Parole de banques centrales – La BoE poursuit son resserrement afin de freiner les effets de second tour

Parole de banques centrales – La BoE poursuit son resserrement afin de freiner les effets de second tour
  • Le taux directeur est porté à 1%
  • Perspectives de taux : certains membres considèrent qu'il n y a plus besoin de resserrer
  • Nouvelles prévisions d'activité et d'inflation
  • Ralentissement de l'activité à court terme et contraction en 2023
  • Plus d'inflation à court terme, mais moins à long terme
  • La décision éventuelle de ventes actives de titres d'État (gilts) reportée à une réunion future

En résumé

Sur fond d'inflation excédant la cible de 5 points de pourcentage et anticipée en hausse, et en l'absence d'accalmie des tensions sur le marché du travail, la Banque centrale d'Angleterre (BoE) a augmenté son taux directeur de 25 points de base à 1% à l'issue de sa réunion de politique monétaire du mois de mai. Une décision en ligne avec les anticipations du consensus (et les nôtres), mais qui n'a pas fait l'unanimité du comité de politique monétaire, puisque trois des neuf membres composant le comité ont préféré un relèvement plus marqué du taux directeur, de 50 points de base.

Parole de banques centrales – La BoE poursuit son resserrement afin de freiner les effets de second tour

Les prévisions d'inflation montrent un fort écart à la baisse par rapport à la cible à long terme (de 0,7%) et suggèrent, par conséquent, que les marchés sont trop agressifs dans leurs anticipations de taux. Le scénario de taux directeur constant à 1% montre par ailleurs une combinaison de prévisions plus favorables : inflation baissant graduellement à 2,2% d'ici trois ans, taux de chômage plus faible (4,2% contre 5,5% sur le même horizon) et absence de croissance négative le long du parcours. Nos prévisions tablent en outre sur une seule hausse de taux supplémentaire cette année, qui porterait le taux directeur à 1,25%, ce qui nous paraît donc en ligne avec les prévisions de la BoE. Mais les risques semblent orientés à la hausse du fait des tensions persistantes sur le marché du travail et de la possibilité d'un maintien d'une dynamique auto-entretenue des prix et des salaires même après le retournement anticipé du marché du travail.

Slavena NAZAROVA, Economiste - Royaume-Uni, Pays scandinaves et Irlande