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  3. Italie – L’économie italienne fait mieux que prévu au premier trimestre, mais pour combien de temps ?
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ITALIE PIB
Italie

Italie – L’économie italienne fait mieux que prévu au premier trimestre, mais pour combien de temps ?

04 Juin 2026
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Sofia TOZY
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Sommaire

1. Premier trimestre 2026 : une révision qui change la lecture du premier trimestre

2. Conjoncture récente : le choc énergétique prend le relais
 

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Le PIB du T1 2026 est révisé à la hausse à +0,3% sur le trimestre par rapport au trimestre précédent (t/t), portant l'acquis de croissance à +0,6%, au-dessus du consensus, avec des contributions positives aussi bien du côté de la demande domestique que du commerce extérieur. La consommation des ménages enregistre sa plus forte progression depuis le T4 2024 (+0,5% t/t), tandis que le marché du travail poursuit son amélioration avec un taux de chômage à 5,1% en avril. Le choc énergétique s’intensifie : l'inflation atteint 3,2% en mai (estimation préliminaire), tirée par les prix de l'énergie à +12%, et la confiance des entreprises commence à se dégrader, signalant des vents contraires pour les trimestres à venir.

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Sursaut temporaire ou résilience, la croissance italienne surprend au premier trimestre 2026 avec un rythme trimestriel en légère accélération. Cependant, les mois à venir vont être difficiles. Le choc énergétique, dont les effets restent encore partiellement en deçà de leur pleine transmission dans les prix et dans les comportements, pèsera sur la consommation des ménages et les marges des entreprises à mesure que l'inflation progresse. Les fondamentaux qui ont porté le premier trimestre sont-ils suffisamment solides pour résister au choc qui se profile ?

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Premier trimestre 2026 : une révision qui change la lecture du premier trimestre 

Si les premières estimations de croissance du T1 laissaient tendre vers le pessimisme, la dernière mise à jour des comptes de l'Istat inverse la donne. La croissance du PIB, initialement estimé fin avril à +0,2% pour les trois premiers mois de l'année, a été revu à la hausse lors de la publication du détail des comptes, à +0,3%. La variation acquise est également légèrement supérieure à ce qui avait été initialement annoncé, à +0,6% contre +0,5%, tandis que l'évolution du PIB sur un an passe de +0,7% à +0,8%.

Les nouvelles positives ne s'arrêtent pas au chiffre de croissance. L'économie italienne se montre plus solide que prévu. L'inquiétude concernant le T1 ne venait pas tant de la performance du PIB que du détail de ses composantes, qui présentait la contribution de la demande intérieure comme négative.

Le détail des comptes surprend donc, en dépit d'un contexte marqué par les incertitudes. Malgré un mois de mars marqué par l'intensification du conflit au Moyen-Orient et des indicateurs conjoncturels en baisse, le PIB augmente et la demande domestique ainsi que la contribution extérieure concourent positivement à la croissance, à hauteur respectivement de 0,4 et de 0,9 point de PIB. Les variations de stocks ont néanmoins apporté une contribution négative de 1,1 point de pourcentage à la croissance.

Au cours du T1, les comptes extérieurs se caractérisent par un regain de vigueur des exportations, qui augmentent de 2,2% après avoir cédé 1,1% au cours du trimestre précédent. Cette hausse trouve son origine aussi bien dans une croissance des exportations de biens que de services. Les importations, qui présentaient un profil en expansion au cours de l'année passée, marquent le pas et reculent de 0,7% sur les trois premiers mois de l'année. Ce repli est principalement imputable à la contraction des importations de services de -3,4%, tandis que les importations de biens stagnent sur le trimestre.

La demande domestique bénéficie quant à elle d'une reprise des dépenses des ménages. Après une croissance contenue (0,2% en moyenne sur 2025) malgré le rattrapage du revenu disponible réel (+1,0% sur l'année après +0,6% en 2024), les dépenses de consommation accélèrent et progressent de 0,5% d'un trimestre sur l'autre, soit la hausse la plus marquée depuis le T4 2024. Cette accélération est principalement portée par les services, en hausse de 0,6% après deux trimestres de stagnation, contribuant à hauteur de 0,3 point à la croissance des dépenses totales. Les biens durables et non durables y contribuent également, progressant respectivement de 1,1% et 0,7% en t/t. Les biens semi-durables constituent la seule composante en repli sur le trimestre, à -0,8%.

Si l'investissement augmente de 0,7%, il est en perte de vitesse par rapport à la dynamique observée au cours de 2025. Le détail des composantes s'inscrit cependant beaucoup moins dans cette narration pessimiste. En effet, si la formation brute de capital fixe (FBCF) ralentit, cela reste principalement le fait d'un repli du secteur de la construction, plombé par la composante logement qui baisse de 2,7% sur le trimestre, rompant avec la très forte hausse de 2025. L'acquis pour l'année reste néanmoins conséquent à +6,8%. Il est difficile de dire s'il s'agit d'un repli temporaire ou d'une tendance qui s'installe et qui acte la fin effective de l'impact du Superbonus. Les enquêtes du secteur ainsi que la dynamique de l'offre le préciseront. Les projets du plan de relance continuent cependant de soutenir la construction en travaux et bâtiment, qui augmente de 1,3% sur le trimestre après trois trimestres de recul consécutif. L'investissement en machines et équipements progresse quant à lui de +2,3%, après une fin d'année dans le rouge, retrouvant le rythme de croissance enregistré à la mi-2025.

Du côté de l'offre, la croissance de la valeur ajoutée a été portée par les services, tandis que l'industrie au sens large stagne et l'agriculture recule de 0,5%. Dans le secteur industriel, deux tendances s'opposent. D'un côté, la construction recule de -0,3% sur la période, rompant avec sa série de trimestres de hausse depuis plus d'un an. De l'autre, l'industrie manufacturière progresse légèrement de 0,1%, en décélération par rapport au trimestre précédent. Les services enregistrent la hausse la plus marquée de +0,4%, tirés par la forte reprise des activités immobilières (+1,3%) et des télécommunications. Les arts et divertissements augmentent aussi de 1,5%. La croissance dans le commerce et la distribution reste somme toute modérée, tandis que celle des finances et assurances recule.

Les heures travaillées augmentent de 0,3% sur le trimestre, tirées par l'agriculture (+0,5%), l'industrie (+0,4%) et, dans une moindre mesure, les services (+0,3%), tandis qu'elles stagnent dans la construction. Cette hausse fait écho à une évolution positive de l'emploi sur le trimestre, qui progresse également de 0,3%, et à une baisse du nombre de chômeurs de 7%, avec un taux de chômage moyen de 5,3% sur les trois premiers mois de l'année.

Conjoncture récente : le choc énergétique prend le relais

Les données mensuelles du mois d'avril s'inscrivent dans cette trajectoire. Après une stagnation en mars, l'emploi gagne +0,5% sur le mois d'avril. La hausse a été tirée aussi bien par les salariés que par les indépendants, avec une reprise notable de l'emploi à durée déterminée depuis la fin 2025. Le taux de chômage baisse de nouveau pour atteindre 5,1%, tandis que le nombre d'inactifs reprend en avril, signe que le marché du travail retrouve de l'attractivité. Le taux d'emploi de la population progresse à 63,1%.

Ces signaux positifs sur le marché du travail contrastent avec la remontée de l'inflation, dont l'accélération traduit la transmission progressive du choc énergétique. La hausse du coût du gaz et du pétrole a pesé sur l'inflation, qui progresse de nouveau en mai après le rebond d'avril, passant de +2,7% sur un an à +3,2% (estimation préliminaire). La composante énergétique reste à l'avant-poste, avec une hausse de 12% en mai après 9% en avril, portée en particulier par les prix des biens énergétiques non régulés qui progressent de +12,4%. Les prix de l'énergie régulée augmentent également par effet d'entraînement, enregistrant une hausse supérieure à 5% pour le deuxième mois consécutif. Les biens alimentaires et les services sont pour le moment les plus impactés, avec des services à +2,8% sur un an et une alimentation qui se stabilise à un niveau élevé (+2,7%). Les biens durables et semi-durables restent pour le moment peu affectés.

Cette dégradation du pouvoir d'achat commence à peser sur le moral des agents. Après s'être contractée lors des deux derniers mois, la confiance des consommateurs se redresse en mai, les ménages percevant plus favorablement leur situation personnelle ainsi que la situation économique du pays. La confiance des entreprises évolue en sens inverse : après avoir résisté malgré la dégradation du contexte mondial, elle recule en mai, pénalisée par des perceptions moins favorables dans la construction et les services marchands. La confiance dans l'industrie se stabilise, tandis qu'on note une légère amélioration dans le commerce de détail.

Notre opinion

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Sursaut temporaire ou résilience, la croissance italienne surprend au premier trimestre 2026 avec un rythme trimestriel en légère accélération. L'acquis de +0,6% dépasse le consensus des estimations de croissance : seule une contraction marquée sur un trimestre devrait entraîner une croissance annuelle inférieure à ce seuil. Pourtant, les mois à venir vont être difficiles. Le choc énergétique, dont les effets restent encore partiellement en deçà de leur pleine transmission dans les prix et dans les comportements, pèsera sur la consommation des ménages et les marges des entreprises à mesure que l'inflation progresse. La question reste entière : les fondamentaux qui ont porté le premier trimestre sont-ils suffisamment solides pour résister au choc qui se profile ?

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