1. Le PIB accélère au troisième trimestre
2. La croissance trimestrielle est tirée par la consommation des ménages
3. L’investissement contribue faiblement à la croissance
Le PIB américain a crû de 4,3% en variation trimestrielle annualisée au troisième trimestre, selon l’estimation préliminaire du Bureau of Economic Analysis, publiée le 23 décembre 2025. La croissance a été tirée principalement par la consommation privée et les exportations nettes. L’investissement privé non-résidentiel a continué de croître, tout en décélérant. L’acquis de croissance pour l’année 2025 s’élève à 2,1% ce qui nous conduit à réviser à la hausse nos prévisions de croissance pour 2025 et 2026.
CitationNotre scénario table donc toujours sur une légère accélération de l’activité en 2026 grâce, notamment, aux baisses d’impôts et de taxes prévues dans le One Big, Beautiful Bill Act et la dissipation (sans disparition totale) de l’incertitude liée aux droits de douane. Les fondamentaux économiques devraient rester sains.
L’estimation préliminaire du PIB américain du troisième trimestre a été publiée par Bureau of Economic Analysis (BEA) le 23 décembre dernier. En raison de l’arrêt des activités gouvernementales (shutdown)entre le 1er octobre et le 12 novembre 2025, ce rapport du PIB du troisième trimestre remplace à la fois l’estimation préliminaire, initialement prévue pour le 30 octobre, et la deuxième estimation, qui devait être publiée le 26 novembre dernier.
Le PIB accélère au troisième trimestre
Dépassant de nouveau les anticipations (3,3% pour le consensus, 3,2% pour notre prévision), le PIB américain a crû de 4,3% au troisième trimestre 2025 en rythme trimestriel annualisé (ou 1,1% non annualisé), selon l’estimation du BEA. L’activité a accéléré, après une croissance déjà forte au deuxième trimestre (3,8% en rythme trimestriel annualisé ou 0,9% non annualisé). Il s’agit du rythme de croissance le plus fort depuis le troisième trimestre 2023. Le taux de croissance sur un an (troisième trimestre 2025 par rapport à troisième trimestre 2024) s’élève à 2,3%, contre 2,1% le trimestre précédent.
La croissance trimestrielle est tirée par la consommation des ménages
La consommation des ménages a été le premier moteur de la hausse du PIB au troisième trimestre, suivie par le solde extérieur et, dans une moindre mesure, par la consommation publique et l’investissement.
La consommation des ménages a contribué à hauteur de 2,4 points de pourcentage à la croissance. Elle a crû de 3,5% en variation trimestrielle annualisée (0,9% non annualisée), après 2,5% au deuxième trimestre. Elle progresse fortement aussi bien dans la sphère des biens (+3,1%) que dans le domaine des services (+3,7%). Dans le détail, selon le BEA, les principaux contributeurs à cette accélération dans les services étaient les soins de santé et les autres services tels que les voyages à l’étranger ainsi que les services professionnels (principalement les services juridiques). Dans le domaine des biens, les consommateurs ont surtout augmenté leur consommation de biens de loisir et de véhicules, ainsi que d’autres biens non durables (les médicaments sur ordonnance principalement).
Le solde extérieur a contribué à hauteur de 1,6 point de pourcentage à la croissance trimestrielle annualisée, les exportations progressant (+8,8%), tandis que les importations reculaient (-4,7%). Le rebond des exportations vient après un repli (-1,8%) au deuxième trimestre et provient des exportations de marchandises (+7,4%) et de services (+11,2%). Les États-Unis ont augmenté surtout leurs exportations de biens d’investissement hors automobiles, ainsi que de biens de consommation non durables, tandis que les exportations de services ont été tirées par les autres services professionnels. Quant aux importations, elles se sont repliées pour les marchandises (-7,5%), mais ont progressé pour les services (+6,3%). La baisse des importations de marchandises s’explique surtout par une baisse des biens de consommation non durables.
La consommation publique a contribué modestement (pour +0,3 point de pourcentage) à la croissance du PIB. Elle progresse de 2,6% sur le trimestre (variation trimestrielle annualisée). Cette hausse reflète à la fois des hausses des dépenses de l’État fédéral (dépenses en défense nationale notamment) et des gouvernements locaux et d’État.
L’investissement contribue faiblement à la croissance
L’investissement privé non résidentiel a continué de croître, mais moins fortement qu’au premier semestre. Il a crû de 2,8% (toujours en rythme trimestriel annualisé) après deux trimestres de croissance forte (+9,5% au premier trimestre, +7,3% au deuxième trimestre). Sa croissance a été tirée par l’investissement en équipements (principalement en informatique) et en produits de propriété intellectuelle (principalement en recherche et développement), tandis que l’investissement en structures a continué de se replier pour le septième trimestre consécutif.
L’investissement privé résidentiel est resté faible. Il se replie (-5,1%) pour le troisième trimestre consécutif. Enfin, l’investissement public croît de 1% sur le trimestre, après 3,4% au deuxième trimestre. Au total, l’investissement des secteurs public et privé a contribué faiblement à la croissance trimestrielle (+0,3 point de pourcentage annualisé). Sa contribution a été en grande partie effacée par une contribution négative des variations de stocks (-0,2 point de pourcentage).
Notre opinion
Le PIB du troisième trimestre laisse un acquis de croissance de 2,1 points de pourcentage pour la croissance moyenne annuelle en 2025. Certes, les chiffres du troisième trimestre pourraient être révisés à la baisse et la croissance devrait ralentir au dernier trimestre en raison du shutdown du gouvernement. Néanmoins, l’activité américaine a tenu bon en 2025, malgré un contexte d’incertitude extrême liée à l’imposition de manière chaotique et imprévisible de nouveaux droits de douane par l’administration Trump. Cette incertitude s’est traduite par une volatilité des exportations nettes et des stocks sur la première moitié de l’année, tandis que l’investissement et la consommation privée ont bien résisté. Prenant en compte la bonne surprise des chiffres du troisième trimestre, notre économiste États-Unis vient de réviser à la hausse sa prévision de croissance pour 2025 à 2,1% (contre 1,9% précédemment) et à 2,3% en 2026 (contre 2,1% précédemment).
Notre scénario table donc toujours sur une légère accélération de l’activité en 2026 grâce, notamment, aux baisses d’impôts et de taxes prévues dans le One Big, Beautiful Bill Act et la dissipation (sans disparition totale) de l’incertitude liée aux droits de douane. Les fondamentaux économiques devraient rester sains. En effet, de nombreux ménages et entreprises ont été en mesure de sécuriser durablement des taux fixes et faibles. La situation financière des ménages est globalement satisfaisante, malgré des poches de faiblesse localisées, concentrées sur le segment des ménages à faible revenu et des petites entreprises. Le marché du travail est certes en ralentissement, mais le recul de l’immigration nette contribue, du moins pour le moment, à le maintenir proche de l’équilibre. Nous anticipons par ailleurs une poursuite des investissements dans l’IA à un rythme moins effréné, mais laissant augurer une année à nouveau solide pour les investissements non résidentiels.