1. Un pas en avant, deux pas en arrière, un pas sur le côté, etc.
2. Consultez nos articles sur l’actualité économique et géopolitique publiés cette semaine
3. Évolution des marchés
4. Tendances à suivre
Un pas en avant, deux pas en arrière, un pas sur le côté, etc.
Alors que la semaine passée s’était achevée sur l’annonce, évidemment supposée bénéfique, de l’ouverture du détroit d'Ormuz par l’Iran, elle a débuté sous les auspices nettement moins favorables de sa re-fermeture par l’Iran dès le lendemain ; un début de semaine agité puisqu’également placé sous le sceau de l’incertitude liée au cessez-le-feu décidé par D. Trump le 8 avril pour deux semaines, et donc supposé expirer mardi soir. Alors que le président américain jugeait la prolongation du cessez-le-feu « hautement improbable », il s’est résolu mardi à étendre la trêve jusqu’à nouvel ordre, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. Les scénarios relatifs à la guerre dans le Golfe sont donc aussi nombreux que variés et continuent de se développer sans qu’aucun ne se distingue par une probabilité plus élevée. Mais le conflit imprime déjà sa marque sur les enquêtes et les chiffres les plus récents via la hausse des prix de l’énergie.
Aux États-Unis, pour rappel, l'inflation s’est établie en mars à 0,9% sur un mois et à 3,3% sur un an. Pour l'inflation sous-jacente (hors alimentation et énergie), les hausses se sont respectivement élevées à 0,2% et 2,6%. Juste publiées, les ventes au détail en valeur (non ajustées de l'inflation mais corrigé des variations saisonnières) ont crû en mars de 4% sur un an, et de 1,7% sur un mois. Ces résultats ont été jugés rassurants, signalant une bonne résistance de la consommation des ménages. Des telles progressions nominales s’expliquent cependant essentiellement par les prix, essentiellement ceux de l'essence. Les ventes dans les stations-service ont, en effet, augmenté en mars de 18,1% sur un an (15,5% sur un mois). Hors stations-service, les ventes au détail progressent de 2,9% sur un an (0,6% sur un mois), soit des hausses moindres que celles enregistrées en février (respectivement, 4,3% et 0,7%). Si ces chiffres n’annoncent pas d’effondrement, ils doivent inviter à la prudence. Et ce d’autant plus que les résultats préliminaires de l’enquête auprès des consommateurs (Survey of Consumers, University of Michigan, enquête cependant menée début avril, avant le cessez-le-feu) révélaient une forte révision à la hausse de l’inflation anticipée pour la fin de l’année, passant de 3,8% à 4,8% et un repli substantiel de la confiance des consommateurs plongeant à un niveau historiquement faible.
Toujours aux États-Unis, Kevin Warsh, nommé en janvier par D. Trump pour succéder à J. Powell, à l’issue de sa présidence mi-mai, à la tête de la Federal Reserve, s’est exprimé devant le Sénat (Senate Committee on Banking, Housing and Urban Affairs) à l’occasion de son audition de confirmation. Redoutant d’être relégué au statut de « marionnette » présidentielle, le prétendant s'est engagé à protéger l'indépendance de la Fed tout en exposant des pistes de réforme de son fonctionnement. Signalant que l’économie pâtissait encore de la flambée inflationniste des années 2021 et 2022, que les données utilisées pour évaluer l’inflation étaient imparfaites, K. Warsh suggère d’utiliser les outils monétaires différemment ; il prône notamment la primauté des taux d'intérêt aux dépens de l'expansion du bilan de la Fed, l'assouplissement quantitatif devant être réservé aux situations d'urgence.
Dans la zone euro, de nouveau pour rappel, alors que les prix de l’énergie affichaient un repli de 3,1% sur un an en février, ils se sont redressés de 7% sur un mois soit de 5,1% sur 12 mois. Quant à l’indice global des prix (HICP), il a progressé de 1,3% sur le seul mois de mars, portant la hausse en glissement annuel de 1,9% en février à 2,6%. Cette accélération de l’inflation, pour l’instant en amont, affecte déjà très clairement les entreprises du secteur privé : le PMI composite (avril, flash) en témoigne. Passé de 50,7 à 48,6, il a franchi le seuil (fixé à 50) pour signaler la plus forte contraction de l’activité depuis novembre 2024 et interrompre une suite d’indices situés dans la zone d’expansion depuis janvier 2025. La baisse est essentiellement motivée par celle des services (indice passé 50,2 à 47,4) alors que le secteur manufacturier (progressant de 51,6 à 52,2) résiste étonnamment bien. Que disent les PMI ? En substance, on y apprend (sans grande surprise) que les pressions inflationnistes (coûts des intrants, coûts de production) se renforcent, les délais de livraison s'allongent, les nouvelles commandes diminuent, la production plus élevée du secteur manufacturier s’explique par la constitution de stocks. En revanche, globalement, la baisse de la production et des nouvelles commandes suscite une réduction de l'emploi à un rythme seulement marginal, inférieur à celui de mars. Bref, les perspectives se dégradent et se dégraderont d’autant plus que la guerre se prolonge.
Du côté des marchés, dont les risques géopolitiques restent évidemment le principal moteur, les Bourses ont souffert, tout particulièrement les indices européens dont la baisse hebdomadaire excède de loin ceux des actions américaines : plus qu’une réaction aux derniers chiffres, il faut (éventuellement dira-t-on avec prudence…) y voir un mûrissement progressif des marchés, réalisant lentement que le conflit pourrait se révéler plus long qu’anticipé. La prolongation américaine du cessez-le-feu alors que les deux belligérants bloquent le détroit d'Ormuz peut, en effet, suggérer aux investisseurs que la fin de la guerre pourrait être lointaine. Or, plus le conflit dure, plus le risque pour les approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz est élevé et plus l'Europe est vulnérable. Cette vulnérabilité s’est également traduite par une dépréciation de l’euro contre dollar au cours de la semaine. Mais à 1,17 dollar, soit une baisse marginale depuis le début de l’année (0,2%), l’euro résiste ; tout comme le Yuan, à l’égard duquel le dollar s’est déprécié de 2,2% sur la même période. Enfin, alors que le prix du pétrole a encore progressé de 16,4% cette semaine (soit près de 73% depuis le début de l’année), les taux d’intérêt se sont redressés et la courbe (swap zone euro, écart 2/10 ans) a poursuivi son aplatissement. Bien que l’idée d’un conflit plus long, accompagné d’un risque d’inflation plus élevée et plus durable puis de croissance ralentie, puisse expliquer ce mouvement récent, les taux d’intérêt semblent encore se « chercher » : les réunions des grandes banques centrales (Fed, BCE) la semaine prochaine pourraient les aider à se trouver.
Consultez nos articles sur l’actualité économique et géopolitique publiés cette semaine
Les élections fédérales anticipées de 2025 ont été marquées par la percée de l’AfD (Alternative für Deutschland), qui en recueillant 21% des suffrages est devenu la deuxième force politique au parlement.
Les premiers scrutins régionaux de 2026 confirment cette dynamique, avec une progression de l’AfD (18,8% en Bade-Wurtemberg ; 19,5% en Rhénanie-Palatinat).
La deuxième moitié de l’année 2026, avec trois autres élections régionales en Saxe-Anhalt, en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale et à Berlin devrait renforcer cette dynamique.
Chine – Ormuz, accélérateur des velléités d’autonomie chinoises
La Chine a publié ses chiffres de croissance du premier trimestre et envoyé un message clair au reste du monde : à ce jour, la crise iranienne n’a pas eu d’impact sur l’activité. Au premier trimestre, la croissance a atteint 5% en rythme annuel, soit une accélération par rapport aux 4,5% du dernier trimestre 2025. Ces chiffres ont surpris le consensus, qui s’attendait à rester sous la barre des 5%, et permettent à la Chine de prendre de l’avance pour remplir son objectif de croissance 2026 ("entre 4,5 et 5%"). Le FMI, qui publiait son World Economic Outlook à l’occasion des Assemblées Annuelles de printemps, a quant à lui abaissé sa prévision, de 4,6% à 4,4%, en raison du climat d’incertitude entourant la conjoncture mondiale, et surtout de la hausse des prix de l’énergie.
Grèce – Croissance solide, vulnérabilités externes | Etudes économiques
L’économie grecque conserve une dynamique de croissance solide, portée par l’investissement et une demande interne encore robuste. Le marché du travail continue de s’améliorer, avec une progression de l’emploi et une baisse du chômage, dans un contexte de hausse contenue des coûts salariaux. La politique budgétaire combine excédents élevés et orientation expansionniste, soutenue par des recettes fiscales dynamiques et les fonds européens. Le secteur extérieur montre des signes d’amélioration, notamment grâce au tourisme, bien que des fragilités persistent dans les échanges de biens et le transport maritime. Dans l’ensemble, l’économie repose sur des fondamentaux renforcés, mais reste exposée à des déséquilibres structurels et à un environnement international incertain.