1. Des dynamiques différenciées entre pays
2. En Allemagne, la construction, le commerce et la restauration poussent encore les défaillances à la hausse
Les défaillances d’entreprises en 2025 dans la zone euro sont en ralentissement : +11,4%, après +18,7% en 2024 (+23,8% en 2023 et +22,2% en 2022). Mais elles accélèrent au cours des trois derniers trimestres de 2025. Après la pandémie, le redémarrage des défaillances a été très rapide en 2022 et 2023 en France, plus tardif en Allemagne et plus encore en Italie. En 2025, l’augmentation a donc été modeste en France, plus soutenue – mais en ralentissement – en Allemagne et en Italie. En 2025, les défaillances s’inscrivent en ralentissement dans tous les secteurs, sauf dans l’hébergement et restauration.
CitationSur l’année 2025, on observe un ralentissement des enregistrements de défaillances, à l’exception des secteurs de l’hébergement et de la restauration. Cependant, les trajectoires des secteurs diffèrent entre pays.
L’indice des défaillances d’entreprises a encore augmenté dans la zone euro en 2025 (+11,4% par rapport à l’année 2024). Après une forte remontée en 2022 et 2023 à un rythme élevé (respectivement +22,2% et +23,8%), ce rythme s’est affaibli en 2024 (+18,7%) et davantage en 2025. Cependant, depuis le printemps 2025, le nombre de déclarations a de nouveau accéléré.
Des dynamiques différenciées entre pays
Si le redémarrage des défaillances en 2022 et 2023 a été très rapide pour la France, il a été plus tardif pour l’Allemagne, avec une nette accélération dès 2023, et plus encore pour l’Italie, où la plus forte accélération s’est produite à partir de 2024. Ainsi, en 2025 l’augmentation des défaillances a été modeste en France, tandis qu’elle demeure plus soutenue en Allemagne et en Italie, bien qu’en ralentissement
Le redémarrage post-pandémique dans la zone euro a été porté initialement par les secteurs du commerce de gros et de détail, de l’hébergement et restauration ainsi que du transport et entreposage, qui ont enregistré dès 2022 les plus fortes hausses. Dès 2023, le nombre de défaillances enregistrées par ces secteurs a ralenti modérément et c’est dans l’information et communication et dans l’immobilier qu’on a enregistré des hausses supérieures à la moyenne des secteurs. En 2024, le secteur de la construction a également présenté une remontée des faillites supérieure à la moyenne. Sur l’année 2025, on observe un ralentissement des enregistrements de défaillances, à l’exception des secteurs de l’hébergement et de la restauration.
Cependant, les trajectoires des secteurs diffèrent entre pays. Ainsi, en Allemagne, l’industrie et la construction ont connu une remontée immédiate des défaillances supérieure à la moyenne dès 2022 et, en 2024, avec la hausse des coûts de l’énergie. Les faillites dans les secteurs intensifs en contact sont apparues plus tardivement qu’en France. Pour l’Italie, c’est le secteur de la construction qui porte plus fortement la remontée des défaillances et qui montre encore des fragilités en 2025 avec le secteur immobilier (fin du dispositif d’incitation à l’investissement en rénovation Superbonus). La construction affiche aussi des hausses supérieures à la moyenne en 2025 en Allemagne.
La montée des défaillances est à mettre en relation avec l’augmentation des créations d’entreprises. Le taux de croissance des nouvelles créations en moyenne sur la période 2022-2025 est supérieur à celui sur la période 2015-2019 dans la zone euro. Cependant, tous les pays ne présentent pas les mêmes performances. Si les créations sont en forte croissance en France, leur indice a largement dépassé le niveau prépandémie, en Allemagne, ce niveau n’a été retrouvé que fin 2024 et, en Italie, ce n’est toujours pas le cas.
En Allemagne, la construction, le commerce et la restauration poussent encore les défaillances à la hausse
En Allemagne, les défaillances d'entreprises ont fortement augmenté en 2024 par rapport à l'année précédente (+22,9%). Deux facteurs y ont contribué. Premièrement, le redressement des taux d'intérêt amorcé durant l'été 2022 a particulièrement affecté les secteurs sensibles à ces taux. À titre d'exemple, les secteurs de la construction et de l'immobilier ont contribué à eux seuls à près d'un tiers de la hausse des faillites. Autrement dit, les défaillances dans ces secteurs ont progressé encore plus fortement que l'année précédente. Deuxièmement, les effets de rattrapage et de normalisation consécutifs à la pandémie ont également contribué à cette augmentation en 2024. Cela concerne notamment les secteurs du commerce de détail et de l'hôtellerie-restauration, qui ont représenté près d'un quart de la hausse des faillites d'entreprises en 2024. Bien que l'activité économique de ces secteurs à forte intensité de contacts ait considérablement diminué durant la pandémie de Covid-19 en 2020 et 2021, les défaillances y avaient fortement reculé du fait de la suspension de l'obligation de déposer le bilan et des importantes mesures de soutien mises en place par les pouvoirs publics.
Les effets de la normalisation pourraient également avoir entraîné une hausse des faillites en 2024 dans les secteurs qui avaient temporairement bénéficié d'une demande exceptionnellement forte pendant la pandémie. C'est le cas des services d'information et de communication et des services aux entreprises, qui ont contribué à hauteur d'un peu plus d'un cinquième à l'augmentation des faillites d'entreprises en 2024. À titre de comparaison, le secteur manufacturier n'y a contribué que faiblement (à hauteur d'un dixième). Au cours des trois premiers trimestres de 2025 les défaillances ont ralenti (9,1%), mais demeurent dynamiques dans la construction, l’hébergement et restauration et dans le commerce.
Sur la période récente, la faiblesse persistante de l'activité économique pèse de plus en plus sur les fondamentaux des entreprises allemandes. Bien que leurs niveaux de capitalisation et de liquidité restent globalement solides, la situation de leurs bénéfices semble se détériorer. En 2024, les bénéfices nominaux des entreprises ont reculé sur un an pour la première fois depuis 2020. Sur les premiers trois trimestres de 2025, ils ont augmenté à un rythme faible et inférieur à l’inflation. Contrairement à l'ensemble du secteur des entreprises, la rentabilité des sociétés cotées demeure globalement robuste.
Les grandes entreprises cotées en Allemagne sont fortement tributaires de la conjoncture économique mondiale, qui s'est révélée solide jusqu'au deuxième trimestre. Cependant, la politique commerciale protectionniste des États-Unis devrait peser davantage sur l'économie mondiale et, par conséquent, sur les sociétés cotées. Actuellement, ce sont donc principalement les bénéfices des petites et moyennes entreprises (PME) qui semblent sous pression. De manière générale, les PME sont plus dépendantes de la situation économique allemande. Le ratio global du service de la dette des entreprises allemandes a également augmenté, en raison de la faiblesse des bénéfices. Le nombre de défaillances d'entreprises a continué de progresser en 2025 à un rythme supérieur à celui de la zone euro (+9,1% sur les trois premiers trimestres de 2025), bien que la hausse se soit considérablement ralentie.