1. Les espoirs déçus en provenance du Moyen-Orient (et leur cohorte de conséquences)
2. Consultez nos articles sur l’actualité économique et géopolitique publiés cette semaine
3. Évolution des marchés
4. Tendances à suivre
Les espoirs déçus en provenance du Moyen-Orient (et leur cohorte de conséquences)
La semaine passée, les inquiétudes inflationnistes avaient été éclipsées par les espoirs (même ténus) d’accord entre les États-Unis et l’Iran : ces espérances de cessez-le-feu et de déblocage du détroit d’Ormuz avaient pesé sur le prix du pétrole et contribué à la baisse des taux d’intérêt, notamment des taux longs.
Cette semaine, en revanche, dopé par l’absence de progrès sur la guerre au Moyen-Orient, le prix du pétrole se redresse pour atteindre près de 95 $/b (Brent) ; les taux d’intérêt subissent un accroissement sensible et un aplatissement de la courbe se dessine. Accentuant très légèrement la tendance haussière observée aux États-Unis, les taux de swap en euro à 2 ans et 10 ans grimpent ainsi, respectivement, de 15 points de base (pb) et 11 pb. Ces pressions se transmettent aux taux allemands et l’écartement des spreads des souverains « périphériques », même limité, parachève le mouvement de hausse. L’euro se déprécie contre dollar (la dépréciation depuis le début de l’année est toutefois très modeste). Enfin, toujours aussi « étrangement » indifférents à un environnement pourtant anxiogène, les marchés actions continuent de bien « performer ». Outre la déception quant à l’issue de la guerre dans le golfe persique, les explications sont à rechercher du côté de l’inflation qui se double d’indicateurs d’activité résistants, tout particulièrement aux États-Unis, mais aussi du côté des anticipations de resserrement monétaire de la part de la BCE la semaine prochaine.
Aux États-Unis, les indices de l’ISM (Institute for Supply Management) ont en effet livré de bonnes surprises : ils signalent des niveaux d’activité soutenus dans le secteur manufacturier (indice passant de 52,7 en avril à 54 en mai, soit son niveau le plus élevé depuis 2022) et dans les services (54,5 en mai après 53,6 en avril). Sur le front de l’emploi, les anticipations tablaient sur un rapport signalant la solidité du marché du travail en mai et permettant au taux de chômage de se maintenir à 4,3%, soit un repli par rapport à son pic récent (4,5% en novembre) : ces attentes n’ont pas été déçues. Les créations nettes d’emplois non agricoles (Nonfarm Payrolls) ont largement excédé les anticipations : bien qu’elles se situent en retrait par rapport à avril (179 000), elles sont élevées (172 000) et, après les bons chiffres déjà enregistrés en mars et avril (révisés de surcroît à la hausse), éloignent les craintes de refroidissement nées à l’automne au profit d’une réaccélération. Comme espéré, le taux de chômage se maintient à 4,3%.
Alors que l’activité se montre résistante et que l’inflation s’est déjà redressée (à 3,8% sur un an en avril après avoir continûment excédé la cible de 2% lors de la période de désinflation post-Covid et de son prolongement, au cours duquel l’inflation s’est au plus bas située à 2,3% en avril 2025), la Fed pourrait se montrer plus mobilisée sur le volet « inflation » de son double mandat. Bien qu’elle puisse toutefois attendre que les effets de second tour et/ou que des signes de désancrage des anticipations d'inflation soient manifestes, l’inflation constitue une préoccupation tangible. À moins que l’inflation ne se replie rapidement (ce qui suppose que la guerre dans le Golfe se calme, elle aussi, rapidement), une action trop tardive de la Fed risque de laisser aux marchés le soin de l’ajustement haussier des taux d’intérêt.
Le PMI composite mondial s'est établi à 51,8, identique à celui d’avril et signalant donc toujours (supérieur à 50) l’expansion des secteurs manufacturier et des services. Cette belle résistance ne doit pas faire illusion car elle tient largement à de « mauvaises raisons » : délais plus longs de la part des fournisseurs, anticipations de perturbations des chaînes d'approvisionnement et de hausses des coûts en raison du conflit au Moyen-Orient, achats en anticipation de l’ensemble de ces tensions sur les intrants.
Le PMI global de la zone euro est également resté dans la zone d’expansion (au-dessus de 50), mais pour de « mauvaises raisons ». Par ailleurs, toujours dans la zone euro, la croissance du PIB du premier trimestre 2026 a été fortement révisée à la baisse pour afficher une contraction (-0,2% sur le trimestre après une première estimation de croissance de 0,1%). Cette révision tient à celle de la croissance irlandaise, sans laquelle la croissance de la zone euro est même légèrement supérieure (+0,2%) à la première estimation. L’ensemble des moteurs de croissance s’affaiblit.
Consultez nos articles sur l’actualité économique et géopolitique publiés cette semaine
Dans le sillage de la baisse, puis de la stabilisation des taux des crédits à l’habitat, les transactions de logements sont reparties à la hausse en France en 2025. En conséquence, après avoir baissé en 2023 et 2024, les prix des logements (neufs et anciens) se sont redressés en 2025 (+1% sur un an au T4).
Italie – L’économie italienne fait mieux que prévu au premier trimestre, mais pour combien de temps ?
Le PIB du T1 2026 est révisé à la hausse à +0,3% sur le trimestre par rapport au trimestre précédent (t/t), portant l'acquis de croissance à +0,6%, au-dessus du consensus, avec des contributions positives aussi bien du côté de la demande domestique que du commerce extérieur. La consommation des ménages enregistre sa plus forte progression depuis le T4 2024 (+0,5% t/t), tandis que le marché du travail poursuit son amélioration avec un taux de chômage à 5,1% en avril. Le choc énergétique s’intensifie : l'inflation atteint 3,2% en mai (estimation préliminaire), tirée par les prix de l'énergie à +12%, et la confiance des entreprises commence à se dégrader, signalant des vents contraires pour les trimestres à venir.
Espagne – La réponse du gouvernement face à la pénurie de logements
Le gouvernement espagnol a approuvé en avril dernier le nouveau Plan Estatal de Vivienda 2026-2030, doté d’une enveloppe de 7 milliards d’euros, soit près de trois fois le montant du programme précédent. Le plan vise principalement à accroître l’offre de logements abordables, dans un contexte de tensions persistantes sur les prix immobiliers et sur les loyers. La stratégie retenue repose essentiellement sur des aides à la construction et à la réhabilitation, avec une priorité donnée aux zones où l’écart entre l’offre et la demande est le plus marqué.