1. Synthèse – L’Europe fait de la résistance
2. Zone euro – Résilience face à l’accumulation des défis
3. France – Sous le sapin, surprise positive sur la croissance, négative sur la consolidation budgétaire
4. Italie – Une croissance à bas régime
5. Espagne – Une économie qui avance sur ses propres appuis
6. Royaume-Uni – Léger coup de pouce keynésien à la croissance en 2026 et baisse de l’inflation
7. Prévisions économiques & financières
Dans un environnement incertain posant des défis de compétitivité et ne pouvant compter sur l’apport de la demande extérieure, les économies européennes arrivent à afficher une accélération de l’activité à un rythme aligné sur leur potentiel. Que ce soit par des mesures facilitant la désinflation ou par du soutien à l’investissement privé et publique, le coup de pouce budgétaire vient à la rescousse, tandis que les banques centrales s’inscrivent en pause, avec une inflation pleinement maîtrisée dans la zone euro, partiellement au Royaume-Uni. Les effets du choc douanier paraissent modérés à niveau agrégé, mais sont plus violents dans certains pays. Les risques associés à ce scénario de résilience sont orientés à la baisse avec une réorganisation des flux commerciaux qui accroît la compétition sur les marchés mondiaux et sur le marché unique.
Zone euro – Résilience face à l’accumulation des défis
La zone euro affiche une croissance résiliente portée par l'investissement et la demande intérieure, absorbant le choc des tensions commerciales. Mais l'euro fort et la concurrence asiatique pèsent sur la compétitivité, avec des risques de ralentissements sectoriels qui pourraient se propager.
CitationPas de ralentissement économique immédiat et généralisé, mais une faiblesse des secteurs qui se propage de façon séquentielle.
France – Sous le sapin, surprise positive sur la croissance, négative sur la consolidation budgétaire
L’activité aura ralenti en moyenne annuelle en 2025, mais elle sera restée particulièrement résiliente. Elle accélèrerait en 2026 et continuerait de croître à un rythme un peu supérieur à la croissance potentielle en 2027. Les facteurs de soutien (hausse des dépenses en défense dans l’Union européenne, bazooka budgétaire allemand, mais aussi redémarrage de l’investissement domestique) l’emporteraient en effet sur les freins (hausse des droits de douane américains, notamment). L’instabilité politique ne pèserait plus particulièrement sur la croissance, mais l’ajustement budgétaire serait limité, avec une réduction du déficit public sous 3% du PIB et une stabilisation du ratio de dette de facto retardés.
CitationLe différentiel d’inflation avec la zone euro devrait donc contribuer positivement à la compétitivité relative de la France sur l’ensemble de l’horizon de prévision.
Italie – Une croissance à bas régime
À l'horizon 2026-2027, l'économie italienne entre dans une nouvelle phase, sans avoir surmonté les fragilités héritées des chocs précédents. Les ménages font face à une situation financière fragile et maintiennent une épargne élevée, pendant que les entreprises affichent des marges réduites et une compétitivité-prix incomplètement restaurée, malgré l'allègement des coûts énergétiques. Dans ce contexte de fragilité, l'économie reste vulnérable aux chocs tarifaires américains et à leurs répercussions mondiales. Si la désinflation et l'amélioration des conditions financières stabilisent l'activité, elles n'enclenchent pas de véritable dynamique de rattrapage. La croissance demeurera ainsi limitée à 0,5% en 2026 avant d'atteindre 0,8% en 2027. La consommation des ménages et l'investissement productif devraient amortir le ralentissement grâce à quelques mesures de soutien prévues en 2026, bien que les marges de manœuvre budgétaires restent globalement limitées. L'économie peine toutefois à faire émerger des relais de croissance autonomes. Le rythme de l'activité reste durablement contraint par la correction attendue du secteur de la construction, l'exposition aux chocs externes et les impératifs de consolidation budgétaire.
CitationLe marché du travail demeure globalement résilient sur la période, tout en montrant des signes de stabilisation.
Espagne – Une économie qui avance sur ses propres appuis
La décélération graduelle de la croissance au troisième trimestre 2025 confirme le recentrage de l’économie espagnole sur la demande intérieure. La consommation privée et l’investissement continuent de soutenir l’activité, dans un contexte de modération de la consommation publique et de normalisation progressive du marché du travail. En parallèle, la contribution négative du commerce extérieur, liée au repli des exportations de biens et à la vigueur des importations, pèse sur la croissance, sans remettre en cause la solidité du cycle domestique. L’économie espagnole aborde ainsi la fin de l’année avec une dynamique toujours robuste, mais de plus en plus dépendante de ses moteurs internes.
CitationL’inflation sous-jacente reste globalement stable, mais à un niveau compatible avec une persistance des pressions internes.
Royaume-Uni – Léger coup de pouce keynésien à la croissance en 2026 et baisse de l’inflation liée au coût de l’énergie
Comme anticipé, l’activité a freiné après un début d’année 2025 très fort. Les exportations ont ralenti, impactés par les droits de douane américains. L’investissement des entreprises a pâti de la hausse des coûts salariaux consécutive au relèvement des cotisations patronales en avril 2025 et à l’érosion des marges. La croissance de la consommation des ménages est restée faible, grevée par des facteurs d’incertitude pesant sur la confiance, une nouvelle poussée de l’inflation et la détérioration des conditions sur le marché du travail. En 2026, les consommateurs pourront bénéficier de mesures gouvernementales visant à réduire le coût de la vie et d’un repli marqué et anticipé de l’inflation (retour à la cible prévu au T2-2026). En 2027 en revanche, les hausses d’impôts et de taxes annoncées par le gouvernement dans le budget de l’automne devraient à nouveau peser sur la consommation privée, dont nous inscrivons un taux de croissance inférieur à la croissance du revenu réel. La BoE devrait de nouveau baisser ses taux en février prochain, probablement pour la dernière fois. Le processus de désinflation devrait être plus rapide que prévu il y a trois mois, mais une inflation sous-jacente toujours élevée nourrit les divisions au sein du MPC et rend incertain tout assouplissement monétaire futur.
CitationAfin d’alléger le coût de la vie, le gouvernement a pris une série de mesures visant à réduire la facture énergétique des ménages.