1. Entre tensions commerciales et regain d’optimisme sur la croissance
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Entre tensions commerciales et regain d’optimisme sur la croissance
La Réserve fédérale américaine a conservé ses taux d’intérêt directeurs inchangés lors de sa réunion de politique monétaire cette semaine, marquant ainsi une pause après trois séances consécutives de baisses des taux. Cette décision s’est fondée sur le constat d’une activité économique solide et caractérisée par de moindres risques sur le volet de l’emploi, notamment au regard de ceux qui entourent l’inflation : « même si les créations d’emplois ont dernièrement été faibles, le taux de chômage a montré quelques signes de stabilisation et l’inflation reste quelque peu élevée ». Le président de la Fed, Jerome Powell, a également souligné que la politique monétaire actuelle était appropriée pour atteindre les objectifs confiés à l’institution. Une large majorité de dix gouverneurs s’est prononcée en faveur de cette pause, tandis que le gouverneur Waller, qui était prétendant à la succession de Powell avant que Kevin Warsh ne soit désigné par Trump ce vendredi, et le gouverneur Miran, ancien conseiller économique à la Maison Blanche, se sont exprimés en faveur d’une baisse des taux d’un quart de point. Le comité n’a donné aucune indication quant à la date d’une éventuelle reprise de l’assouplissement monétaire, suggérant une pause prolongée, assez largement anticipée par les marchés financiers. Un assouplissement monétaire volontairement précoce pour satisfaire aux pressions de l’administration Trump pourrait conduire à un regain d’inflation et à une plus grande faiblesse du dollar.
L’indice de confiance des consommateurs américains a chuté à 84,5 points au mois de janvier, son plus bas niveau depuis onze ans. Les enquêtes soulignent en particulier la détérioration du marché du travail perçue par les consommateurs. La proportion des personnes jugeant les emplois abondants s’est, en effet, repliée à 23,9% après 27,5% en décembre. Les enquêtes font également ressortir le renchérissement des biens importés comme étant un facteur pesant sur le pouvoir d’achat et la confiance. Du côté de l’emploi, le nombre de nouvelles inscriptions hebdomadaires au chômage a légèrement diminué pour s’établir à 209 000 personnes ; mais ce chiffre reste sujet à caution en raison de sa volatilité et des effets temporaires de l’actuelle tempête hivernale. Enfin, le déficit commercial américain (cumulé sur douze mois en novembre) a atteint 936 milliards de dollars, soit un creusement de près de 66 milliards de dollars par rapport à la même période en 2024 ; sur un an, les importations augmentent de 6,4% et les exportations de 6%.
En Asie, la situation entre la Corée du Sud et les États-Unis s’est tendue après les menaces du président Trump de faire passer les droits de douane « réciproques » de 15% à 25%, en raison de la lenteur de la mise en œuvre des accords conclus en juillet dernier. Selon ces derniers, Séoul s’est engagé à investir 350 milliards de dollars aux États-Unis, dont 150 milliards dans un projet de chantiers navals et 200 milliards dans d’autres secteurs stratégiques. Si ces menaces semblent quelque peu injustifiées, les autorités sud-coréennes n’ont néanmoins pas hésité à réaffirmer leur détermination à mettre en œuvre l’accord.
L’indicateur du sentiment économique en zone euro s’est redressé à hauteur de 99,4 points au mois de janvier, après 97,2 points en décembre, un regain de confiance signalé dans tous les grands pays de la zone. La confiance dans l’industrie a notamment enregistré une augmentation marquée grâce à une embellie des perspectives de production, des carnets de commandes et des stocks de produits finis. Dans le secteur des services, la confiance s’est également améliorée, grâce à la bonne tenue de la demande. De plus, la confiance des ménages s’est redressée sur toutes ses composantes et l’activité dans le commerce de détail s’est renforcée. Ces enquêtes soulignent ainsi un léger regain d’optimisme sur l’activité en ce début d’année.
L’Union européenne a conclu un accord commercial historique avec l’Inde, réduisant considérablement les droits de douane sur plus de 95% des marchandises échangées en valeur. Cet accord devrait permettre de doubler les exportations de l’UE à destination de l’Inde d’ici 2032, qui représentaient 52 milliards de dollars en 2024. De son côté, l’Union européenne réduira ses droits de douane sur 99% des marchandises importées d’Inde sur une période de sept ans, avec des droits ramenés à zéro sur les produits de la mer, les produits en cuir et textiles, les produits chimiques, le caoutchouc, les métaux de base et la joaillerie. Les produits agricoles comme le soja, le bœuf, le sucre, le riz et les produits laitiers sont toutefois exclus de l’accord. Des droits de douane réduits sur les boissons, vins et spiritueux seront également mis en place. Enfin, l’accord ne prévoit pas d’allégement de la taxe carbone dans le cadre du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières. À court terme, l’accord devrait principalement bénéficier aux constructeurs automobiles européens, New Delhi réduisant, en effet, ses droits de douane sur les voitures à hauteur de 10% sur cinq ans contre des taux pouvant atteindre 110% actuellement.
Dans un contexte géopolitique très tendu, dont l’épicentre s’est déplacé du Groenland vers le golfe Persique, le prix du baril de pétrole en mer du Nord a bondi de 6,2% sur la semaine. L’arrivée de navires américains au Moyen-Orient, dont les objectifs et les cibles restent flous, a provoqué des inquiétudes croissantes sur le risque de confrontation entre les deux pays avec en filigrane le risque d’une fermeture du détroit d’Ormuz, passage-clé du transport mondial de pétrole.
Les marchés mondiaux ont réduit leur appétit pour le risque. Les marchés actions en ont fait les frais : l’Euro Stoxx 50 a ainsi reculé de 0,5% et le S&P500 de 0,6%. Sur les marchés obligataires, le rendement du souverain allemand à dix ans a baissé de 6 points de base (à 2,85%) tandis que le rendement américain de même maturité (4,26%) a augmenté de 3 points. Signe favorable dans un environnement d’aversion au risque, les spreads italien, français et espagnol face au Bund ne se sont pas tendus. Alors que le dollar continue de faire preuve de faiblesse (à 1,19, l’euro s’est apprécié de 1,5% depuis le début de l’année), l’or retrouve plus que jamais son rôle de valeur de réserve privilégiée avec une hausse du prix de l’once de 1,5%.
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Chine – Refus d’obstacle ou grand galop : le Cheval de Feu portera-t-il les ambitions quinquennales chinoises ?
Alors que l’année du cheval de feu démarrera le 17 février prochain, que peut-on attendre de l’économie chinoise dans les prochains mois ? En astrologie chinoise, le signe du cheval est associé au dynamisme, à l’envie naturelle d’aller de l’avant, tandis que l’élément feu est celui de l’énergie et de la passion. Après l’année du serpent de bois (réflexion et subtilité), l’année du cheval de feu serait-elle donc synonyme de changements rapides, d’initiatives audacieuses, voire de grands bouleversements.
Royaume-Uni – Rebond de l’inflation fin 2025, accalmie prévue pour 2026
L’inflation mesurée par l’indice des prix à la consommation (CPI) a connu un léger rebond en décembre, atteignant 3,4% sur un an, après 3,2% en novembre. Ce chiffre dépasse légèrement les anticipations du consensus qui tablait sur 3,3%, tout en restant en deçà des projections de la Banque d’Angleterre (BoE) qui anticipait 3,5% (comme nous).
France – Immobilier résidentiel : une reprise en ordre dispersé
Après une correction entamée à la suite de la hausse des taux de crédit à l’habitat à la mi-2022 et une stabilisation des transactions en 2024, le marché de l’immobilier résidentiel reprend progressivement des couleurs en France.
Espagne – Une croissance pas si accidentelle
L’économie espagnole a connu une croissance très rapide sur la période récente : le PIB en volume a augmenté de 10 % entre le T4 2019 et le T3 2025. Peut-on attribuer la surperformance récente de l’économie espagnole à des facteurs conjoncturels tels que l’immigration, le tourisme et les fonds NGEU, ou existe-t-il des forces structurelles plus profondes qui expliquent ce dynamisme ?