Espagne – Le plan de relance toujours en retard
- 02.04.2025
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La mise en œuvre du NGEU n'a plus que deux années devant elle. Le programme a débuté en 2021 et l'Espagne doit respecter toutes les étapes et engager tous les investissements avant août 2026, y compris ceux financés par des prêts. Pour rappel, le plan NGEU pour l'Espagne consiste en 80 milliards d'euros de transferts non remboursables et jusqu'à 83 milliards d'euros de prêts supplémentaires pour relancer l'économie en termes verts (40% des investissements) et numériques (26%). Ces investissements et réformes sont canalisés par le plan de relance et son addendum, qui intègre les prêts. À ce jour, l'Espagne a déjà réalisé 70% des réformes prévues par le plan, mais seulement 15% des investissements, en partie en raison de la nature même du plan qui, dans les premières années, mettait davantage l'accent sur les réformes, et en partie en raison de certains retards initiaux dans la mise en œuvre.
Parmi les réformes les plus importantes, la réforme du travail a contribué à réduire le caractère temporaire de l'emploi de 27% en 2021 à 12% aujourd'hui et a renforcé l'ERTE en tant que mécanisme de chômage partiel. La réforme de la formation professionnelle a généralisé la formation en alternance, en promouvant les stages en entreprise et en élargissant le catalogue des études et les financements.
Jusqu'à décembre 2024, 47,6 milliards d'euros ont été exécutés, dont la mise en œuvre se réfère à des appels d'offres déjà résolus, ce qui représente 60% de l'allocation totale de subventions du Plan. En 2024, 14,4 Mds€ ont été exécutés, soit un peu moins qu'en 2023 (16,45 Mds€) et un peu plus qu'en 2022 (12,4 Mds€). Les PERTE, programmes de partenariat public-privé, ont progressé avec 16 Mds€ exécutés sur un budget total de 43,6 Mds€.
Une analyse du plan NGEU par composantes montre que plus de 65% des fonds ont été exécutés dans les infrastructures de mobilité durable à longue distance, la mobilité urbaine, la modernisation des administrations publiques, la connectivité numérique et la science, la technologie et l'innovation. Cependant, la majeure partie du budget reste à exécuter dans la réhabilitation des logements, la politique industrielle, les énergies renouvelables, les ressources en eau et l'hydrogène vert. En 2025, l'exécution de subventions devrait arriver à 20 Mds€ et le déploiement des investissements financés par des prêts de l'addendum, tels que la ligne verte ICO, devrait commencer. Il sera essentiel de déployer les PERTE qui en sont encore à leurs débuts, notamment celui des semiconducteurs (12,2 Mds€), du cycle de l'eau (3 Mds€) et de la décarbonisation (3 Mds€).
Notre opinion
Le plan de relance de l'Espagne s'est concentré sur les réformes au cours des trois premières années, puis sur les étapes liées aux investissements en 2024-2026. Les étapes en attente les plus importantes comprennent : la mise en œuvre de zones municipales à faibles émissions, l'augmentation de l'utilisation des technologies numériques dans 171 000 PME, la modernisation de l'irrigation de 160 000 hectares, la rénovation de 285 000 logements avec une économie d'énergie minimale de 30%, la construction de 20 000 logements sociaux, le déploiement de 238 000 véhicules électriques et de bornes de recharge, la couverture de 75% de la population avec la 5G et la restauration de 145 kilomètres de zones côtières dégradées. D'autres investissements importants devraient être envisagés pour l'avenir, s'il est possible de réorienter les fonds, notamment la rénovation des infrastructures hydrauliques pour atténuer les risques climatiques, l'augmentation de l'offre de logements et l'investissement dans l'intelligence artificielle en coordination avec l'Europe (dans le plan espagnol actuel, seuls 538 millions d'euros sont consacrés à l'IA).
Un rapport récent de la Banque d'Espagne1 montre que 45% des entreprises ayant des projets financés par le NGEU n'auraient pas réalisé ces investissements sans le programme, et que 31% n'en auraient réalisé qu'une partie, ce qui suggère une additionnalité relativement élevée. Par composantes, ce sont les investissements liés à la transition énergétique qui montrent le moins d'additionnalité : 39% des entreprises les auraient réalisés sans le NGEU, ce chiffre tombant à environ 20% des entreprises pour les investissements numériques et de R&D.
1 https://www.bde.es/f/webbe/SES/Secciones/Publicaciones/InformesBoletinesRevistas/BoletinEconomico/25/T1/Fich/be2501-art02.pdf
Article publié le 28 mars 2025 dans notre hebdomadaire Monde – L'actualité de la semaine

Un rapport récent de la Banque d'Espagne montre que 45% des entreprises ayant des projets financés par le NGEU n'auraient pas réalisé ces investissements sans le programme, et que 31% n'en auraient réalisé qu'une partie, ce qui suggère une additionnalité relativement élevée. Par composantes, ce sont les investissements liés à la transition énergétique qui montrent le moins d'additionnalité : 39% des entreprises les auraient réalisés sans le NGEU, ce chiffre tombant à environ 20% des entreprises pour les investissements numériques et de R&D.
Ticiano BRUNELLO, Economiste