1. Une année 2025 terminée en fanfare
2. Un objectif en vue : le statut d’économie à hauts revenus
2.1 Raise the ceiling : surfer sur la vague de l’IA
2.2 Raise the floor : rendre le développement plus inclusif
3. La consolidation budgétaire : le grand chantier du gouvernement
3.1 Le déséquilibre des finances publiques : un héritage de la crise du Covid-19
3.2 Des recettes publiques encore trop dépendantes du pétrole
3.3 Une dette publique élevée mais sur la bonne trajectoire
3.4 Une vulnérabilité à surveiller : la dette externe
4. Des obstacles internes à la réalisation des objectifs de croissance du gouvernement
4.1 Un gouvernement de coalition à la fragilité accrue
4.2 Un climat socio-politique sous tension
5. Des facteurs de risque externes : incertitudes au cœur du commerce international et fermeture d’Ormuz
5.1 Le commerce international, un des points forts du pays, reste porteur d’incertitudes pour 2026
5.2 Ormuz : un choc potentiel limité mais à surveiller
Économie ouverte, fondée sur une double spécialisation (matières premières et industrie électronique), la Malaisie bénéficie de perspectives de croissance dynamiques et de fondamentaux macroéconomiques solides. À moyen terme, l’objectif est de devenir un pays à hauts revenus d’ici 2030 : une cible atteignable, qui supposera toutefois de dépasser la trappe aux revenus intermédiaires dans laquelle le pays pourrait s’enfermer faute des réformes budgétaires et structurelles nécessaires pour accompagner la croissance.
La consolidation budgétaire, entamée après la crise du Covid-19, est en bonne voie, et a pour but de réorienter les recettes vers des investissements productifs plutôt que des subventions.
Certains facteurs de risques externes (impact de la fermeture d’Ormuz sur les chaînes de valeurs, dépendance commerciale à la Chine et aux États-Unis) et internes (stabilité politique de la coalition et échéances électorales) obscurcissent tout de même l’horizon.
CitationLa Malaisie a réussi un redressement budgétaire spectaculaire et bénéficie à présent d’une position privilégiée au cœur des échanges, d’un fort engouement lié à l’intelligence et de perspectives de croissance très favorables. Malgré les risques extérieurs qui planent sur la conjoncture, la plus grosse vulnérabilité pesant sur la trajectoire du pays est peut-être domestique.
Une érosion de la stabilité politique et l’implosion de la coalition gouvernementale, causées par les résultats des prochaines élections fédérales ou générales, risqueraient de replonger le pays dans un épisode d’instabilité politique qui avait été particulièrement mal vécu au cours de la crise du Covid-19. Dans un contexte de renforcement des tensions ethniques et religieuses, ce scénario est à éviter à tout prix si la Malaisie veut maintenir le cap et devenir, comme espéré, une économie à hauts revenus.
Publication rédigée par Romain NÉOUZE, sous la supervision de Sophie WIEVIORKA