La deuxième semaine de la guerre contre l'Iran se termine, sans signes réels de désescalade. Les marchés financiers sont restés nerveux, réagissant principalement aux incertitudes entourant le blocage effectif du détroit d'Ormuz et ses conséquences pour les prix de l'énergie. Le cours du pétrole brut Brent a atteint presque 120 dollars le baril lundi dernier, entraînant une flambée des prix des carburants à la pompe dans le monde entier. Le président américain Donald Trump a cherché à contrer cette évolution en déclarant qu'il était en avance sur les objectifs de guerre et en promettant une fin prochaine du conflit, mais ses propos n'ont apporté qu'une accalmie temporaire sur les cours. Du côté de l'Iran, le nouveau Guide Suprême Mojtaba Khamenei a averti que le détroit d'Ormuz resterait fermé et a menacé l'ouverture de nouveaux fronts si le conflit se prolongeait.
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Podcast – Les faits marquants de la semaine ‒ 16 mars 2026
Chaque semaine les experts de la direction des Études Économiques du Crédit Agricole vous proposent un résumé en quelques minutes des derniers faits marquants de l'économie.
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Bonjour, nous nous retrouvons pour notre rendez-vous, Lundi c'est l'Hebdo de l'Eco.
Voici en 5 minutes les derniers faits marquants de l'économie, analysés par les économistes du Crédit Agricole dans notre hebdomadaire publié vendredi
La deuxième semaine de la guerre contre l'Iran se termine, sans signes réels de désescalade. Les marchés financiers sont restés nerveux, réagissant principalement aux incertitudes entourant le blocage effectif du détroit d'Ormuz et ses conséquences pour les prix de l'énergie. Le cours du pétrole brut Brent a atteint presque 120 dollars le baril lundi dernier, entraînant une flambée des prix des carburants à la pompe dans le monde entier. Le président américain Donald Trump a cherché à contrer cette évolution en déclarant qu'il était en avance sur les objectifs de guerre et en promettant une fin prochaine du conflit, mais ses propos n'ont apporté qu'une accalmie temporaire sur les cours. Du côté de l'Iran, le nouveau Guide Suprême Mojtaba Khamenei a averti que le détroit d'Ormuz resterait fermé et a menacé l'ouverture de nouveaux fronts si le conflit se prolongeait. L'Iran a frappé plus d'une dizaine de navires depuis le début du conflit et aurait débuté le minage du détroit.
Pour enrayer la flambée des prix, les 32 pays de l'Agence internationale de l'énergie ont annoncé mercredi un déblocage record de réserves stratégiques : 400 millions de barils, dont 172 millions proviennent de la réserve stratégique pétrolière américaine. L'objectif est de compenser la perte d'approvisionnement due à la fermeture du détroit d'Ormuz, estimée entre 11 et 16 millions de barils de pétrole par jour. Cependant, la mobilisation des réserves stratégiques ne couvrirait que 25 à 35 jours de perte de production et ne représente donc qu'une solution temporaire. Vendredi dernier, le baril a dépassé 100 dollars, s'inscrivant en hausse de 40% depuis le début du conflit.
Dans ce contexte de forte incertitude géopolitique, l'aversion au risque reste de mise. Les indices actions mondiaux se sont globalement inscrits en baisse la semaine passée, bien que plus modeste que les corrections enregistrées la semaine précédente. L'indice Euro Stoxx 50 parvient même à se stabiliser, tandis que l'indice S&P 500 baisse de 1,0%. En zone euro, les primes de risques se sont encore écartées de quelques points de base.
Du côté des données économiques, les indices des prix à la consommation américains publiés le 11 mars sont ressortis en ligne avec les anticipations. L'indice CPI a progressé de 0,3% en février et sa variation sur un an ressort à 2,4%. Sa composante sous-jacente a augmenté de 0,2% et de 2,5% sur un an, se maintenant à un plus bas depuis mars 2021. Les prix des biens core ne progressent que de 1% sur un an. Du côté des services, l'inflation hors énergie diminue légèrement à 2,9% sur un an.
Le déficit commercial américain en biens et services a reculé plus fortement que prévu en janvier, se réduisant à 54,5 milliards de dollars (après 72,9 milliards en décembre) en raison d'une hausse importante des exportations et d'un tassement des importations.
Cette semaine, l'attention des investisseurs va se tourner vers les réunions des banques centrales où la crainte d'une poussée inflationniste va encourager à la prudence. Pour la Réserve fédérale, les anticipations d'assouplissement ont été réduites cette semaine. Les marchés considèrent comme pratiquement acquis le maintien des taux des Fed funds dans la fourchette actuelle de 3,5% à 3,75%. Ils n'anticipent désormais qu'environ 25 points de base de baisse d'ici la fin de l'année. La BCE devrait également maintenir ses taux inchangés et prendra acte du fait que la forte hausse des prix de l'énergie a ajouté un degré d'incertitude à ses perspectives. La Banque d'Angleterre ne devrait pas modifier son taux directeur dans un revirement radical des anticipations.
Dans ce contexte d'anticipations des taux directeurs revues à la hausse et de craintes d'inflation, les rendements des taux souverains augmentent. Les courbes des taux s'aplatissent, les effets sur la partie courte étant plus forts que sur la partie longue. Le rendement des bons de Trésor américain à 2 ans a bondi de près de 18 points de base la semaine dernière pour passer à 3,74%, tandis que le rendement à 10 ans a augmenté de 14 points de base pour atteindre 4,27%. Le Royaume-Uni, où l’inflation reste élevée, enregistre parmi les plus fortes hausses de rendements souverains des économies développées, avec plus 59 points de base pour le taux à 2 ans et plus 55 points de base pour le taux à 10 ans.
Vous pouvez consulter notre hebdomadaire sur notre site internet, le lien est en commentaire.
Cet audio a été retranscrit grâce à notre équipe éditoriale et à l'outil d'intelligence artificielle DayaDaya.
Bonne semaine à tous et à lundi prochain !