1. Un début d’année marqué par une contraction de l’activité industrielle
2. Rebond possible de l’activité à court terme mais perspectives dégradées
L’activité dans l’industrie allemande enregistre un recul en ce début d’année, marqué par une baisse de la production industrielle en janvier de 2,5% sur un mois et de 2,4% sur un an.
Si les enquêtes de conjoncture suggèrent un rebond sur la fin du trimestre, la reprise demeure fragile sous l’effet de la dégradation des anticipations et des risques externes en hausse.
CitationDans l’ensemble, l’industrie allemande demeure dans une phase d’ajustement en ce début d’année 2026. La forte contraction de la production et des commandes en janvier, conjuguée à un acquis de croissance négatif au premier trimestre, indique une faiblesse persistante de l’activité industrielle. Si les indicateurs avancés suggèrent un possible rebond de l’activité à très court terme, celui-ci reste fragilisé par la faiblesse sous-jacente de la demande, la volatilité des commandes et la dégradation des anticipations dans un contexte d’incertitude mondiale.
Un début d’année marqué par une contraction de l’activité industrielle
Selon les dernières données publiées par l’institut statistique allemand (Destatis), la production industrielle allemande (hors énergie et construction), a reculé de 2,5% sur le mois en janvier 2026, après une baisse de 1,7% en décembre 2025. Sur un an, la production industrielle se contracte de 2,4%. Ce repli est généralisé à l’ensemble des composantes, affectant les biens de consommation (-4,2% sur le mois), les biens intermédiaires (-2,6%.) et les biens d’équipement (-1,6%). Les branches à forte consommation énergétique continuent d’être pénalisées malgré un recul moins prononcé de leur production (-0,7% sur le mois en janvier, après
-0,9% le mois précédent). Dans ce contexte, l’acquis de croissance laissé par le mois de janvier au premier trimestre 2026 apparaît largement négatif (-3,4% par rapport au T4 2025), effaçant potentiellement le rebond observé en fin d’année (+1,4% au T4 2025).
La dynamique des nouvelles commandes industrielles confirme cette inflexion. Ces dernières ont enregistré un repli de 11,1% sur le mois de janvier (après+6,4% en décembre), interrompant la phase de redressement amorcée à l’automne dernier. Cette baisse reflète en grande partie le recul des commandes de biens d’équipement (-14,1% sur le mois), après un dernier trimestre 2025 soutenu par la signature de contrats de grande ampleur dans un contexte de soutien public à l’investissement. Cette accélération de la commande publique en fin d’année est propre à la saisonnalité de la dépense budgétaire, mais, dans ce contexte, elle a été renforcée par le vote tardif (en fin d’été) du budget allemand. Si la demande domestique s’est ainsi contractée (-16,2% sur le mois), les commandes en provenance de pays tiers ont également reculé (-7,9%), reflétant une demande étrangère moins porteuse. Compte tenu de la volatilité des commandes et après ajustements des effets liés aux grands contrats, les nouvelles commandes dans l’industrie affichent une contraction plus modérée (-0,4% sur le mois, après -0,7% en décembre), suggérant un affaiblissement moins abrupt de la demande sous-jacente.
Concernant les prix, la déflation industrielle se poursuit, avec un recul des prix à la production de 3,3% sur un an et de 0,5% sur le mois de février 2026, principalement soutenue par le reflux des prix de l’énergie. Hors énergie, les prix à la production restent orientés à la hausse (+1,0% sur un an ; +0,2% sur le mois), traduisant la persistance de pressions sur les coûts dans certains segments industriels qui compensent des dynamiques très faibles dans d’autres. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et la remontée récente des prix de l’énergie qui en résulte pourraient renforcer les pressions sur les coûts de production et peser sur les marges des entreprises industrielles, en particulier dans les branches les plus consommatrices d’énergie.
Rebond possible de l’activité à court terme mais perspectives dégradées
Les indicateurs avancés d’enquêtes laissent envisager une amélioration de l’activité à très court terme. L’indice PMI manufacturier s’est établi à 51,7 en mars 2026 (+0,8 point par rapport à février), dépassant le seuil d’expansion de 50 pour le deuxième mois consécutif. L’indice de production manufacturière a atteint 53,7, son plus haut niveau depuis quatre ans, ce qui pourrait signaler un rebond de la production industrielle après la faiblesse observée en janvier. Une partie de cette dynamique semble toutefois liée à des effets de constitution de stocks dans un contexte de tensions géopolitiques, certaines entreprises cherchant à sécuriser leurs approvisionnements face à d’éventuelles ruptures.
Au-delà de la constitution de stocks, l’incertitude relative aux tensions géopolitiques pèse sur la confiance et les perspectives du secteur. D’après l’indice IFO du climat des affaires, la confiance de l’industrie manufacturière s’est dégradée en mars, alors qu’elle présentait des signes d’amélioration depuis janvier. Sur le mois, les industriels allemands étaient ainsi plus nombreux à évaluer de manière moins favorable leur situation actuelle (solde d’opinion à -14,9 points, contre -13,8 le mois précédent) et à anticiper une détérioration de leur activité au cours des six prochains mois (solde d’opinion à -13,8, contre -9,2 le mois précédent).