Zone euro – Les enquêtes d'activité confirment un recul de la croissance au T3

Zone euro – Les enquêtes d'activité confirment un recul de la croissance au T3

En résumé

L’indice composite d’activité des directeurs d’achat en zone euro affiche un nouveau recul dans sa version préliminaire au mois de septembre. Il s’établit désormais à 48,2 points après 48,9 points en août, concrétisant ainsi un repli de l’activité durant trois mois consécutifs qui devrait se traduire par une baisse de la croissance du PIB de la zone au T3. Hormis la période des confinements sanitaires, l’indice composite n’était pas tombé aussi bas depuis mai 2013. Ce recul de l’activité touche aussi bien l’industrie que les services même si la contraction est davantage prononcée dans l’industrie, affectée à la fois par les problèmes persistants d’approvisionnement mais également par les tensions inflationnistes sur l’énergie qui dégradent les perspectives de production à court et moyen terme. Les nouvelles commandes attestent également d’un effet néfaste de la hausse des prix sur la demande, ces dernières enregistrant un recul prononcé (au plus bas depuis avril 2013 hors crise sanitaire). En parallèle, la croissance de l’emploi a stagné, les entreprises étant davantage sous la pression de la hausse des coûts et surtout inquiètes pour leurs perspectives de croissance. Les pressions inflationnistes dans la zone euro se sont accentuées avec une accélération des prix des intrants se répercutant également plus nettement sur les prix de vente. La ventilation par pays signale néanmoins des tendances distinctes. L’Allemagne affiche un sévère recul de son activité pour le troisième mois consécutif (indice composite à 45,9 points) en raison d’une dégradation continue des secteurs des services et de l’industrie tandis que la France se maintient en phase d’expansion d’activité grâce au développement des activités de services, qui compense largement le repli des activités industrielles.

Notre opinion – L’indice d’activité composite en zone euro signale un troisième mois consécutif de baisse d’activité, cette dernière étant compatible avec une contraction du PIB estimée à 0,1% au T3. Les tensions inflationnistes issues de la hausse des prix énergétiques, étroitement liée à la guerre en Ukraine, se sont intensifiées ces derniers mois, renchérissant les factures des ménages et des entreprises. En réaction, la demande des ménages ralentit et les entreprises industrielles ferment les lignes de production trop énergivores pour conserver leur rentabilité. Les perspectives d’amélioration de l’activité durant la période hivernale sont faibles. La demande s’annonce en berne et contrainte par la hausse des taux d’intérêts. Les tensions sur les prix demeurent encore élevées et la confiance des ménages et des entreprises est fortement impactée par la guerre en Ukraine. Le risque de basculement en récession de certains pays de la zone augmente et sera fonction du degré de dépendance aux énergies fossiles importées.

Article publié le 23 septembre 2022 dans notre hebdomadaire Monde – L’actualité de la semaine

Zone euro – Les enquêtes d'activité confirment un recul de la croissance au T3

Les nouvelles commandes attestent également d'un effet néfaste de la hausse des prix sur la demande, ces dernières enregistrant un recul prononcé (au plus bas depuis avril 2013 hors crise sanitaire). En parallèle, la croissance de l'emploi a stagné, les entreprises étant davantage sous la pression de la hausse des coûts et surtout inquiètes pour leurs perspectives de croissance. Les pressions inflationnistes dans la zone euro se sont accentuées avec une accélération des prix des intrants se répercutant également plus nettement sur les prix de vente.

Philippe VILAS-BOAS, Economiste