"Lundi, c'est l'Hebdo de L'ÉCO" : chaque semaine les experts de la direction des Études Économiques du Crédit Agricole vous proposent un résumé en 4 minutes des derniers faits marquants de l'économie.
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Podcast – Les faits marquants de la semaine ‒ 27 avril 2026
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Bonjour, nous nous retrouvons pour notre rendez-vous, Lundi c'est l'hebdo de l'ÉCO. Voici en 5 minutes les derniers faits marquants de l'économie, analysés par les économistes du Crédit Agricole.
La semaine passée a débuté sous des auspices peu favorables, avec la fermeture par l’Iran du détroit d’Ormuz, dès le lendemain de sa réouverture, puis les incertitudes liées au cessez-le-feu que D. Trump s’est finalement résolu à étendre, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. Les scénarios relatifs à la guerre dans le Golfe sont donc multiples et continuent de se développer sans qu’aucun ne se distingue par une probabilité plus élevée. Mais le conflit imprime déjà sa marque sur les enquêtes et les chiffres les plus récents via la hausse des prix de l’énergie.
Aux États-Unis, pour rappel, l'inflation s’est établie en mars à 3,3% sur un an et l’inflation sous-jacente à 2,6%. Les ventes au détail, en valeur, ont crû de 4% sur un an. Ce résultat a été jugé rassurant, indiquant une bonne résistance de la consommation des ménages. Toutefois, hors stations-services, et donc hors effet de la forte hausse des prix de l’essence, la progression des ventes au détail n’est que de 2,9% sur un an. Sans annoncer un effondrement, ces chiffres doivent inviter à la prudence : l’enquête de l’Université du Michigan auprès des consommateurs révèle en effet une forte révision à la hausse de l’inflation anticipée pour la fin de l’année et un repli substantiel de la confiance des consommateurs, qui plonge à un niveau historiquement faible.
Toujours aux États-Unis, Kevin Warsh, nommé en janvier par Donald Trump pour succéder à Jerome Powell mi-mai à la tête de la Fed, s’est exprimé devant le Sénat. Il s'est engagé à protéger l'indépendance de la Fed tout en exposant des pistes de réforme de son fonctionnement. Signalant que l’économie pâtissait encore de la flambée inflationniste des années 2021 et 2022 et que les données utilisées pour évaluer l’inflation étaient imparfaites, Kevin Warsh suggère d’utiliser les outils monétaires différemment ; il prône notamment la primauté des taux d'intérêt aux dépens de l'expansion du bilan de la Fed.
Dans la zone euro, alors que les prix de l’énergie affichaient un repli de 3,1% sur un an en février, ils se sont redressés de 7% sur un mois en mars soit une hausse de 5,1% sur 12 mois. Quant à l’indice global des prix, il est passé de 1,9% en février à 2,6% en mars. Cette accélération des prix, affecte déjà très clairement les entreprises du secteur privé : l’indice PMI composite flash d’avril en témoigne : à 48,6, il passe pour la première fois depuis janvier 2025 en zone de contraction de l’activité, au niveau le plus faible depuis novembre 2024. Cette baisse est essentiellement liée à celle des services alors que le secteur manufacturier résiste, mais en partie parce qu’il constitue des stocks. L’enquête PMI indique par ailleurs que les pressions inflationnistes amont se renforcent, que les délais de livraison s'allongent et que les nouvelles commandes diminuent. En revanche, l'emploi se réduit à un rythme seulement marginal, inférieur à celui de mars. Au total, les perspectives se dégradent et se dégraderont d’autant plus que la guerre se prolonge.
Du côté des marchés, dont les risques géopolitiques restent évidemment le principal moteur, les Bourses ont souffert, tout particulièrement les indices européens, réalisant lentement que le conflit pourrait se révéler plus long qu’anticipé. La prolongation américaine du cessez-le-feu, alors que les deux belligérants bloquent le détroit d'Ormuz, peut, en effet, suggérer que la fin de la guerre pourrait être lointaine. Or, plus le conflit dure, plus le risque pour les approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz est élevé et plus l'Europe est vulnérable. Cette vulnérabilité s’est également traduite par une dépréciation de l’euro contre dollar au cours de la semaine passée. Mais, à 1,17 dollar, soit une baisse de seulement 0,2% depuis le début de l’année, l’euro résiste. Enfin, alors que le prix du pétrole a encore progressé de 16,4% cette semaine (soit de 73% depuis le début de l’année), les taux d’intérêt se sont redressés et la courbe a poursuivi son aplatissement. Bien que l’idée d’un conflit plus long, accompagné d’un risque d’inflation plus élevée et plus durable, puis de croissance ralentie, puisse expliquer ce mouvement récent, les taux d’intérêt semblent encore se « chercher » : les réunions des grandes banques centrales (Fed, BCE) cette semaine pourraient les aider à se trouver.
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Cet audio a été retranscrit grâce à notre équipe éditoriale et à l'outil d'intelligence artificielle DayaDaya.
Bonne semaine à tous et à lundi prochain !