Éviter la pénurie, trouver de nouveaux fournisseurs
Une hétérogénéité des effets de pénurie
Un choc qui force une reconfiguration temporaire des importations d’énergie
Chaînes de valeur : les effets directs et indirects se multiplient
L’agriculture en première ligne du choc
Le Père Noel passera-t-il cette année ?
Dans les services, l’aérien bat de l’aile
Le choc se transmet par des canaux multiples
Une dynamique de croissance contrastée
Une réussite mitigée des politiques de soutien budgétaire
Les délicats arbitrages des banques centrales
Le cas chinois
Malgré les déclarations et les promesses de Donald Trump, la guerre avec l’Iran se prolonge, et fait basculer les économies d’Asie dans une ère d’incertitudes bien délicate à gérer.
Bien sûr, toutes les économies de la zone ne sont pas affectées avec la même ampleur par la crise : les plus avancées ne subissent pour l’instant qu’un choc de prix, tandis que les plus fragiles doivent également composer avec des enjeux de volumes, provoquant déjà des pénuries ou de fortes restrictions. Idem pour les secteurs, en fonction de leur intensité énergétique ou de leur dépendance à certains intrants spécifiques.
Il faut dire que la guerre vient frapper directement le cœur des modèles de croissance asiatiques, reposant sur la fluidité des échanges et la compétitivité-prix. Les indicateurs d’activité de mars et avril disponibles pointent déjà une accélération des indices des prix à la production et à la consommation, malgré les mesures mises en place par les autorités nationales pour atténuer l’impact de la hausse du prix des matières premières. La production industrielle ralentit également, notamment en Chine.
Alors qu’une perspective de retour « à la normale » rapide s’éloigne, en raison de l’endommagement de certaines capacités de production, les pays d’Asie se retrouvent donc face à des arbitrages délicats, sur tous les fronts. Quel soutien budgétaire mettre en place ? Quelle politique monétaire pour soutenir l’activité, limiter la dépréciation de la devise, préserver les réserves, juguler l’inflation face à un choc d’offre ? Quels secteurs, quels agents économiques prioriser alors que l’Asie est exposée de manière multiple : secteur agricole par les engrais, industries intenses en carbone, services dont le tourisme, pouvoir d’achat via l’inflation ou les transferts de fonds des travailleurs dans le Golfe ?
Ce tour d’horizon des économies de la zone – l’Inde, les Philippines, la Thaïlande, la Malaisie, l’Indonésie, Singapour, le Vietnam ou encore le Japon, la Chine, la Corée du Sud – permet de faire le point sur les mesures prises depuis le début de la crise, les capacités de résistance de chaque pays, ainsi que leur stratégie d’adaptation à court et long terme dans ce nouvel environnement mondial.
CitationNous l’avions dit, le conflit en cours s’ajoute à une longue liste de chocs subis par l’Asie depuis le Covid-19, et vient réappuyer sur certaines faiblesses structurelles (dépendance aux énergies fossiles et à leurs dérivés). Confrontés à des canaux de transmission multiples, sur les prix, les chaînes de valeur ou la disponibilité de certains intrants, les pays asiatiques sont contraints de procéder à des arbitrages parfois difficiles, notamment en termes de politiques budgétaire et monétaire. Comment soutenir les acteurs économiques les plus à risque sans trop dégrader les finances publiques, avec quelle efficacité, et pendant combien de temps ? Quelle stratégie pour les banques centrales, entre orthodoxie monétaire, soutien de la devise et des équilibres extérieurs, et maintien de l’activité ?
Face à cette crise, les pays d’Asie refont en réalité face à des problématiques de pays « émergents » : déséquilibres de la balance des paiements, dépréciation pesant sur l’endettement en devise, spirale inflationniste. Ils sont aujourd’hui mieux armés pour y faire face, mais le prolongement du conflit entraîne bien sûr des risques de matérialisation chez les plus fragiles ou les plus exposés.