"Lundi, c'est l'Hebdo de L'ÉCO" : chaque semaine les experts de la direction des Études Économiques du Crédit Agricole vous proposent un résumé en quelques minutes des derniers faits marquants de l'économie.
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Podcast – Les faits marquants de la semaine ‒ 05 juin 2026
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Bonjour, nous nous retrouvons pour notre rendez-vous, Lundi c'est l'hebdo de l'ÉCO.
Voici en quelques minutes les faits marquants de l'économie pour la semaine écoulée, analysés par les économistes du Crédit Agricole.
Fin mai, les inquiétudes inflationnistes avaient été éclipsées par les espoirs (même ténus) d’accord entre les États-Unis et l’Iran : ces espérances de cessez-le-feu et de déblocage du détroit d’Ormuz avaient pesé sur le prix du pétrole et contribué à la baisse des taux d’intérêt, notamment des taux longs. La semaine dernière, en revanche, dopé par l’absence de progrès sur la guerre au Moyen-Orient, le prix du pétrole s’est redressé pour atteindre près de 95 $/b (Brent) ; les taux d’intérêt ont quant à eux subi un accroissement sensible et un aplatissement de la courbe s’est dessiné. Accentuant très légèrement la tendance haussière observée aux États-Unis, les taux de swap en euro à 2 ans et 10 ans ont ainsi grimpé, respectivement, de 15 points de base (pb) et 11 pb. Ces pressions se sont transmises aux taux allemands et l’écartement des spreads des souverains « périphériques », même limité, a parachevé le mouvement de hausse. L’euro s’est déprécie contre dollar (la dépréciation depuis le début de l’année est toutefois très modeste). Enfin, toujours aussi « étrangement » indifférents à un environnement pourtant anxiogène, les marchés actions ont continué de « performer ». Outre la déception quant à l’issue de la guerre dans le golfe persique, les explications sont à rechercher du côté de l’inflation qui se double d’indicateurs d’activité résistants, tout particulièrement aux États-Unis, mais aussi du côté des anticipations de resserrement monétaire de la part de la BCE cette semaine.
Aux États-Unis, les indices de l’ISM (Institute for Supply Management) ont en effet livré de bonnes surprises : ils signalent des niveaux d’activité soutenus dans le secteur manufacturier (indice passant de 52,7 en avril à 54 en mai, soit son niveau le plus élevé depuis 2022) et dans les services (54,5 en mai après 53,6 en avril). Sur le front de l’emploi, les anticipations tablaient sur un rapport signalant la solidité du marché du travail en mai et permettant au taux de chômage de se maintenir à 4,3%, soit un repli par rapport à son pic récent (4,5% en novembre) : ces attentes n’ont pas été déçues. Les créations nettes d’emplois non agricoles (Nonfarm Payrolls) ont largement excédé les anticipations : bien qu’elles se situent en retrait par rapport à avril (179 000), elles sont élevées (172 000) et, après les bons chiffres déjà enregistrés en mars et avril (révisés de surcroît à la hausse), éloignent les craintes de refroidissement nées à l’automne au profit d’une réaccélération. Comme espéré, le taux de chômage se maintient à 4,3%.
Alors que l’activité se montre résistante et que l’inflation s’est déjà redressée (à 3,8% sur un an en avril après avoir continûment excédé la cible de 2% lors de la période de désinflation post-Covid et de son prolongement, au cours duquel l’inflation s’est au plus bas située à 2,3% en avril 2025), la Fed pourrait se montrer plus mobilisée sur le volet « inflation » de son double mandat. Bien qu’elle puisse toutefois attendre que les effets de second tour et/ou que des signes de désancrage des anticipations d'inflation soient manifestes, l’inflation constitue une préoccupation tangible. À moins que l’inflation ne se replie rapidement (ce qui suppose que la guerre dans le Golfe se calme, elle aussi, rapidement), une action trop tardive de la Fed risque de laisser aux marchés le soin de l’ajustement haussier des taux d’intérêt.
Le PMI composite mondial s'est établi à 51,8, identique à celui d’avril et signalant donc toujours (supérieur à 50) l’expansion des secteurs manufacturier et des services. Cette belle résistance ne doit pas faire illusion car elle tient largement à de « mauvaises raisons » : délais plus longs de la part des fournisseurs, anticipations de perturbations des chaînes d'approvisionnement et de hausses des coûts en raison du conflit au Moyen-Orient, achats en anticipation de l’ensemble de ces tensions sur les intrants.
Le PMI global de la zone euro est également resté dans la zone d’expansion (au-dessus de 50), mais pour de « mauvaises raisons ». Par ailleurs, toujours dans la zone euro, la croissance du PIB du premier trimestre 2026 a été fortement révisée à la baisse pour afficher une contraction (-0,2% sur le trimestre après une première estimation de croissance de 0,1%). Cette révision tient à celle de la croissance irlandaise, sans laquelle la croissance de la zone euro est même légèrement supérieure (+0,2%) à la première estimation. L’ensemble des moteurs de croissance s’affaiblit.
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Cet audio a été retranscrit grâce à notre équipe éditoriale et à l'outil d'intelligence artificielle DayaDaya.
Bonne semaine à tous et à lundi prochain !