1. Le grand resserrement
2. Consultez nos articles sur l’actualité économique et géopolitique publiés cette semaine
3. Évolution des marchés
4. Tendances à suivre
Le grand resserrement
Après son resserrement de juin, la BCE a initié, la semaine passée, le ballet du resserrement monétaire de rentrée. D’autres grandes banques centrales, à commencer par la Fed elle-même, n’ont pas tardé à la rejoindre, en ligne avec les anticipations.
Aux États-Unis, tout d’abord, à l’occasion d’un vote unanime, le FOMC (Federal Open Market Committee) a ainsi décidé, le 16 septembre, de relever son taux directeur de 25 points de base (pb), portant la fourchette cible du taux des Fed funds à 3,75%-4%. Il s’agit de la première hausse depuis 2023 et elle s’est accompagnée d’un ton déterminé de la part du président, Kevin Warsh, offrant cependant peu d’informations sur la future tournure monétaire.
Au regard de la situation économique actuelle, mais aussi des nouvelles projections de la Fed, les conditions financières peuvent être jugées insuffisamment restrictives. Si la forward guidance est floue, les prévisions économiques sont en effet claires : malgré la hausse de l’inflation, la croissance résiste. Prévue à 2,3% en 2026, puis à 2,4% en 2027, elle s’accompagnerait d’un refroidissement, sans effondrement du marché du travail, avec une stabilisation attendue du taux de chômage autour de 4,1% et d’une inflation (PCE) à 3,7% en 2026, puis à 2,3% en 2027. L’accent peut donc être mis sur le volet de la stabilité des prix du mandat de la Fed : une priorité qui transparaît dans le nouveau dot plot et le niveau approprié du taux des Fed funds, selon les membres du FOMC eux-mêmes. Le taux médian jugé adéquat devrait atteindre 4,125% fin 2026 et resterait à ce niveau à la fin de 2027, avant de se replier légèrement en 2028 (3,875%). Le taux « neutre » se situe à 3,25%.
Au Japon, où l’inflation sur 12 mois a atteint 1,9% en août, la Bank of Japan a, à une large majorité (7 voix pour, 2 contre), également relevé son taux directeur de 25 pb à 1,25%, soit un niveau inédit depuis mars 1995. Compte tenu des interventions de change coordonnées entre le ministère japonais des Finances et le Trésor américain pour soutenir le yen, il était difficile pour la politique monétaire japonaise de ne pas répliquer celle des États-Unis. Par ailleurs, et bien que le ton officiel accompagnant le resserrement monétaire ne soit pas particulièrement belliqueux, la hausse des taux devrait se poursuivre : les derniers chiffres d’inflation ne capturent pas pleinement l’inflation à court terme, dissimulée par les subventions estivales sur l'électricité et le gaz, la croissance semble résister, la politique budgétaire a une tournure expansionniste, le risque d’accélération de l’inflation est élevé.
Au Royaume-Uni, enfin, au terme d'un vote au cours duquel six voix se sont exprimées pour le statu quo et trois en faveur d’une hausse de 25 pb, le taux directeur a été maintenu à 3,75%, tout en signalant clairement que des hausses de taux seraient ultérieurement nécessaires. Le marché table sur un resserrement monétaire d’environ 100 pb au cours des 12 prochains mois. Cela semble audacieux : notre scénario retient désormais deux hausses successives de 25 pb chacune (au T4-2026 et au T1-2027), puis une pause avant un assouplissement (T3 et T4-2027). En revanche, sur le quantitative tightening, la Bank of England a annoncé un plan pluriannuel de réduction du stock d’actifs plus lent et une pause de ses ventes de gilts jusqu’en avril 2027. Ces annonces, couplées au statu quo sur son taux directeur, à contre-courant des autres grandes banques centrales, ont provoqué une forte baisse des taux souverains britanniques.
De façon plus générale, le choc inflationniste s’annonçait déjà important, tiré par les prix énergétiques, dont on pouvait « légitimement » supposer que les effets de second tour seraient limités. Sans même émettre d’hypothèses hardies sur une diffusion plus large et plus pénalisante pour les prix à la consommation du choc subi sur les intrants énergétiques en amont, les prévisions d’inflation sont désormais revues à la hausse à la faveur, notamment, du prolongement de la guerre dans le détroit d’Ormuz. Cette semaine, le prix du pétrole s’est redressé (fermeture de l’oléoduc Est-Ouest saoudien à la suite d’attaques de drones lancés depuis l’Irak) avant de se replier (déclaration saoudienne sur une interruption seulement temporaire en raison de réparations supposées rapides). Il finit cependant la semaine au-dessus de 100 dollars le baril, soit une hausse de 13% sur un mois et de 70% depuis le début de l’année.
Inflation plus soutenue, voire plus tenace, resserrements monétaires, mais aussi déficits budgétaires élevés, besoins de financement publics croissants, aux États-Unis et ailleurs, tout plaide en faveur d’une réappréciation à la hausse des taux d’intérêt sans risque mais aussi des émetteurs souverains, avec un élargissement des spreads des plus endettés de la zone euro. À fin décembre 2026, notre scénario table désormais sur un taux souverain américain à 10 ans à 5,05% et des rendements allemand, italien et français de même maturité approchant, respectivement, 3,70%, 4,60% et 4,70%.
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France – L’inflation a augmenté à 2,4% en août, sous l’effet des prix de l’énergie
L’inflation au sens de l’indice des prix à la consommation (IPC) a augmenté à 2,4% sur un an en août 2026, après 2,1% en juillet. Sur un mois, les prix ont progressé de 0,7%. L’accélération des prix sur un an s’explique essentiellement par ceux de l’énergie, en hausse de 16,7%, avec une augmentation de 28,7% des prix des produits pétroliers. La hausse des prix des autres composantes est restée plus modérée.