La Réserve fédérale américaine a conservé ses taux d’intérêt directeurs inchangés lors de sa réunion de politique monétaire cette semaine, marquant ainsi une pause après trois séances consécutives de baisses des taux.
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Lundi, c'est l'hebdo de L'ÉCO
Chaque semaine les experts de la direction des Études Économiques du Crédit Agricole vous proposent un résumé en 5 minutes des derniers faits marquants de l'économie.
Cette décision s’est fondée sur le constat d’une activité économique solide et caractérisée par de moindres risques sur le volet de l’emploi, notamment au regard de ceux qui entourent l’inflation. Le président de la Fed, Jerome Powell, a souligné que la politique monétaire actuelle était appropriée pour atteindre les objectifs confiés à l’institution. Une large majorité de dix gouverneurs sur douze s’est prononcée en faveur de cette pause. Le comité n’a donné aucune indication quant à la date d’une éventuelle reprise de l’assouplissement monétaire, suggérant une pause prolongée, assez largement anticipée par les marchés financiers.
L’indice de confiance des consommateurs américains a chuté à 84,5 points au mois de janvier, son plus bas niveau depuis onze ans. Les enquêtes soulignent en particulier la détérioration du marché du travail perçue par les consommateurs. Les enquêtes font également ressortir le renchérissement des biens importés comme étant un facteur pesant sur le pouvoir d’achat et la confiance. Du côté de l’emploi, le nombre de nouvelles inscriptions hebdomadaires au chômage a légèrement diminué pour s’établir à 209 000 personnes. Enfin, le déficit commercial américain (cumulé sur douze mois en novembre) a atteint 936 milliards de dollars, soit un creusement de près de 66 milliards de dollars sur un an=.
En Asie, la situation entre la Corée du Sud et les États-Unis s’est tendue après les menaces du président Trump de faire passer les droits de douane "réciproques" de 15% à 25%, en raison de la lenteur de la mise en œuvre des accords conclus en juillet dernier.
En zone euro, l’indicateur du sentiment économique s’est redressé à 99,4 points au mois de janvier, après 97,2 points en décembre, un regain de confiance signalé dans tous les grands pays de la zone. La confiance dans l’industrie a notamment enregistré une augmentation marquée grâce à une embellie des perspectives de production, des carnets de commandes et des stocks de produits finis. Dans le secteur des services, la confiance s’est également améliorée, grâce à la bonne tenue de la demande. De plus, la confiance des ménages s’est redressée sur toutes ses composantes et l’activité dans le commerce de détail s’est renforcée. Ces enquêtes soulignent ainsi un léger regain d’optimisme sur l’activité en ce début d’année.
L’Union européenne a conclu un accord commercial historique avec l’Inde, réduisant considérablement les droits de douane sur plus de 95% des marchandises échangées en valeur. Cet accord devrait permettre de doubler les exportations de l’UE à destination de l’Inde d’ici 2032. De son côté, l’Union européenne réduira ses droits de douane sur 99% des marchandises importées d’Inde sur une période de sept ans, avec des droits ramenés à zéro sur de nombreux produits Les produits agricoles comme le soja, le bœuf, le sucre, le riz et les produits laitiers sont toutefois exclus de l’accord. Des droits de douane réduits sur les boissons, vins et spiritueux seront également mis en place. Enfin, l’accord ne prévoit pas d’allégement de la taxe carbone dans le cadre du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières. À court terme, l’accord devrait principalement bénéficier aux constructeurs automobiles européens, New Delhi réduisant, en effet, ses droits de douane sur les voitures à 10% sur cinq ans, contre des taux pouvant atteindre 110% actuellement.
Dans un contexte géopolitique très tendu, dont l’épicentre s’est déplacé du Groenland vers le golfe Persique, le prix du baril de pétrole en mer du Nord a bondi de 6,2% sur la semaine. L’arrivée de navires américains au Moyen-Orient, dont les objectifs et les cibles restent flous, a provoqué des inquiétudes croissantes sur le risque de confrontation entre les deux pays avec en filigrane le risque d’une fermeture du détroit d’Ormuz, passage-clé du transport mondial de pétrole.
Les marchés mondiaux ont réduit leur appétit pour le risque. Les marchés actions en ont fait les frais : l’Euro Stoxx 50 a ainsi reculé de 0,5% et le S&P500 de 0,6%. Sur les marchés obligataires, le rendement du souverain allemand à dix ans a baissé de 6 points de base (à 2,85%) tandis que le rendement américain de même maturité (4,26%) a augmenté de 3 points de base. Le dollar continue de faire preuve de faiblesse, perdant 1,5% depuis le début de l’année face à l’euro ; l’or retrouve plus que jamais son rôle de valeur de réserve privilégiée avec une hausse du prix de l’once de 1,5% sur la semaine.