience et adversité pointe vers une victoire de la dernière
  • Synthèse
  • Un choc d'offre pour l'instant contenu et localisé
  • Un choc de demande puissant mais atténué
  • Un choc de termes de l'échange non amplifié
  • Le policy-mix

En résumé

Le scénario de guerre prolongée nous oblige à faire reposer la prévision de la zone euro sur un ensemble d'hypothèses opérationnelles fortes entourées d'un haut degré d'incertitude. Les fondamentaux solides du secteur privé de la zone euro et le rebond post-Omicron ne seront pas suffisants pour compenser pleinement les chocs liés à la guerre.

La croissance de la zone euro est révisée à la baisse en 2022 et 2023 et son rythme passe en-dessous du potentiel dès la mi-2022. L'écart du PIB à son niveau pré-Covid, déjà comblé en France, en Italie et dans la moyenne de la zone, sera résorbé plus tardivement en Allemagne, mais pas encore en Espagne à l'horizon de la prévision.

La croissance en moyenne annuelle en 2022 sera encore élevée à 2,5%, soutenue par un acquis de croissance élevé (2,5%) du fait d'une croissance de 0,6% au premier trimestre (0,2% hors effet Irlande). Mais, le rythme trimestriel est en moyenne à peine supérieur à zéro. Sous l'effet d'une modération de l'inflation, la croissance rebondit modestement au deuxième semestre 2023 pour atteindre 1,1% en moyenne annuelle.

Zone euro – Scénario 2022-2023 : La bataille entre résilience et adversité pointe vers une victoire de la dernière

La probabilité d'un scénario de risque lié à une coupure totale de l'approvisionnement en gaz russe augmente. Plus cet arrêt interviendra tardivement dans notre scénario, plus il permettra aux effets de substitution et aux ajustements d'opérer en limitant l'impact sur la croissance. Cet impact se chiffre à environ 2 points de croissance en moins par rapport au scénario central. Il se justifie par l'amplification de trois chocs : choc d'offre plus fort lié au rationnement, choc de demande plus mordant lié à une inflation plus élevée et choc de confiance plus marqué qui passe par une révision des valorisations des actifs. L'action des politiques économiques sera alors cruciale pour en atténuer l'effet sur l'activité mais sera contrainte par des arbitrages plus complexes.

Paola MONPERRUS-VERONI, Economiste