Aller au contenu principal

      Navigation principale Internet (mobile)

      • Qui sommes-nous ?
      • Dossiers ECO
Me connecter
      • FR
      • EN
Accueil - Etudes économiques

Navigation principale Internet

  • Qui sommes-nous ?
  • Dossiers ECO

Search

      • FR
      • EN

User account menu

    Me connecter
    • Connectez-vous

Connectez-vous

Les alertes mails hebdomadaires personnalisées

Une interface personnalisée

Mot de passe oublié ?
Vous n'avez pas encore de compte ?
Créez un compte
  1. Accueil
  2. Recherche
  3. Espagne – Productivité faible et salaires dynamiques, qui paie la facture ?
Image principale
Espagne – Scénario 2025-2026
Espagne
Europe Occidentale

Espagne – Productivité faible et salaires dynamiques, qui paie la facture ?

21 Janvier 2026
 - 
Type de contenu
Publication ECO
Copier le lien
Télécharger l’étude

Nos experts

Contacts / Experts
Image
Ticiano BRUNELLO
Prénom
Ticiano
 
Name
BRUNELLO
Economiste
Body

Le marché du travail espagnol a connu depuis 2021 une transformation d’ampleur inhabituelle, tant par sa rapidité que par son caractère transversal. Le fait le plus marquant reste la chute de la temporalité contractuelle : la part des salariés sous contrat temporaire dans le régime général est passée de 28,1% en octobre 2021 à 12% fin 2025, soit une baisse de plus de 16 points en quatre ans, ramenant l’Espagne à un niveau historiquement bas et proche de la moyenne européenne. Cette correction s’observe dans la quasi-totalité des secteurs, y compris ceux traditionnellement caractérisés par une forte instabilité de l’emploi. 

Contacts / Experts
Image
Ticiano BRUNELLO
Citation

Depuis 2022, la croissance de l’emploi est restée soutenue, avec une hausse cumulée du nombre d’employés supérieure à 5%, tandis que le taux de chômage s’est replié vers des niveaux proches de 10,5%, soit son point le plus bas depuis la crise financière.

Contacts / Experts
Prénom
Ticiano
 
Contacts / Experts
Name
BRUNELLO
Contacts / Experts
Intitulé de poste
Economiste
Corps

Dans l’hôtellerie-restauration, la temporalité a reculé de plus de 20 points, dans la construction d’environ 15 points, et dans l’agriculture d’un ordre de grandeur similaire, tandis que les secteurs déjà stables (énergie, finance, télécommunications) affichaient dès l’origine des taux inférieurs à 5%. Cette stabilisation contractuelle s’est accompagnée d’une progression soutenue de l’emploi total, avec une hausse des affiliés à la sécurité sociale supérieure à 2% en moyenne annuelle depuis 2022, confirmant que la baisse de la temporalité ne s’est pas faite au détriment du volume des emplois.

Sur le plan de la productivité, les évolutions sont plus nuancées. La productivité par heure travaillée a progressé à un rythme moyen proche de +0,9% par an entre 2022 et 2024, soit un rythme supérieur à la moyenne observée sur la période 2014-2019 (+0,5%). Toutefois, cette amélioration agrégée masque de fortes disparités sectorielles. Dans l’hôtellerie, la productivité par heure a augmenté de près de 28% sur la période récente, en partie sous l’effet de la normalisation post-pandémie, de la désaisonnalisation de l’activité et d’une meilleure organisation du travail. À l’inverse, dans la construction et l’agriculture, les gains restent faibles, voire quasi nuls, malgré la stabilisation de l’emploi, traduisant les limites structurelles de secteurs intensifs en main-d’œuvre et faiblement capitalisés. Le cas du secteur de l’énergie est encore plus atypique : la productivité y recule d’environ 34%, reflet de changements structurels profonds liés à la transition énergétique, à l’évolution du mix de production et à des investissements lourds, dont les effets ne sont pas immédiatement visibles dans les indicateurs de productivité.

Un point essentiel réside dans l’écart entre productivité par heure et productivité par poste équivalent temps plein. Cette dernière n’a progressé que d’environ 0,3% par an sur la période récente, indiquant que les gains observés proviennent en partie d’ajustements dans l’intensité du travail et l’organisation des horaires, plutôt que d’une amélioration généralisée de l’efficacité productive. Autrement dit, l’économie espagnole produit davantage par heure travaillée, mais pas encore de manière significativement plus efficace par employé. Cette distinction est cruciale pour interpréter correctement les effets de la réforme du marché du travail et éviter une lecture excessivement optimiste des indicateurs agrégés.

Corps

Notre opinion 

L’évolution récente du marché du travail espagnol doit être analysée dans un cadre macro-économique plus large, marqué par une déformation des modalités de partage de la valeur ajoutée. Depuis 2022, la croissance de l’emploi est restée soutenue, avec une hausse cumulée du nombre d’employés supérieure à 5%, tandis que le taux de chômage s’est replié vers des niveaux proches de 10,5%, soit son point le plus bas depuis la crise financière. Dans le même temps, la productivité apparente par tête demeure structurellement faible, avec des gains inférieurs à 0,5% en moyenne annuelle sur la période récente et parfois négatifs sur certains trimestres, en particulier dans les services marchands.

Cette configuration a entraîné une pression significative sur les coûts salariaux unitaires. Les salaires négociés ont augmenté en moyenne de 3,5% à 4% par an depuis 2022, avec des pics supérieurs à 4,5% dans des secteurs tels que l’hôtellerie-restauration, les services aux entreprises et certaines branches du commerce. En l’absence de gains de productivité compensateurs, les coûts salariaux unitaires ont progressé à un rythme proche de 4% en glissement annuel, un niveau sensiblement supérieur à la moyenne observée dans la zone euro, observée autour de 3%. Pourtant, cette accélération ne s’est pas traduite par une contraction marquée de l’emploi, ce qui indique que l’ajustement conjoncturel s’est opéré principalement par d’autres canaux.

Les comptes des sociétés non financières suggèrent, en effet, une absorption partielle de ces tensions par les marges. Après avoir atteint des niveaux historiquement élevés en 2021-2022, le taux de marge agrégé des entreprises espagnoles a reculé d’environ 1,5 à 2 points de valeur ajoutée, revenant vers des niveaux proches de ceux observés avant la pandémie. Cette correction est particulièrement visible dans les secteurs intensifs en main-d’œuvre et peu exposés à la concurrence internationale directe. Dans les services liés à la demande domestique (commerce de détail, restauration, activités culturelles et services personnels), les indicateurs de rentabilité montrent une compression des excédents bruts d’exploitation comprise entre 5% et 10% en termes réels par rapport aux pics post-pandémiques. À l’inverse, les branches industrielles plus capitalistiques ou disposant d’un pouvoir de fixation des prix plus élevé ont mieux préservé leurs marges, ce qui accentue l’hétérogénéité sectorielle du tissu productif.

Cette évolution contribue à expliquer la modération récente de l’inflation sous-jacente, désormais située autour de 3%, malgré la persistance de tensions salariales et un marché du travail encore tendu. La capacité limitée des entreprises à répercuter intégralement la hausse des coûts sur les prix finaux, dans un contexte de normalisation progressive de la demande et de sensibilité accrue des ménages aux prix, suggère que la désinflation observée repose en partie sur une redistribution du revenu au détriment des marges plutôt que sur un ajustement par les volumes. Cette logique est cohérente avec la stabilisation récente des prix dans les services, dont l’inflation reste toutefois supérieure à celle des biens, reflétant leur intensité en travail et la rigidité des coûts salariaux.

À moyen terme, cette trajectoire soulève des interrogations quant à la soutenabilité du modèle de croissance actuel. La combinaison d’un marché du travail résilient, de gains de productivité modestes et d’une compression progressive des marges pourrait peser sur la capacité d’autofinancement des entreprises, alors même que le taux d’investissement productif demeure inférieur à sa moyenne de long terme. Les données disponibles indiquent que l’investissement des sociétés non financières progresse à un rythme modéré, autour de 2% en volume, nettement en deçà de la croissance de l’emploi, ce qui pourrait prolonger la faiblesse structurelle de la productivité. Dans ce cadre, la robustesse conjoncturelle de l’emploi apparaît moins comme le reflet d’un cycle d’accumulation dynamique que comme le résultat d’un ajustement asymétrique, où la stabilité de l’emploi est préservée au prix d’une pression accrue sur la rentabilité et sur la distribution de la valeur ajoutée.

Gérer les experts

Gérer les newsletters

Désactiver mes alertes (absence)

Gérer les thématiques

Créer une alerte

La création d’une alerte de recherche sera enregistrée dans votre espace personnalisé « Votre sélection » et activera également une notification personnalisée par email. 

Gérer les régions

Nous sommes désolés, mais l’abonnement souscrit par votre entité ne vous permet pas d’accéder à ce service.
Pour toute information complémentaire, veuillez nous contacter :portail.eco@credit-agricole-sa.fr

Sur le même sujet

Image principale
Europe scénario
Zone euro
Royaume-Uni
Scénario 2026-2027 : l’Europe fait de la résistance
Date de publication
23 Janvier 2026
 • 
Type de contenu
Publication ECO
Image principale
France
Inflation
France – L’inflation en baisse à 0,9% en 2025, l’une des plus faibles de la zone euro
Date de publication
22 Janvier 2026
 • 
Type de contenu
Publication ECO
Image principale
Panorama global
Les faits marquants de la semaine du 12 au 16 janvier 2026
Date de publication
19 Janvier 2026
 • 
Type de contenu
Publication ECO
Image principale
Monde – L'actualité de la semaine
Panorama global
Monde – L'actualité de la semaine
Date de publication
16 Janvier 2026
 • 
Type de contenu
Publication ECO
Footer logo

Footer top navigation - Internet

  • Qui sommes-nous ?
  • Dossiers ECO
  • Contacts & Aide

Mes alertes

Subtext

Personnalisez vos contenus et recevez par e-mails les alertes

Manage preferences link
Gérer mes préférences

Social network - Internet

Pied de page - Internet

  • Mentions légales
  • Données personnelles
  • Personnalisation des cookies