"Lundi, c'est l'Hebdo de L'ÉCO" : chaque semaine les experts de la direction des Études Économiques du Crédit Agricole vous proposent un résumé en 5 minutes des derniers faits marquants de l'économie.
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Podcast – Les faits marquants de la semaine ‒ 23 mars 2026
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Bonjour, nous nous retrouvons pour notre rendez-vous, Lundi c'est l'Hebdo de l'ECO.
Voici en 5 minutes les derniers faits marquants de l'économie, analysés par les économistes du Crédit Agricole.
La guerre dans le golfe persique et les dégâts économiques anticipés ont pris une dimension supplémentaire avec la semaine dernière l'attaque des champs gaziers de Ras Laffan au Qatar. Couplés au blocage des flux par le détroit d'Ormuz, les dommages causés sur les terminaux de liquéfaction, affectant 17% de la capacité d'exportation de GNL du Qatar, et les réparations qui pourraient nécessiter 3 à 5 ans, ont alimenté la crainte d'un choc énergétique majeur. Rien ne signale la fin de l'escalade menée par des belligérants toujours aussi, voire plus, déterminés. Dans ce contexte très incertain, porteur d'un risque d'inflation forte et de croissance moindre, les réunions des banques centrales ont revêtu une importance particulière.
La Fed a maintenu ses taux d'intérêt inchangés, avec une fourchette cible à 3,50-3,75%. Un seul membre, le gouverneur Stephen Miran, s'est distingué en votant en faveur d'une baisse de 25 points de base. La guerre, dont les prix de l’essence portent pourtant déjà la trace, ne semble pas encore préoccuper sensiblement la Fed. En effet, les nouvelles projections économiques prolongent les risques et tendances qui se dessinaient déjà : une inflation PCE un peu plus soutenue à 2,7% en 2026 puis 2,2% en 2027, accompagnée d'une croissance plus robuste à 2,4% en 2026 et 2,3% en 2027, et d'un taux de chômage quasiment stable à 4,4%. Le niveau médian prévu du taux des fed funds s'établit en 2026 à 3,375% et à partir de 2027 à 3,125%, ce dernier devenant le taux de référence à long terme. Ces prévisions signalent qu'il n'y a pas d'urgence à reprendre les baisses de taux et que l'assouplissement ne sera ni immédiat ni massif.
La BCE, en revanche, évoque un choc majeur. Sans modifier ses taux directeurs, elle constate que la guerre au Moyen-Orient rend les perspectives nettement plus incertaines, créant des risques à la hausse pour l'inflation et des risques à la baisse pour la croissance économique. Elle a substantiellement révisé ses prévisions et s'est lancée dans un exercice de scénarios selon les cours du pétrole et du gaz.
Dans le scénario central, les prix du pétrole se situent en moyenne à 80 dollars par baril en 2026 et 72 dollars par baril en 2027. L'inflation passe par un pic de 3,1% au deuxième trimestre pour se situer en moyenne à 2,6% en 2026, puis se tasse à 2% en 2027 et 2,1% en 2028. La croissance est revue à la baisse en 2026 à 0,9% contre 1,2% précédemment, mais devrait reprendre dès 2027 à 1,3% et 1,4% en 2028. Le scénario sévère suppose que le prix du baril culmine à 145 dollars au deuxième trimestre 2026 et reste très élevé. L'inflation moyenne atteint 4,4% en 2026 et 4,8% en 2027, alors que la croissance se replie de 0,4% à 0,9%. De tels scénarios ont nourri les anticipations de resserrements monétaires : le marché attend trois hausses de 25 points de base chacune avant la fin de l'année.
La Banque Nationale Suisse quant à elle paraît sereine, confrontée à un souci que bien des institutions monétaires aimeraient avoir à gérer en période d'incertitude : il va certainement lui falloir intervenir sur le marché des changes pour freiner la vigueur du franc suisse. Ne redoutant qu'un rebond transitoire dû aux prix de l'énergie, la BNS ne semble pas s'inquiéter de l'inflation, qui resterait inférieure à 1% et conforme à son objectif à moyen terme. Elle a maintenu son taux directeur inchangé.
Au cours de la semaine passée, le cours du pétrole Brent a progressé de 7%, restant encore un peu éloigné du pic de 2022. Les craintes de resserrements monétaires en zone euro et les espoirs déçus d'assouplissement aux États-Unis se sont traduits par une remontée des taux d'intérêt, concentrée sur les maturités courtes, entraînant un aplatissement sensible de la courbe des taux. Les spreads souverains se sont écartés, tandis que les marchés actions ont poursuivi leur baisse. L'euro s'est légèrement repris contre le dollar, avec une dépréciation totale contenue, à moins de 2%, sur un mois.
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Cet audio a été retranscrit grâce à notre équipe éditoriale et à l'outil d'intelligence artificielle DayaDaya.
Bonne semaine à tous et à lundi prochain !