France – Projet de loi de finances 2023 : un déficit public stabilisé sur fond de crises

France – Projet de loi de finances 2023 : un déficit public stabilisé sur fond de crises

- Les grandes priorités du PLF 2023
- Une conjoncture dégradée
- Un déficit public encore marqué en 2022, à 5% du PIB
- Le déficit public serait stabilisé en 2023, à 5% du PIB
- Légère décrue du ratio de dette publique en 2023
- Quelles implications pour notre scénario ?

En résumé

Le gouvernement a présenté le 26 septembre le projet de loi de finances (PLF) 2023. Ce PLF répond à plusieurs objectifs. D'une part, il vise une amorce de normalisation des comptes publics, après la forte stimulation budgétaire de 2020-2021. D'autre part, il vise à soutenir les priorités de la politique économique et à protéger les ménages face au choc inflationniste. Le ratio déficit/PIB sera stabilisé à 5% en 2023 et le ratio dette/PIB diminuera légèrement de 111,5% à 111,2%.

France – Projet de loi de finances 2023 : un déficit public stabilisé sur fond de crises

Les dépenses publiques seraient en repli en volume, -1,5% en 2023, principalement du fait d'un repli du montant agrégé des divers plans de soutien. En effet, les dispositifs de soutien d'urgence liés à la crise sanitaire sont en voie d'extinction et le plan de relance joue moins qu'en 2022. En revanche, les mesures de soutien face au choc inflationniste restent massives, évaluées à 49,5 Mds€. Cela tient à la prolongation du bouclier tarifaire. Les hausses de prix du gaz et de l'électricité pour les ménages seraient limitées à 15% en 2023. Compte tenu des niveaux très élevés prévus en 2023 des prix du gaz et de l'électricité sur les marchés, les compensations versées aux fournisseurs d'énergie seraient en forte augmentation, 35 Mds€ en 2023 après 19 Mds€ en 2022. La charge d'intérêts de la dette publique serait un peu moins forte qu'en 2022, 1,6% du PIB contre 1,8% du PIB. L'effet hausse des taux serait compensé par le freinage prévu de l'inflation, qui limiterait la charge d'intérêts des obligations indexées sur l'inflation.

Olivier ELUERE, Economiste