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  3. Monde – L'actualité de la semaine – 6 novembre 2026
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Monde – L'actualité de la semaine
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Monde – L'actualité de la semaine – 6 novembre 2026

06 Novembre 2026
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Philippe VILAS-BOAS
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Philippe
 
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VILAS-BOAS
Economiste
Sommaire

1. Mi-mandat, mi-sanction, mais inquiétude croissante sur le cycle d’investissement dans l’IA

2. Consultez nos articles sur l’actualité économique et géopolitique publiés cette semaine

3. Évolution des marchés

4. Tendances à suivre
 

Mi-mandat, mi-sanction, mais inquiétude croissante sur le cycle d’investissement dans l’IA

Body

Les élections américaines de mi-mandat, renouvelant l’intégralité de la Chambre des représentants et un tiers du Sénat, ont abouti à une confortable majorité démocrate au Congrès. 

Corps

Les démocrates remporteraient ainsi près de 253 sièges à la Chambre des représentants, pour une majorité fixée à 218 sièges, et 54 sièges au Sénat, où 51 sièges sont nécessaires pour disposer de la majorité. Le dépouillement des votes par correspondance, encore inachevé dans certains États, ne devrait pas remettre en cause cette « vague bleue », synonyme d’un revers cinglant pour le président Donald Trump. Ce basculement du Congrès vers une majorité démocrate s’explique vraisemblablement par la déception suscitée par certaines promesses électorales, en particulier celle relative au pouvoir d’achat et celle concernant la fin des interventions militaires à l’étranger. Si le président américain a reconnu ces résultats, il a néanmoins rappelé qu’il disposait d’un droit de veto, signalant ainsi que ce changement de majorité ne serait pas de nature à bouleverser radicalement l’orientation de sa politique. Dans la pratique, ce nouvel équilibre pourrait néanmoins se traduire par la multiplication de commissions d’enquête et par une confrontation institutionnelle accrue entre le Congrès et l’exécutif1.

Sur le front de la guerre en Iran, un accord semble toujours assez éloigné, en dépit de la poursuite des efforts diplomatiques. Les frappes « défensives » menées par les États-Unis sur l’île iranienne de Qeshm le week-end dernier, ainsi que le ciblage, en représailles, de drones américains par les Gardiens de la révolution, témoignent des difficultés à instaurer une trêve durable dans le détroit d’Ormuz. 

Par ailleurs, plusieurs frappes attribuées à la Russie contre des navires au large des côtes roumaines et bulgares ont récemment fait du conflit maritime entre la Russie et l’Ukraine un enjeu majeur pour l’OTAN. La protection du flanc est de l’Europe, notamment aux abords de la mer Noire, reste vulnérable, d’autant que les États-Unis ont retiré près de 1 000 soldats de Roumanie l’an dernier. Cette vulnérabilité est d’autant plus préoccupante que la mer Noire joue un rôle croissant dans la sécurité énergétique européenne. Le projet gazier offshore Neptun Deep, au large de la Roumanie, devrait notamment permettre au pays de devenir l’un des principaux producteurs de gaz de l’Union européenne, renforçant ainsi l’importance stratégique de la zone pour l’approvisionnement énergétique du continent.

Sur les marchés financiers mondiaux, l’attention s’est focalisée sur les interrogations sur la rentabilité et la pérennité des investissements liés à l’intelligence artificielle. Depuis le mois d’octobre, les investisseurs semblent se détourner des actions liées à l’IA au profit des obligations, davantage perçues comme valeurs refuges. L’indice Nasdaq 100, qui regroupe une forte proportion de valeurs technologiques, a ainsi perdu près de 2 500 milliards de dollars de capitalisation boursière le mois dernier. En parallèle, les entreprises technologiques américaines se sont massivement tournées vers le marché obligataire européen pour financer leurs investissements. Cet afflux d’émissions de dette de haute qualité s’effectue au détriment des autres entreprises et des États, contraints d’offrir des rendements plus élevés pour attirer les investisseurs. Une situation que certains acteurs qualifient de « cannibalisation » et qui pourrait contribuer à la hausse des coûts de financement en Europe. Cette inquiétude fait écho aux déclarations de la semaine dernière de la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, selon lesquelles les émissions de dette des géants du cloud auraient contribué à la hausse des rendements obligataires souverains. À ces éléments, s’ajoutent les résultats des élections américaines de mi-mandat, qui font craindre un durcissement de la régulation entourant le développement des infrastructures liées à l’IA sous l’impulsion des démocrates. Un affaiblissement du cycle d’investissement dans les technologies liées à l’IA pourrait avoir des répercussions négatives à l’échelle mondiale. Un éventuel choc financier serait aujourd’hui plus difficile à « absorber » en raison d’un environnement géopolitique dégradé, de la résurgence des tensions inflationnistes, du niveau élevé des taux d’intérêt et des marges de manœuvre budgétaires limitées des gouvernements, compte tenu de niveaux d’endettement déjà importants. 

Du point de vue des données macroéconomiques, le déficit commercial américain s’est de nouveau légèrement réduit en septembre, avec un déficit cumulé sur un an atteignant 839 milliards de dollars contre 1 007 milliards de dollars un an plus tôt. Cette relative amélioration s’explique par la progression des exportations malgré une demande intérieure toujours soutenue qui a porté les importations à un niveau record. Le déficit commercial américain demeure néanmoins élevé, malgré les importants droits de douane imposés par l’administration Trump, qui ne semblent donc pas, à ce stade, avoir permis un rééquilibrage significatif des échanges extérieurs. 

En zone euro, l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) a augmenté de 4% sur un an en octobre contre 3,8% le mois précédent, soit son niveau le plus élevé depuis trois ans. Cette remontée de l’inflation s’explique principalement par l’accélération des prix de l’énergie et, dans une moindre mesure, de l’alimentation. Les prix de l’énergie ont ainsi progressé de 20,8% sur un an, après 18,9% en septembre et ceux des produits alimentaires de 1,6%, après 1,3%. L’inflation sous-jacente est néanmoins restée stable à 2,5%. Ces données renforcent la perspective d’une nouvelle hausse des taux directeurs de la Banque centrale européenne en décembre. Les marchés financiers anticipent ainsi une hausse de 25 points de base (pb) lors de la réunion de décembre, avec une probabilité de 88%. 

Outre-Manche, la Banque d’Angleterre a relevé son taux directeur à 4% contre 3,75% précédemment, une première depuis août 2023. Elle a également averti qu’elle se tenait prête à procéder à un nouveau relèvement si le conflit entre les États-Unis et l’Iran continuait d’alimenter les pressions inflationnistes. Ses nouvelles projections font désormais ressortir un pic d’inflation proche de 4,8% au deuxième trimestre 2027 et un retour à la cible de 2% qui n’interviendrait pas avant le troisième trimestre 2028. De son côté, la banque centrale suédoise a relevé à l’unanimité son taux d’intérêt de 25 points de base à 2%, tout en laissant la porte ouverte à de nouveaux resserrements monétaires si nécessaire. Enfin, la Banque populaire de Chine a annoncé qu’elle relèverait de 2 points de pourcentage, à 6%, le taux de réserves obligatoires sur les dépôts en devises à compter du 15 novembre, une décision visant à freiner l’appréciation du yuan. 

Dans ce contexte, les marchés actions mondiaux se sont montrés particulièrement nerveux à la suite des résultats des élections de mi-mandat américaines et des craintes sur les investissements technologiques. Le Nasdaq 100, en particulier, a enregistré une correction de plus de 6% sur la semaine, tandis que le S&P 500 a chuté de 3%, et le Nikkei 225 de 9%. Les bourses européennes en revanche sont en progression. Sur les marchés obligataires, le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans a poursuivi sa baisse, reculant de 8 pb sur la semaine et de 43 pb sur le mois, et s’éloignant progressivement du seuil de 5%, considéré par les investisseurs comme susceptible d’accentuer l’instabilité financière. Cette détente des rendements obligataires est également observée sur les titres souverains allemands et plus encore français, italiens et espagnols. Néanmoins, le rendement de l’OAT française à 10 ans est le seul à demeurer supérieur à son niveau d’il y a un mois. Sur le marché des changes, l’euro s’est apprécié de 0,2% face au dollar sur la semaine. Enfin, le prix du baril de pétrole en mer du Nord a chuté de 17%, repassant sous la barre des 100 dollars ; de même, le prix du gaz européen a baissé de 16%. Les marchés semblent anticiper une possible désescalade du conflit entre les États-Unis et l’Iran à la suite de la large victoire démocrate. Les déclarations du vice-président JD Vance, qui a notamment attribué la défaite du camp républicain aux élections de mi-mandat à la guerre en Iran, ont pu contribuer à ce mouvement de baisse des prix de l’énergie. 

  1. Voir la publication « États-Unis – Élections de mi-mandat et implications possibles », Slavena Nazarova, octobre 2026

Consultez nos articles sur l’actualité économique et géopolitique publiés cette semaine

Corps

Royaume-Uni – Un budget 2026 sous contrainte, entre soutien à la croissance et rigueur budgétaire

Le 28 octobre, le nouveau chancelier britannique, John Healey, a présenté son premier budget depuis sa prise de fonctions. Dans un contexte de taux d’intérêt élevés, le chancelier devait avant tout convaincre les investisseurs obligataires que les finances publiques resteraient sous contrôle. À en juger par la stabilité de la livre sterling et des rendements des gilts après l’annonce du budget, ce serait mission accomplie.

Espagne – Scénario 2026-2027 : une dynamique persistante

L’économie espagnole devrait conserver une croissance soutenue en 2026, portée par la demande intérieure, la bonne tenue du marché du travail et le dynamisme des exportations de services. Toutefois, le regain d’inflation lié aux tensions énergétiques pourrait progressivement peser sur le pouvoir d’achat et modérer la consommation, tandis que les déséquilibres du marché immobilier continueraient de limiter l’accès au logement. À plus long terme, la montée en puissance des services non touristiques constitue un facteur de diversification et un levier potentiel de gains de productivité, sans encore compenser pleinement la faiblesse relative des exportations de biens. Sur le plan budgétaire, le déficit devrait poursuivre sa réduction graduelle, soutenue par la croissance nominale de l’activité, mais les dépenses supplémentaires et les mesures de soutien énergétique compliquent la consolidation des finances publiques.

Zone euro – Conjoncture – Flash PIB : la croissance s’affaiblit au cœur

Avec une croissance du PIB limitée à 0,2%, hors Irlande, au T3 2026, le trou d’air que l’on avait inscrit dans notre dernière prévision s’est matérialisé au cœur de la zone euro et il y est plus marqué. La consommation des ménages serait en décélération avec une contribution de plus en plus faible de la masse salariale, du revenu mixte brut et des prestations et transferts sociaux. L’investissement demeure peu dynamique, bien que porté par des moteurs structurels que sont les dépenses dans les transitions écologique et numérique. Si la dynamique du crédit demeure soutenue et compense en partie l’effet négatif du renchérissement des conditions de financement, un durcissement des conditions d’octroi de crédit est anticipé d’ici la fin de l’année.

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