Italie – Recul du PIB au T1

Italie – Recul du PIB au T1

En résumé

L’estimation préliminaire du PIB italien révèle une légère contraction de l’activité au premier trimestre 2022. Après quatre trimestres de croissance soutenue, le PIB a reculé de 0,2% par rapport au trimestre précédent, pénalisé par une baisse de la valeur ajoutée dans les services. La production du secteur primaire a quant à elle légèrement augmenté tandis que la valeur ajoutée dans l’industrie a stagné. L’acquis de croissance pour l’année 2022 reste important, estimé à 2,2%.

L’inflation poursuit sa dynamique ascendante. Le niveau général des prix a de nouveau augmenté en avril, de 0,4% par rapport à mars. L’inflation annuelle reste donc au-dessus de 6%, à 6,2%. La légère décélération observée s’explique par un ralentissement des prix des biens énergétiques (de +50,9% en mars à +42,4%), dont les deux sous-catégories des biens réglementés et des biens non réglementés pour lesquelles la croissance baisse légèrement en avril (de +94,6% en mars à +71,4% en avril et de +36,4% à +31,7%).

Le tassement de la croissance des biens énergétiques masque cependant un renforcement de l’effet de contagion aux autres catégories de biens. L’inflation des biens alimentaires transformés (de +3,9% à +5,4%), mais également des biens durables (de +1,6% à +2,2%), des biens non durables (de +1,3% à +2,1%) et des prix des services liés aux transports (de +1,0% à +5,1%) s’est accélérée. Par conséquent, l’inflation sous-jacente a augmenté en avril, passant de +1,9% à +2,5%.

Dans l’ensemble, la confiance résiste, en particulier celle des entreprises, preuve que les agents économiques ont intégré l’environnement chargé d’incertitude. L’indice de confiance des entreprises s’est légèrement amélioré en avril bien que cette évolution positive masque des disparités sectorielles. La construction continue de se démarquer par son optimisme avec un indice passant de 160,1 à 160,6, soit le plus haut niveau depuis le début de la série en 2000. La confiance dans le secteur manufacturier reste quant à elle stable de 110,1 à 110,0. Toutes les composantes de la confiance s’améliorent à l’exception des anticipations de commandes qui reculent aussi bien sur le marché domestique qu’à l’exportation. La situation en ce qui concerne les contraintes sur l’offre reste cependant encore préoccupante. Sur le trimestre, pour 53,3% des entreprises, les obstacles à l’activité productive sont les principaux freins à l’expansion de leur activité tandis que 22% mettent en avant l’insuffisance de matériaux. La confiance s’est améliorée dans le commerce de détail, l’indice progressant de 100,1 à 103,4, tandis qu’elle se détériore dans les services marchands.

Les anticipations des consommateurs sont moins réjouissantes et enregistrent un recul pour le quatrième mois consécutif. Après le décrochage de l’indice en mars, qui perdait plus de 12 points par rapport à février, ce dernier diminue de nouveau en avril (de 100,8 à 100) pour atteindre sa plus faible valeur depuis novembre 2020. Les ménages perçoivent une forte dégradation du climat actuel dont l’indice de confiance passe de 105,7 à 100,8 et qui influe sur leur climat personnel (de 101,7 à 100,9). Mais, contrairement à mars, les ménages ont revu légèrement à la hausse leurs attentes concernant le climat futur (de 93,5 à 98,9).

Notre opinion – L’estimation préliminaire du PIB est légèrement meilleure qu’attendu avec une croissance de -0,2% contre une prévision de -0,3% dans notre scénario d’avril et de -0,5% pour le Document économique et financier. Le rebond de la production industrielle en février, pour laquelle l’acquis était fortement négatif en janvier, a limité le recul de la valeur ajoutée industrielle. Les entreprises, notamment dans le secteur manufacturier, sont encore résilientes en dépit des fortes contraintes qui pèsent sur l’offre (hausse des coûts, problèmes d’approvisionnement). La forte inflation semble davantage pénaliser les activités de services encore fragilisées par la période de Covid-19. Dans un contexte où la hausse des prix rogne le revenu disponible réel, ce sont ces dépenses à forte élasticité qui pâtissent de l’arbitrage des ménages.

Article publié le 29 avril 2022 dans notre hebdomadaire Monde – L’actualité de la semaine

Italie – Recul du PIB au T1

L'estimation préliminaire du PIB est légèrement meilleure qu'attendu avec une croissance de -0,2% contre une prévision de -0,3% dans notre scénario d'avril et de -0,5% pour le Document économique et financier. Le rebond de la production industrielle en février, pour laquelle l'acquis était fortement négatif en janvier, a limité le recul de la valeur ajoutée industrielle. Les entreprises, notamment dans le secteur manufacturier, sont encore résilientes en dépit des fortes contraintes qui pèsent sur l'offre (hausse des coûts, problèmes d'approvisionnement). La forte inflation semble davantage pénaliser les activités de services encore fragilisées par la période de Covid-19. Dans un contexte où la hausse des prix rogne le revenu disponible réel, ce sont ces dépenses à forte élasticité qui pâtissent de l'arbitrage des ménages.

Sofia TOZY, Economiste