1. Italie – Prise en tenaille dans un contexte géopolitique volatil
2. Prévisions économiques & financières
L'économie italienne a terminé l'année 2025 sur une note positive avec une croissance annuelle revue à la hausse en fin d'année à +0,7% et un acquis de +0,3% laissé à 2026. Une configuration qui aurait pu laisser espérer une consolidation de l'activité après un cycle de baisse de croissance plombé par les séquelles encore présentes de la crise énergétique passée.
La dégradation du contexte international en début d'année change cette donne. Avec la hausse du coût de l'énergie induite par le blocage du détroit d'Ormuz, le pays se voit de nouveau fragilisé par sa forte dépendance au gaz et exposé à la hausse des prix. L'effet prolongé du conflit sur les cours de l'énergie devrait se traduire par un impact négatif de -0,6 point de pourcentage sur la croissance de 2026, faisant baisser le rythme annuel à 0,3% pour la même année. L'inflation atteindrait un pic à 3,2% en 2026, rompant avec la dynamique désinflationniste des années précédentes. Les dynamiques de la demande interne devraient en être affectées. Si la consommation s'est reprise légèrement en fin d'année à la faveur d'une amélioration du revenu disponible réel, cette reprise pourrait être tempérée par la hausse de l'inflation, avec un renforcement probable des comportements de précaution des ménages. L'investissement, qui reste tiré par des effets d'acquis importants, ralentirait significativement, avec un rythme de croissance moyen négatif en 2026.
Une reprise graduelle devrait néanmoins se matérialiser à partir du T2 2027 à mesure que les effets de la crise géopolitique s'estompent. La croissance devrait légèrement se consolider sur l'année 2027, mais des niveaux d'inflation encore élevés et la faiblesse des moteurs domestiques continueraient à peser, d'autant que le pays reste toujours perturbé par la forte volatilité du commerce extérieur, où l'absorption des conséquences de la politique commerciale américaine est encore en cours.
CitationSur la base de nos hypothèses, la croissance de 2026 serait fortement affectée par le choc énergétique, avec un impact estimé à -0,6 point par rapport à un scénario sans blocage du détroit d’Ormuz. Dans un contexte de croissance initialement plus dynamique mais reposant sur une demande domestique fragile, la hausse des prix de l’énergie et son impact sur l’inflation accentueraient le ralentissement. La croissance serait ainsi ramenée à un rythme très modéré en 2026, proche de 0,3%, avec un profil infra-annuel marqué par un repli au T2 et au T3, malgré un acquis de croissance positif en début d’année.