1. Un nouveau choc « stagflationniste »
2. Prévisions économiques & financières
L'économie britannique, encore convalescente de la crise énergétique de 2022, doit affronter un nouveau choc d’offre externe lié à la guerre au Moyen-Orient. La conjoncture en amont de ce conflit restait fragile : la croissance du PIB n’a été encore que très modeste au second semestre 2025 ; le taux de chômage a augmenté ; une nouvelle poussée inflationniste a érodé le pouvoir d’achat des ménages sur fond de modération de la croissance des salaires.
La hausse des cours du gaz et du pétrole sur les marchés mondiaux devrait provoquer une hausse des prix à la consommation dès le mois de mars, avec des effets plus significatifs encore à partir du troisième trimestre. Nous anticipons désormais une inflation proche de 3,5% au second semestre, contre des prévisions inférieures à la cible de 2% trois mois auparavant. L'inflation plus élevée pèsera sur le revenu disponible réel et la consommation des ménages. Les perspectives d'investissement se sont également dégradées. La confiance des entreprises se détériorera, pénalisée par l’incertitude sur les perspectives de demande ; les coûts de production vont augmenter et les marges, déjà sous pression, vont s'éroder davantage. Dans ce contexte, la matérialisation du risque d’une boucle prix-salaires nous paraît moins probable que lors des chocs précédents. Nous anticipons seulement une hausse de taux de la part de la Bank of England (BoE) cette année au deuxième trimestre, contre plus de deux hausses anticipées par les marchés, et une reprise de l’assouplissement monétaire au deuxième trimestre 2027.
CitationLa guerre dans le Golfe assombrit les perspectives de consommation des ménages, en particulier pour ceux aux revenus les plus modestes, dont le niveau de vie s'est durablement dégradé ces dernières années. Selon Resolution Foundation, les revenus pour la moitié la plus pauvre des ménages (hors retraités) ont été quasi stables au cours des vingt dernières années (avec une hausse de seulement 0,5% par an contre 4% pour la décennie d’avant 2005). L’énergie et l’alimentation représentent l’essentiel des dépenses de ces ménages, qui disposent d’une faible épargne pour maintenir leur pouvoir d’achat.
Malgré le développement des énergies renouvelables ces dernières années, le gaz naturel demeure crucial pour le Royaume-Uni. Environ 85% des ménages se chauffent au gaz naturel, lequel représente 30% de l’énergie utilisée pour la production d’électricité. Le prix de l’électricité continue d’être largement déterminé par le cours du gaz naturel en raison du système de tarification marginale (où le prix de marché est déterminé par le coût de production de la dernière unité d'électricité nécessaire pour satisfaire la demande à un moment donné).