Italie – Rebond du PIB au T2

Italie – Rebond du PIB au T2

En résumé

Les effets de la forte hausse des prix ne semblent avoir que peu de prise sur la marche de l’activité italienne. Loin de la récession attendue, le PIB affiche au deuxième trimestre une forte croissance augmentant de 1,1%, selon la dernière révision de l’Istat. Par rapport au même trimestre de l’année passée, le PIB a crû de 4,6%. La variation laissée en 2022 est en nette hausse, à +3,5%.

Le bouclier de mesures mis en place par le gouvernement afin de limiter l’impact de la forte hausse des prix de l’énergie semble faire ses preuves. Après un recul au T1, la consommation des ménages se redresse au cours du deuxième trimestre enregistrant une hausse de +2,6% contribuant à plus de 1,1% à la croissance du trimestre. L’ensemble des composantes de la consommation sont en hausse. La plus forte contribution émane des services qui augmentent de 5,3% contribuant à hauteur de 2,6% aux dépenses des ménages. La consommation de biens est également en nette hausse alimentée aussi bien par la hausse de la consommation de biens durables (+ 4,1%) que semi- durables (+3,7%), tandis que celle des biens non durables, largement plus pénalisée par l’effet prix, recule de 1,3%.

En dépit d’un environnement fortement marqué par l’incertitude, l’investissement continue de se montrer résilient. Après une croissance supérieure à 3% au T1, il enregistre une croissance de 1,7% au T2. À l’exception de l’investissement en transport, l’ensemble des composantes de la formation brute de capital fixe (FBCF) sont en hausse. L’investissement productif augmente ainsi de 1,8%. Toujours soutenue par le Superbonus, la construction progresse aussi de 1,8% portée par les investissements en logement (+2%) et ceux en travaux publics (1,6%). 

La demande intérieure aura contribué à hauteur de 1,6 point au PIB, ce qui a largement compensé la contribution négative à la fois des stocks et de la demande extérieure. Le déstockage au cours du deuxième trimestre aura ainsi retiré 0,3 point à la croissance tandis que les exportations nettes ont amputé l’activité de 0,2 point de pourcentage. Ces dernières enregistrent pour le troisième trimestre une contribution négative nourrie par la forte croissance des importations notamment en énergie. Les exportations progressent mais dans une moindre mesure augmentant de 2,5%.

À l’exception de l’agriculture et des activités scientifiques, l’ensemble des branches d’activité ont observé une hausse. En dépit de la forte hausse des coûts de production, la valeur ajoutée de l’industrie a ainsi crû de 1,3% tandis que celle de la construction augmente de 1,8%. Le commerce, le transport, l'hébergement et la restauration, qui ont bénéficié de la normalisation des dépenses des ménages en services ainsi que de la reprise du tourisme, enregistrent une croissance de 3,3%. Il en va de même pour les activités liées aux arts et spectacles qui augmentent de 4,2% après plusieurs trimestres sinistrés par la période Covid. Les heures travaillées ont également continué de se redresser au cours du trimestre grâce à une reprise dans l'agriculture, la construction et les services, tandis que l'industrie au sens strict est restée stationnaire.

Notre opinion – Les données du deuxième trimestre ont démenti les anticipations de beaucoup de prévisionnistes. Les effets attendus liés à la hausse des prix ne se sont pas pleinement matérialisés. Bien au contraire, ils semblent avoir été largement compensés par l’impulsion encore présente de la phase de récupération post-Covid-19, qui s’est traduite par une normalisation des dépenses en services et une reprise du tourisme. Les ménages qui avaient limité leur consommation en début d’année semblent avoir eu recours à leur épargne accumulée durant le Covid. Les mesures de soutien mises en place par le gouvernement Draghi ont également permis d’atténuer la hausse des prix sur les ménages consommateurs. Pour ce qui est des entreprises, elles ont bénéficié de moindres contraintes sur les approvisionnements, ce qui compense les effets délétères qui se manifestent du côté de la demande.

Cependant, ces forces en œuvre montrent déjà des signes d’essoufflement. Bien que les échos du côté de la saison touristique soient très optimistes, tous les indicateurs se sont dégradés au cours de l’été. Les PMI industriels sont passés sous les 50 en août. La production industrielle part avec un fort acquis négatif sur le trimestre. L’inflation a également atteint un nouveau pic en fin d’été avoisinant les 8% et l’évolution des cours sur le marché gazier laisse à penser que cette tendance va perdurer au moins au cours du trimestre.

Article publié le 9 septembre 2022 dans notre hebdomadaire Monde – L’actualité de la semaine

Italie – Rebond du PIB au T2

Les données du deuxième trimestre ont démenti les anticipations de beaucoup de prévisionnistes. Les effets attendus liés à la hausse des prix ne se sont pas pleinement matérialisés. Bien au contraire, ils semblent avoir été largement compensés par l'impulsion encore présente de la phase de récupération post-Covid-19, qui s'est traduite par une normalisation des dépenses en services et une reprise du tourisme.

Sofia TOZY, Economiste