Pour l’exercice clos au 31 décembre 2025, Revolut affiche une performance sans précédent, avec un chiffre d’affaires de 4,5 milliards de livres sterling, en progression de 46% par rapport aux 3,1 milliards enregistrés en 2024.
Cette croissance reste largement tirée par des commissions (interchange, abonnements, courtage, change, services annexes) qui représentent 76% de la totalité des revenus de la néobanque britannique. En hausse de 55% sur un an, ces “fees” constituent toujours le socle du modèle économique de la Revolut. Au sein de ce “mix commissions”, les commissions liées aux paiements par carte (interchange) s’imposent comme la première source de revenus, avec près de 1 milliard de livres sterling, soit 22,2% du total.
Il faut cependant bien comprendre que la top line de Revolut s’est enrichie ces dernières années de conséquents revenus d’intérêts. Ces derniers représentent désormais une contribution comparable aux commissions d’interchange. Représentant près de 22% du chiffre d’affaires consolidé de Revolut, ils traduisent la montée en puissance de la gestion des dépôts clients dans les piliers de sa rentabilité. Ces dépôts atteignent désormais 50,2 milliards de livres sterling (+66% sur un an). Cette base de liquidité génère à elle seule 820 millions de livres sterling de revenus (hors activités de crédit).
Une telle dépendance de la rentabilité de la fintech à ces revenus impose le maintien d’un rythme de conquête commerciale extrêmement soutenu. Cette dynamique ne peut être interrompue, du moins tant que Revolut ne disposera pas d’un socle suffisant de licences bancaires en Europe lui permettant de déployer plus largement ses activités de crédit, structurellement plus contributives (en théorie).
Dans cette logique, les dépenses marketing et publicitaires continuent de progresser fortement (+47% en 2025, après +45% en 2024), atteignant 529 millions de livres sterling. Ces investissements ont notamment financé des déploiements commerciaux dans 18 aéroports répartis sur 11 pays, ainsi que des partenariats internationaux de premier plan, incluant la Formule 1 et la NBA lors de leurs événements européens.
En dépit de ces investissements, la trajectoire de rentabilité s’améliore. La marge avant impôt (PBT margin) de Revolut progresse de 35,2% à 37,9%, pour un résultat avant impôt de 1,7 milliard de livres sterling. Cette dynamique suggère une montée en efficacité opérationnelle, même dans un contexte de dépenses de croissance élevées.
Pour autant, la lecture du rapport annuel demeure partiellement contrainte. Le recours à des indicateurs agrégés, l’usage de retraitements comptables et l’absence de granularité par produit, par marché ou par cohorte continuent de limiter l’analyse fine de la rentabilité intrinsèque de Revolut. Autrement dit, si la performance consolidée de Revolut est indiscutable, la qualité et la soutenabilité de cette rentabilité à un niveau désagrégé restent difficiles à apprécier.