1. Consultez nos articles sur l’actualité économique et géopolitique publiés cette semaine
Chers lecteurs, chères lectrices,
Notre hebdomadaire "L'actualité de la semaine" évolue vers un nouveau format. Cette nouvelle formule nous permet de vous proposer des articles et des analyses sur l’actualité tout au long de la semaine, sans attendre le vendredi pour vous livrer l'information.
Chaque vendredi, vous recevrez désormais :
- « L’actualité des marchés »
- Un récapitulatif des articles sur l’actualité économique et géopolitique publiés durant la semaine
- Un tableau détaillé des évolutions des marchés financiers sur la semaine
- Et des graphiques sur les grands indicateurs de marché
Nous espérons que vous apprécierez cette nouvelle formule.
Merci de votre fidélité et belle et heureuse année à toutes et à tous !
Toujours plus d’inquiétudes géopolitiques et toujours très peu de perturbations sur les marchés
En ce début d’année, les tensions et les inquiétudes géopolitiques se sont encore intensifiées après l’intervention militaire spectaculaire des États-Unis au Venezuela. Cette opération s’est traduite par l’arrestation et l’extradition du président en exercice, Nicolas Maduro, ainsi que par la mise sous tutelle temporaire (mais pour quelle durée ?) du pays par l’administration Trump. L’objectif officiellement avancé par les autorités américaines est double : d’une part, sécuriser le territoire des États-Unis face aux réseaux de narcotrafic vénézuéliens, et d’autre part, prendre le contrôle des vastes réserves pétrolières du pays, jugées « mal exploitées » par Washington. À cet égard, le président américain a d’ailleurs annoncé que « les États-Unis raffineraient et vendraient jusqu’à 50 millions de barils de pétrole brut vénézuélien » au prix du marché, précisant que les revenus générés seraient gérés par son administration afin que le pétrole « profite à la population vénézuélienne et américaine ». Cette mainmise sur le pétrole vénézuélien s’effectue notamment au détriment de la Chine, principal client, qui importait en 2025 quelque 389 000 barils de brut par jour. Face à ce détournement, la Chine pourrait être contrainte de réorienter ses achats vers d’autres partenaires, notamment la Russie et l’Iran, pour sécuriser ses besoins énergétiques.
Les premiers indicateurs macroéconomiques de l’année ne semblent pas indiquer de changements sensibles en matière d’activité aux États-Unis et en Europe, mais simplement une continuation des tendances dernièrement observées. L’indice ISM manufacturier américain s’est établi à 47,9 points en décembre après 48,2 points le mois précédent. Il signale ainsi une contraction continue du secteur industriel depuis maintenant dix mois. Les nouvelles commandes continuent de se contracter (47,7 points) et le prix des intrants reste élevé (58,5 points) en raison des droits de douane imposés par l’administration Trump. Le Yale Budget Lab a estimé que la politique protectionniste de Donald Trump avait fait bondir les droits de douane moyens sur les produits importés de moins de 3% en janvier 2025 à près de 17% aujourd’hui, contribuant ainsi à la persistance d’une inflation supérieure à l’objectif de 2% de la Réserve fédérale. Ces pressions se traduisent par une dégradation de l’emploi manufacturier pour le onzième mois consécutif (indice à 44,9 points). L’indice ISM des services a néanmoins surpris à la hausse (à 54,4 points au mois de décembre après 52,6 points) soutenu par les nouvelles commandes, principalement en raison des fêtes de fin d’année, un effet sur l’activité toutefois temporaire. L’enquête sur l’emploi de décembre dans le secteur privé non agricole a révélé un ralentissement des créations de postes (+50 000 après +64 000 le mois précédent). Les entreprises se montrent plus prudentes en raison de la hausse des droits de douane et des investissements de productivité liés à l’intelligence artificielle. Le taux de chômage s’est établi à 4,4% en recul par rapport au mois de novembre qui a été révisé à 4,5%.
En zone euro, l’inflation s’est faiblement réduite à 2% sur un an au mois de décembre après 2,1% en novembre, conformément aux anticipations. L’inflation sous-jacente a atteint 2,3% après 2,4%, guidée par la baisse conjointe de l’inflation sur les biens industriels (+0,4% versus +0,5%) et les services (+3,4% versus +3,5%). La baisse de cette dernière composante est une bonne nouvelle pour la BCE qui suivait d’un œil inquiet son augmentation régulière depuis l’été. La ventilation par pays indique une décrue de l’inflation en Allemagne (2% versus 2,6%), en France (0,7% vs 0,8%), et en Espagne (3% vs 3,2%), tandis que l’Italie enregistre une faible hausse (1,2% vs 1,1%). Par ailleurs, l’indice du sentiment économique en zone euro a atteint 96,7 points en décembre après 97,1 points en novembre. Une détérioration portée par la baisse de la confiance des consommateurs (-13,1 points après -12,8 points) et du commerce de détail (-6,9 points après -5,7 points). Les anticipations des consommateurs en matière d'inflation ont néanmoins augmenté pour atteindre 26,7 points en décembre, contre 24,3 points en novembre.
Les derniers chiffres publiés aux États-Unis alimentent l’hypothèse d’une pause prolongée dans la baisse des taux d’intérêt par la Fed. Quant à zone euro, la baisse de l’inflation à sa cible couplée à une croissance, certes sous pression mais décente, valide le scénario d’un statu quo monétaire de la BCE en 2026. Dans ce contexte, les marchés actions mondiaux semblent poursuivre leur trajectoire ascendante en dépit des tensions géopolitiques croissantes. Les grands indices boursiers, S&P, Dow Jones, Euro Stoxx, Nikkei, ont tous franchi de nouveaux records historiques en ce début d’année. Depuis le 1er janvier, l’indice Euro Stoxx 50 enregistre ainsi une performance de +3% et le S&P500 de +1,1%.
Sur les marchés obligataires, les rendements des titres souverains sont restés globalement inchangés en fin et en début d’année. Le taux allemand à dix ans a baissé de 4 points de base, tandis que le taux américain de même maturité n’a reculé que d’un point de base. Les primes de risques française, italienne et espagnole, se sont faiblement réduites face au Bund allemand. La devise européenne face au dollar s’est légèrement dépréciée (-0,6%) en ce début d’année. Enfin, le prix du baril de pétrole en mer du Nord a augmenté de presque 3%. L’effet attendu d’une offre plus abondante de pétrole résultant de l’intervention américaine au Venezuela ne sera pas immédiat et passe donc au second plan, éclipsé par les perturbations attendues à court terme et qui soutiennent le prix du baril.
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Géoéconomie – La géopolitique a-t-elle apprivoisé les marchés ?
Il peut sembler surprenant que l’enlèvement spectaculaire de N. Maduro par les États-Unis, transgression assumée des règles de la Charte des Nations-unies, n’ait guère déclenché d’onde de choc financière. Les marchés ont non seulement facilement absorbé l’événement, mais se sont immédiatement demandé quelle allait être la suite. Il n’y a donc pas eu de fuite massive vers les valeurs refuges, pas de dislocation financière, pas de tension durable sur le pétrole.
Ce décalage entre la gravité géopolitique réelle de l’événement, les émotions mondiales et la modération de la réaction financière ne relève pourtant ni de l’aveuglement pur, ni de l’irrationalité totale. Il devient même un fait stylisé du capitalisme contemporain : la géopolitique n’est plus perçue comme une anomalie, mais comme une condition permanente. Cependant, lorsque le risque devient structurel et endogène, les marchés changent non seulement ce qu’ils pricent, mais aussi la façon dont ils hiérarchisent les événements.
Italie – Rebond du revenu disponible au T3
Dans un contexte de croissance toujours modérée, l’amélioration récente du revenu disponible constitue l’un des principaux signaux de la normalisation en cours pour les ménages italiens. Après deux trimestres de hausse poussive, le revenu disponible réel progresse de 1,8% au troisième trimestre 2025, laissant un acquis de 2,3% sur l’année. Cette reprise intervient dans un environnement où la désinflation, engagée depuis la mi-2023, commence à se traduire plus clairement par du pouvoir d’achat dans les comptes des ménages.
États-Unis – La croissance est restée forte au T3
Le PIB américain a crû de 4,3% en variation trimestrielle annualisée au troisième trimestre, selon l’estimation préliminaire du Bureau of Economic Analysis, publiée le 23 décembre 2025. La croissance a été tirée principalement par la consommation privée et les exportations nettes. L’investissement privé non-résidentiel a continué de croître, tout en décélérant. L’acquis de croissance pour l’année 2025 s’élève à 2,1% ce qui nous conduit à réviser à la hausse nos prévisions de croissance pour 2025 et 2026.