Zone euro – L'activité résiste bien en dépit de l'inflation !

Zone euro – L'activité résiste bien en dépit de l'inflation !

En résumé

L’indice du sentiment économique en zone euro est resté globalement inchangé au mois de mai à 105 points, contre 104,9 points en avril. La ventilation par pays signale un indice assez stable en Allemagne (+0,2 point sur le mois), une légère amélioration en Italie (+0,8 point) et un rythme plus soutenu de l’activité en France (+1,5 point) et en Espagne (+4,1 points). Dans le même temps, les indicateurs par secteurs soulignent une situation encore favorable dans les services, la construction et l’industrie, tandis que la confiance dans les ventes au détail et celle des consommateurs demeurent à des niveaux encore très défavorables.

Dans l’industrie, l’évaluation des carnets de commande indique une détérioration significative de la demande, notamment en Allemagne et beaucoup moins fortement ailleurs. Les commandes à l’exportation subissent également un revers important en mai, même si elles demeurent encore positives en Allemagne. Les anticipations de production pour les mois à venir remontent nettement en Allemagne, en Espagne et en Italie mais s’affaiblissent en France. Les anticipations quant aux prix de vente semblent se réduire en mai en Allemagne, en Italie et en Espagne, mais au contraire s’accentuer en France. Les anticipations d’emploi s’améliorent en Allemagne, mais se tassent légèrement dans les trois autres grands pays de la zone euro.

L’indice d’activité composite issu de l’enquête auprès des directeurs d’achat confirme une croissance encore robuste en zone euro mais en perte de vitesse au mois de mai (indice à 54,8 points, après 55,8 points). L’activité continue d’être soutenue par l’essor des services qui bénéficie de l’allégement des mesures sanitaires, tandis que l’industrie subit plus durement les problèmes d’approvisionnement accentués par la guerre en Ukraine. Cependant, ces deux composantes indiquent un ralentissement de l’activité à l’œuvre et les perspectives de croissance à court terme s’assombrissent avec des commandes qui s’amenuisent au mois de mai. En parallèle, les contraintes de capacités ont augmenté avec un volume des affaires en attente en hausse. Dans le même temps, la croissance de l’emploi a accéléré (au plus haut depuis dix mois).

L’inflation des prix facturés, au plus haut depuis deux mois, demeure néanmoins inférieure à son niveau du premier trimestre. Du côté des données dures, le volume des ventes au détail en zone a chuté de 1,3% sur un mois en avril, principalement guidé par la baisse des ventes de l’alimentation, boisson et tabac (‑2,6% sur le mois), tandis que le recul des produits non alimentaires reste faible (-0,7%), alors que les ventes par correspondance et internet continuent de progresser (+3,4%). Parmi les grands pays de la zone, c’est l’Allemagne qui ressort comme le pays le plus impacté (-5,4%), vraisemblablement en raison des effets inflationnistes plus forts qui plombent la consommation des ménages.

Notre opinion – Les derniers indicateurs d’enquêtes suggèrent une moindre déception sur l’activité qu’initialement attendu dans ce contexte de guerre entre l’Ukraine et la Russie. Si les commandes semblent encore porteuses d’espoir sur la volonté de consommer des ménages, les pénuries de produits intermédiaires continuent de peser plus lourdement sur la capacité de production des entreprises du secteur industriel. L’activité dans les services demeure soutenue, tandis que les ventes au détail pâtissent des pressions inflationnistes, notamment sur les denrées alimentaires. L’indice d’activité composite de la zone suggère une croissance trimestrielle de 0,5% du PIB au deuxième trimestre, ce qui demeure une bonne performance.

Article publié le 3 juin 2022 dans notre hebdomadaire Monde – L’actualité de la semaine

Zone euro – L'activité résiste bien en dépit de l'inflation !

L'indice d'activité composite issu de l'enquête auprès des directeurs d'achat confirme une croissance encore robuste en zone euro mais en perte de vitesse au mois de mai (indice à 54,8 points, après 55,8 points). L'activité continue d'être soutenue par l'essor des services qui bénéficie de l'allégement des mesures sanitaires, tandis que l'industrie subit plus durement les problèmes d'approvisionnement accentués par la guerre en Ukraine.

Philippe VILAS-BOAS, Economiste